6: Porté disparu

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Voilà quatre jours que Van et Anna avaient plongé dans le Rhin pour échapper aux gardes de la ville de Constance. Cependant, à la forteresse des Krutz, personne ne savait où ils étaient passés ni ce qu'il leur était arrivé. Sans nouvelles d'eux, Siegfried et Aélis étaient eux même partis à Constance mener l'enquête, de peur qu'ils aient été arrêtés par l'inquisition et que la forteresse puisse être mise en danger. Lorsqu'ils se retrouvèrent en ville, ils passèrent la journée dans diverses auberges à écouter les discussions des passants et des personnes déjeunant dans les établissements visités. À la fin de la matinée, ils avaient réussi à rassembler plusieurs informations dont certaines étaient rassurantes et d'autres beaucoup moins. La première chose qu'ils purent tirer des conversations fut le coup d'éclat d'Anna et l'abandon du procès suite à cela, indiquant que la mission avait bien été remplie. L'autre était que la sorcière ainsi que son acolyte avaient disparu, et que l'inquisition les recherchait toujours. Cependant, quelque chose inquiétait Siegfried : si Van et Anna avaient réussi à s'enfuir, comment se faisait-il qu'ils soient sans nouvelle d'eux ? Leur disparition n'en devenait pas moins inquiétante, surtout qu'étrangement, aucun avis de recherche les concernant n'était à l'ordre du jour.

Siegfried et Aélis continuèrent leurs investigations vers la grande place où les bûchers furent retirés, mais étrangement l'estrade du procès était toujours présente. De plus, les membres de l'inquisition qui étaient toujours en ville, ne semblaient nullement inquiétés par le coup porté à leur crédibilité. Ils étaient sur la grande place avec un air serein, attendant sur l'estrade comme si un événement se préparait et auquel ils étaient liés. La foule se rassemblant devant l'estrade, poussée par la curiosité, les discussions s'entre-mêlées mais elles commentaient touts les événements survenus le jour du procès. Cela mélangeait autant les rumeurs les plus folles, que les informations censées ayant filtrées au bouche-à-oreille. Selon certains, une terrible sorcière accompagnée d'un monstre de quatre mètres de haut auraient semés la pagaille, rasé la ville et massacré la population. Rumeur dure à croire étant donné le bon état des bâtiments de Constance. L'autre version des faits sembla plus fiable mais bien moins réjouissante pour Siegfried et Aélis. Une sorcière et son associé ont bien semés la pagaille, mais dans leur fuite désespérée ils auraient mis fin à leurs jours en se jetant dans le fleuve. Cela semblait expliquer l'absence d'avis de recherche car si l'inquisition les croyait morts, pourquoi mobiliser des hommes et des moyens financiers pour les rechercher ?

Cela semblait expliquer le rapide retour au calme de la population après une telle pagaille, mais pas celui de l'inquisition. Selon le plan établit avec Van et Anna, l'inquisition aurait dû avoir plus de mal à rester en ville sans subir le mécontentement de la population. La situation devait être très compliquée pour en démêler le vrai du faux : Van et Anna étaient-ils vraiment morts ? Et si leur mort était une rumeur lancée par l'inquisition elle-même ? Comment pouvaient-ils le savoir ? Le problème venait surtout du fait que s'ils étaient entre les mains de l'inquisition, ils leur étaient nécessaire de faire disparaître l'information pour protéger leur faction et leurs camarades, même si cela impliquait de sacrifier deux d'entre eux. Tandis qu'ils réfléchissaient à la question, la situation semblait évoluer du côté de l'estrade. Une dizaine de femmes avaient été conviées à s'y tenir aux côtés de l'inquisition. D'après la foule, il semblait que ces femmes étaient les accusées du procès qui s'était soldé par une annulation, et cela avait particulièrement surpris le public. Il ne s'agissait pas de recommencer le procès, mais d'une remise de récompense et de remerciement à l’égard des femmes innocentées suite au coup d'éclat d'Anna. Alors qu'ils pensaient avoir portés un coup décisif à la crédibilité de l'inquisition, ces derniers avaient su retourner la situation à leur avantage.

Plutôt que de se confondre en excuse et admettre leur erreur de jugement, l'inquisition avait fait passer la situation comme un héroïsme de la part des jeunes femmes accusées, faisant croire qu'elles n'avaient jamais été considérées comme sorcières mais comme des héroïnes jouant les appâts pour attirer la sorcière. Pourtant, tout avait été mis en place pour une condamnation. Ainsi, il fut difficile de trancher la question : le procès était-il un piège, ou est-ce que l'inquisition cherchait juste à sauver leur crédibilité ? La question risquait grandement de se compliquer pour les Krutz, si l'inquisition commençait à leur tendre des pièges. Premièrement, cela rendrait plus difficile pour eux de sauver d'autres sorcières. Deuxièmement, cela signifiait aussi pour les Krutz que l'inquisition avait décidé de se débarrasser d'eux au plus vite et par touts les moyens possibles, et qu'il fallait trouver un moyen de les empêcher de localiser leur base. Lorsqu'ils rentrèrent dans leur chambre à l'auberge où ils s'étaient installés, ils furent forcés de décider de la marche à suivre pour la suite des événements :

- Du coup, on fait quoi ? Demanda Aélis. S'ils sont morts entre leurs mains, autant détruire la base de l'inquisition à Constance.

- Et s'ils sont encore en vie, même si ce n'est pas le cas de Van, Anna serait susceptible de parler, renchérie Siegfried. Et ils ne resteront sûrement pas en vie après un passage chez l'inquisition.

- Le problème n'est pas tant de savoir s'ils ont parlé mais plutôt que si on frappe à nouveau, on donnera des pistes pour nous localiser, expliqua Aélis. Entre l'assassinat d'un évêque et de sa garde près de notre base, et le coup d'éclat de Constance qui se trouve pas si loin que ça de chez nous, ils ont sûrement une bonne piste pour nous localiser. Alors comment faire ?

- On ne va pas juste frapper ici, répondit Siegfried. Il y a plusieurs bases de l'inquisition au Sud de Constance. On va frapper plusieurs positions en direction sur une fausse piste en direction du Sud. Mais pour l'instant, on va brûler la base de l'inquisition de Constance en espérant que Van et Anna n'y soient pas. Dans le cas contraire, ils seraient morts même sans notre intervention.

- Mais nous, comment va-t-on fuir en toute discrétion ? S'inquiéta Aélis. On va faire beaucoup plus qu'un coup d'éclat cette nuit avant de quitter la ville.

- On ne va pas fuir en douce, on va se faire remarquer et se faire suivre, lui rappela Siegfried. Pour la suite, on avisera une fois qu'on aura fait le ménage dans le Sud. Cependant, on va se mettre bien plus en danger qu'avant.

À la nuit tombée, Aélis et Siegfried prirent leurs affaires et quittèrent l'auberge par la fenêtre sans que personne ne les voit faire. Puis, se dirigèrent à la sortie Sud de la ville où était basé l'inquisition. La voie bien dégagé pour leur fuite, Siegfried passa alors à l'action. Il se mordit le pouce et imbiba le rubis de son épée bâtarde, du quel sortit alors un ours enflammé qui fonça droit sur le bâtiment de l'Inquisition. Aélis, la main droite enflammée, dirigea la créature afin qu'elle ne parte pas dans n'importe quelle direction, et pour la faire traverser le bâtiment dans sa largeur. La créature spectrale n'eut aucun mal à passer à travers les murs du bâtiment, les faisant s'embraser rapidement et violemment sur son passage. En quelques minutes, l'incendie était total dans le bâtiment et ses occupants n'avaient aucuns moyens de s'en échapper. Leur forfait accompli, Aélis et Siegfried attendirent d'être repérés pour partir vers le Sud. Conservant le Rhin comme solution pour voyager rapidement, Ils rejoignirent la ville de Coire après deux jours de fuite. Puis, ils y incendièrent les quartiers de l'inquisition sans le moindre scrupule, tout en s'assurant de se faire poursuivre.

À mesure qu'ils poursuivaient leur fuite vers le Sud, le nombre de leurs poursuivants augmentait de ville en ville. Ils continuèrent leur voyage au Sud, en rejoignant leur terminus à la ville de Disentis. Là ils y répétèrent un incendie des bâtiments de l'inquisition mais cette fois-ci, ils se firent discrets afin de ne plus être suivis. De là, ils prirent une barque et redescendirent le Rhin de nuit, éclairé par une simple lanterne pour être le moins visible possible. Aux premières lueurs de l'aube, ils cachèrent leur barque, partirent sur la berge camper et trouver de quoi se nourrir, évitant les villes traversées par le Rhin en journée, et ne les passant que de nuit. Après deux nuits en barque, ils arrivèrent sur le lac de Constance en pleine nuit, et dirigèrent leur barque sur la berge du Sud-Est, seule zone non relié à la ville. Ils y restèrent la journée entière à se demander si leur stratégie avait fonctionné. Ils restaient sceptiques quant à ce qu'ils avaient fait car si leur piste était facile à suivre, elle restait bien trop simple à suivre et donc évidente même trop évidente pour ne pas éveiller les soupçons. Pourtant, ils n'avaient pas trouvé de meilleure solution pour tenter de tromper l'inquisition.

À la nuit tombée, ils reprirent la barque et se laissèrent porter par le courant du lac. Après les différents événements survenus et provoqués par eux, ils n'utilisèrent que la lumière de la Lune pour se diriger sur le lac, évitant ainsi de se faire voir tandis qu'ils approchaient du pont. Quand passèrent en dessous, ils ne purent s'empêcher d'avoir une pensée pour leurs camarades disparus, tandis qu'ils quittaient le lac pour rejoindre à nouveau le Rhin. Lorsqu'ils commencèrent à s'éloigner de Constance, ils purent enfin se permettre de discuter :

- Tu penses quoi de cette histoire ? Demanda Aélis. J'ai du mal à croire que Van et Anna soient morts même si tout le monde le pense. Après tout, avec la magie de glace d'Anna, ils auraient très bien pu s'en sortir vivant.

- Écoute, je comprends bien que ça serait une bonne nouvelle s'ils avaient survécu, répondit Siegfried. Mais les faits sont là. Soit ils ont péris en sautant dans le fleuve, soit ils y sont restés entre les mains de l'inquisition, surtout qu'on a incendié le bâtiment sans hésiter sachant qu'ils pouvaient s'y trouver. Si encore on avait un indice, un seul qui pourrait nous indiquer qu'ils sont vivants, je serais prêt à envisager cette solution et à faire entamer des recherches pour les retrouver. Et puis, n'oublie pas que s'ils étaient en vie, ils auraient rejoint la forteresse depuis longtemps, et nous l'auraient fait savoir.

- Peu-être que quelque chose les aurait empêché de rentrer, insista Aélis. Je n'ai pas plus d'attachement pour eux, que pour les autres mais c'est jamais bon de perdre des camarades. On est si peu nombreux que chaque perte est irremplaçable.

- On a fait ce qu'il fallait en termes de sécurité, lui rappela Siegfried. Plutôt que de supposer sans preuve qu'ils soient vivants, il valait mieux couvrir nos arrières. Mieux vaut deux disparus qui referaient surface par miracle, que de voir notre base rasée pour sauver deux personnes déjà mortes. Et croit-moi que j'aurais aussi préféré qu'ils soient en vie, après tout je ne peux m'empêcher de me sentir responsable puisque c'est moi qui les ait envoyé en mission.

- Moi ce qui m'inquiète, c'est que cela signifie que les prochaines missions pourraient se dérouler de la même façon, lui avoua Aélis. Ça aurait très bien pu être nous à leur place, et ça pourrait très bien l'être aussi à la prochaine mission.

- N'y pense pas, après tout on sait tous ce que l'on risque lorsque l'on quitte la forteresse et toi aussi il me semble, lui expliqua Siegfried. Le meilleur moyen d'être en paix serait de ne plus quitter nos murs, mais cela reviendrait à laisser le champ libre à l'inquisition. Cela serait mauvais pour nous car ils deviennent de plus en plus puissants. À ce rythme-là c'est tuer ou être tué car l'inquisition finira bien un jour par nous trouver, et quand ce sera le cas, notre survie ne pourra dépendre ce jour-là que du rapport de force entre nos deux factions.

La question semblait réglée concernant le cas de Van et Anna, mais pour Aélis, l'espoir restait permis tant que les corps n'auraient pas été retrouvés. De plus, s'ils avaient vraiment échappé à l'inquisition, il était alors peut-être possible de trouver une trace d'eux. Mais ce qui inquiétait Siegfried, c'était de savoir s'ils pourraient rejoindre leur base sans encombre : jusque-là, ils avaient bien réussi à parcourir le fleuve en toute discrétion, mais il leur restait encore deux journées en barque et une à pied pour être à l’abri. Afin de brouiller encore un peu plus les pistes, ils avaient décidé de stopper leur barque près de la ville de Bâle, puis de la laisser dériver vide vers la ville et de continuer à pied vers le Nord. Bien qu'ils soient loin des villes où ils étaient recherchés, ils continuèrent cependant à voyager de nuit sur le fleuve. Ils naviguèrent sur le fleuve à bonne vitesse, ayant fait plus de la moitié du chemin prévue quand le soleil commença à se lever. Arrêtant leur barque sur la berge, Aélis y trouva alors un morceau de tissus bleu coincé sur des rochers longeant la berge, et qui avait fortement attiré la curiosité de la jeune femme. Lorsqu'elle se précipita pour aller le récupérer pour l'examiner, elle ne put qu’avoir un pincement au cœur tellement elle en reconnut la couleur et la texture.

Il s'agissait de lin bleu, la même matière qui composait les robes prêtée à Anna plusieurs jours plus tôt. Depuis cinq jours, elle avait enfin un élément matériel pouvant les renseigner sur la vérité. Cependant, quand elle revint vers Siegfried avec son indice, ce dernier lui fit un signe de la main lui faisant comprendre de ne rien dire. Il préféra ne pas la laisser parler et se faire ainsi de faux espoirs à partir dans des théories diverses et confuses, et décida de mettre fin tout de suite aux espérances de la jeune femme. Il avait plusieurs bonnes raisons de ne pas la laisser espérer. La première était que ce morceau de tissu pouvait venir certes d'une robe, mais rien pouvait prouver avec certitude qu'elle venait de celle d'Anna. Elle avait deux robes et avait donc une chance sur deux d'avoir aussi pu porter l'autre au moment de sa fuite. Et l'autre raison n'en n'était pas moins réjouissante : même si cela venait de la robe d'Anna, rien ne prouvait qu'elle soit en vie, mais juste qu'elle et Van avaient bien fini dans le Rhin. Il lui conseilla donc de ne pas se faire de faux espoirs, mais plutôt de s'attendre à retrouver leurs cadavres si elle avait raison. Au moins, cette trouvaille réduisait fortement les risques que l'inquisition ai pu obtenir des informations, de force de la part de Van et Anna.

Ils passèrent la journée à patienter sur la berge, cachés dans un bois par prudence à bonne distance de leur barque pour ne pas être trouvé en cas de patrouille dans les environs. Reprenant leur route sur le fleuve au coucher du soleil, ils arrivèrent à une dizaine de kilomètres de la ville de Bâle au milieu de la nuit. Une fois sur la berge, ils modifièrent légèrement leur plan en fonction de la trouvaille d'Aélis. Les chances que Van et Anna aient été entre les mains de l'inquisition potentiellement baissées, ils décidèrent de faire disparaître la barque sur le fleuve. Chargeant leur embarcation de bois mort et d'herbe séchée, ils la firent dériver sur le fleuve sur quelques mètres avant qu'Aélis l'embrase d'une sphère de feu. La barque enflammée fila sur le fleuve sur plusieurs kilomètres avant de sombrer près du port de la ville de Bâle. Ils commencèrent alors à se diriger à pied vers le Nord en direction de la montagne, continuant les déplacements nocturnes pour ne pas être suivis et conduire quelqu'un jusqu'à leur base. Ce fut la magie d'Aélis qui leur permit une totale discrétion dans leur parcours, une boule de feu dans la main en guise d'éclairage : elle était suffisamment grande pour les éclairer, et assez petite pour ne pas le rendre visible de loin.

Quand l'aube arriva, ils se réfugièrent dans une caverne qu'ils avaient trouvée sur leur chemin. Cependant, ils furent surpris de ce qui les y attendait. Malgré l'aération dont bénéficiait la caverne, Aélis reconnue l'odeur d'un feu de bois bien qu'aucune trace de feux de camp soit visible. Quand Siegfried examina le sol, il remarqua alors qu'une poussière plus noircie était mélangée à celle de l’effritement du sol rocheux. S'il n'y avait aucun reste d'un feu camp, il en restait de quoi en déduire que des personnes avait bien campé dans la caverne, fait un feu mais tenté d'effacer au mieux leur trace avant de partir. Par prudence, car ne sachant pas qui avait campé ici, le nombre de personnes et la possibilité que les personnes soient encore dans les environs, ils passèrent la nuit sans la moindre lumière et évitèrent de refaire un feu sur place. Cependant, Aélis ne pu s'empêcher de relier le feu à son autre découverte précédente et d'insister auprès de Siegfried :

- Écoute, tu ne peux pas me dire que c'est juste une coïncidence. D'abord le tissus, et ensuite le feu de camp ici. Je te dis qu'on les a peut-être enterré un peu trop vite.

- C'est impossible que ça soit autre chose qu'une coïncidence, répondit Siegfried. L'écart de distance entre la caverne et l'endroit où tu as trouvé le tissus est bien trop important.

- En quoi ça prouve que j'ai tort ? Demanda Aélis.

- À cause du nombre de jours qu'on a passé sur le fleuve, expliqua Siegfried. Si on prend en compte que le feu fait ici reste assez récent, et le jour où ils ont sautés dans le fleuve, ils auraient passé bien trop de temps dans l'eau pour en avoir réchappé.

- Tu oublies que contrairement à eux, nous avons évité de nous déplacer de jour, donc fait des pauses des journées entières et donc mis plus de temps à arriver ici, surtout qu'on a fait un sérieux détour contrairement à eux, insista Aélis.

- Dans ce cas-là, le feu est bien trop récent pour que cela vienne d'eux, répliqua Siegfried. Je te l'ai dit et je te le répète, cesse de te faire de faux espoirs si tu n'as pas d'élément plus concret sous la main. Surtout que quelque chose cloche dans ta théorie. S'ils étaient effectivement en vie, et avec l'avance qu'ils auraient dû avoir, on aurait du les croiser quand on est partis vers Constance. S'ils sont vraiment en vie, cela voudrait dire qu'ils ont volontairement choisis de se cacher et de ne pas rentrer à la base. Or, ce n'est pas logique car la forteresse est le lieu le plus sûr pour eux. D'où mon instance à les déclarer morts même si cela ne me plaît pas.

Ils passèrent une grande partie la journée à dormir au plus profond de la caverne, puis avec des fruits trouvés dans l'après midi, se restaurèrent avant de reprendre leur route au crépuscule. À mesure qu'ils avançaient dans la nuit qui était désormais bien entamée, le ciel s'était rapidement couvert au point de ne plus laisser le moindre rayon de Lune passer à travers les nuages. Ayant déjà parcouru une longue distance depuis qu'ils avaient quitté la caverne, ils étaient pris au dépourvu car un orage n'allait plus tarder à éclater. Dans la noirceur de la nuit, ils avancèrent difficilement car leur seule lumière étant la magie d'Aélis, ils ne pouvaient s'en servir autant qu'ils le voulaient sans se rendre visible. Pourtant, une autre lumière semblait être présente en plus de la leur, ce qui eût le don de troubler le duo qui se déplaçait dans cette direction : quand ils approchèrent pour voir d'où elle venait, le point lumineux qu'avait vue Aélis se volatilisa soudainement. Faisant disparaître la boule de feu qui les éclairait, ils attendirent un long moment pour voir si la lueur au loin se manifestait de nouveau. Ce fut alors que le tonnerre se fit entendre, leur indiquant que l'orage avait fini par éclater. Un éclair fit s'illuminer le ciel, et Aélis y vit de nouveau un point lumineux apparaître puis disparaître au loin, et pensa avoir simplement été victime d'un reflet dû à l'orage la première fois qu'elle avait vu la lueur.

Ayant refait une sphère de feu pour les éclairer elle et Siegfried, Aélis lui proposa de continuer tout droit en espérant trouver rapidement un abri. À force d'avancer à grande vitesse, marchant le plus vite possible, ils finirent par tomber sur une vieille maison abandonnée, encore en bon état mais dont l'aspect montrait qu'elle fut bâtie grossièrement avec les moyens du bord. Cela expliqua les points lumineux vu par Aélis : elle en conclue avoir vue le reflet des éclairs sur la vitre d'une fenêtre. Ayant au moins la certitude d'un abri, ils avancèrent vers la maison pour finir par en franchir la porte. Une fois à l'intérieur, la surprise fut alors totale quand ils s’aperçurent que la cheminée avait servie récemment, l'odeur du feu de bois bien présente dans la maison et les braises incandescentes encore fumantes. Soit, quelqu'un se cachait ici ou venait tout juste de quitter les lieux à leur arrivée. Sa boule de feu à la main, Aélis en profita pour faire le tour de la pièce et finit par remarquer un escalier de bois menant à un plancher de bois créant une pièce surélevée en décalage avec le salon. Quand Aélis s'en approcha après avoir éteint sa sphère de feu, pendant que Siegfried sortait son épée par prudence, une ombre sauta de l'escalier pour se jeter sur elle. Aélis sentit alors le fer d'une lame la menacer à quelques millimètres de sa gorge, puis afficha un air surpris lorsqu'un éclair illumina la pièce : la stupeur était au rendez-vous comme si elle venait de voir un fantôme.

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