Exhumation

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Finalement, la zone est officiellement sécurisée plus d'une heure après le lancement de l'assaut initial. Les pertes des casques bleus comptent une douzaine de femmes et d'hommes, des pauvres gens qui n'auront pas le droit à une seconde vie. Pour Tsadir les conditions de vie sur cette planète sont toujours aussi inacceptables.

Les équipes des spécialistes sont descendus aux côtés de la guerrière. Ils enregistrent la totalité des éléments pour pouvoir mener l'enquête, mais quoi qu'il en soit, les propriétaires du laboratoire auront des comptes à rendre. En plus des deux robots d'assaut coloniaux, ils découvrent un constructeur universel de troisième génération, semblable à ceux que Tsadir avait pu voir sur les chantiers spatiaux de Phobos, et de l'équipement médical comprenant des implants cérébraux et même une station médicale des infirmeries coloniales.

Dans le second débarras, l'une des grandes caisses de transport contient huit cerveaux humains pris dans l'ambre de la stase. Ils sont dans un état impeccable et, à moins qu'ils aient été fabriqués avec le constructeur, certainement prélevés avant le stade de la mort clinique. Ils y trouvent en outre de nombreuses clés de stockage externe contenant probablement quelques quadrilions de données relatives à leurs expériences, probablement des brainscans.

L'homme inconscient est quant à lui rapidement pris en charge par l'équipe médicale, mais la perte des réflexes de base augure le pire.

L'équipe de nettoyage embarque tout le matériel et les preuves avec un grand soin. Les trois types du sous-sol ont été sommairement réanimés et emmenés au quartier général pour interrogatoire : ils auront beaucoup à expliquer et risquent la prison à vie. Mais avec l'urgence de l'affaire, ils peuvent obtenir une durée finie à cette peine s'ils acceptent de coopérer ; il y a fort à parier qu'ils emporteront Actual Communication et tout ce qui y est relié.

Il est encore difficile à dire si Alexandre et son père sont passés par ce laboratoire secret. Et d'ailleurs combien d'autres installations clandestines comme celle-ci sont cachées à la vue de tous, sur Terre et ailleurs ? La solaire repense au travail des Solar Wardners : tant qu'il existera des êtres avec une illusion de libre arbitre et une touche d'ambition, ces gardiens auront du travail.

Le retour au siège régional des nations unies se passe dans un calme remarquable contrastant avec la violence du champ de bataille précédent. Tsadir intercepte quelques communications entre les occupants de son appareil : visiblement les avis à son sujet sont partagés. Pour certains elle a franchi le cap de l'héroïne, pour d'autre elle reste une de ceux-d'en haut qui interfèrent avec les affaires humaines. Heureusement pour elle, même ces derniers lui manifestent une grande sympathie. À quel point la situation aurait-elle dégénéré sans son intervention ? En y réfléchissant bien, il y aurait probablement un cratère à la place de l'installation et on fouillerait avec grande appréhension le sous-sol et ses laboratoires ensevelis, à la merci d'un robot d'assaut lourd qu'on y aurait caché.

Au début de la guerre, l'ONU bien qu'en retard sur les technologies d'informations et spatiales avait malgré tout l'avantage militaire. Mais le développement exponentiel des colonies leur donna un avantage certain dans cette guerre qui s'était éternisée cinq ans. À la fin de la guerre, l'ONU sabrait le champagne lorsqu'il emportait une corvette en sacrifiant deux dreadnoughts. Et voici le résultat : deux robots d'assaut coloniaux et les victimes onusiennes se comptent en dizaines. C'est le prix du schisme éthique ; c'est pourquoi la Terre à tant besoin de la bienveillance des colonies ; car si une partie de l'humanité a changé, la grande majorité a une fois de plus été laissée de côté, comme l'ont découvert les soldats sacrifiés aujourd'hui.

L'hélicoptère dépose Tsadir devant le siège onusien : l'avenue longeant la Tamise a été fermée suite à l'attentat : le relatif silence qui y règne tranche avec l'activité urbaine qui débordait quelques dizaines d'heures auparavant. Des agents onusiens montent la garde sans une ambiance tendue.

Entrant dans l'immeuble, elle est accueillie avec révérence par Ney qui semble avoir impatiemment attendu son retour. Elle lui explique que Mahertis est déjà en train de négocier avec le directeur pour obtenir une copie des preuves numériques. De ce qu'elle a pu comprendre, et la guerrière a appris à lui faire confiance pour ce genre de choses, le directeur ne semble pas disposé à laisser une IA forte trafiquer avec ces données maintenant que la lumière sur l'incident est faite. D'ailleurs les médias semblent faire tout un foin à propos de la fusillade au laboratoire.

Entrant dans le bureau de De-Montergny, l'agent d'Aesir est accueillie très chaleureusement par le directeur. Visiblement, les hommes qui étaient avec elle sur le terrain ont été très impressionnés et semble ne parler que de ses exploits. Le directeur annonce amusé qu'il va lui être dur de faire taire ces rumeurs à propos d'une “super héroïne venue des cieux”. Mais passons sur les éloges et devenons au travail, reprend-t-il.

De son côté, l'homme est entré en contact avec les représentants au conseil de sécurité de la France, La Russie et le Royaume-Uni. Ils sont avertis des événements et surveillent l'affaire avec attention : le conseil va se réunir en urgence ce soir sans la secrétaire. Il est probable qu'ils la démettent de ses fonctions compte tenu du premier rapport des hommes de la section Turing qui ont trouvé de nombreuses preuves affligeantes de sa corruption.

En attendant, Mahut est plus dangereuse que jamais d'où les dispositions de sécurité particulièrement relevée. Notez que la Grande-Bretagne s'est aussi beaucoup impliqué dans le renforcement de la sécurité : la nation ne souhaite pas voir son siège de membre non permanent expirer prématurément.

Enfin, sauf erreur, la mission des solaires semble belle et bien terminée et d'après l'ambassade des colonies, qui suit l'affaire avec une grande vigilance, le retour des deux héroïnes pourra être organisé dans les quarante-huit heures. Elles retrouveront Mahertis en orbite. En attendant, le directeur insiste sur le fait qu'il serait préférable que toute technologie solaire laissée au sol soit détruite.

Il reste donc un peu de travail à accomplir, mais à l'image du fusil traceur de Ney, ce ne sera pas long et il ne restera qu'un peu de poussière de nanite. Il ne manque que le signal, lorsque leur pilote sera prêt.

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