Chapitre 5 : Insurrection de la multitude (1/3) (Corrigé)

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« Petits garçons, petites filles,

Mettez-vous à l’abri des loups !

Partez où le soleil forcit

Sinon ils vous mordront le cou !

Griffes aiguisées, crocs acérés,

Ils ravagent chaque village,

Dévorant tout sur leur passage,

La meute ne va rien épargner !

Attention à la géante femelle,

Tout comme aux chefs des troupeaux,

Ils s’étendent de manière cruelle,

Mais vous vivrez où brûlent nos idéaux »


Traduction littéraire d’une comptine ridilanaise.


Le désir d’une armée désunie vivait en cinglant les terres indomptées. Nous, soldats divisés, rêvions du meilleur et commettions le pire. Sur le sillage de nos foulées soufflait la fumée des villages brûlés. Là où nous prenions la population en otage, là où les Ridilanais étaient privés de leur identité. Dans leur désespoir, ils résistaient ou s’inclinaient, ils succombaient ou enduraient. Quand les guerres sevraient les libertés de tout un chacun, quand elle virait au massacre ordinaire, nous n’avions plus qu’une possibilité.

Des semaines de parcours et de patience pour une volonté bientôt réalisée. Ainsi chuchotait Shimri, et tous les partisans de cette cause proche de l’ébullition. Les esprits séditieux se propageaient sur chaque troupe selon le plan en opposition avec la hiérarchie. Les nôtres se glissaient dans la sylve centrale du territoire, dense étendue de conifères au centre de laquelle coexistaient habitations et cultes. Cibles d’une volonté expansionniste, havre encore plongé dans l’innocence, bientôt dans l’ombre d’une lumière purificatrice.

Pourtant ils célébraient leur bonheur comme en temps de paix. Un tableau de passion s’érigeait dans un ensemble bariolé à la lisière des habitations. Chaque demeure bâtie en bois de cèdre était garnie d’orchidées, de coquelicots et d’hortensia, dont les nuances pourpres et rougeâtres s’amalgamaient parmi les teintes émeraude et mordorée des ifs et séquoias.

Des contadins dansaient par paires au milieu d’une plateforme boisée, feuillue de branches de cèdres, sous la direction d’une femme vêtue d’une robe croisée de blanc et de noir. Des bribes de flux bleuâtre circulaient autour de ces conviés. Ce devait être un mariage, tant leur gestuelle comme leurs pas se révélèrent méthodiques. Voilà pourquoi ils s’embrassaient sous les applaudissements des leurs ! Un couple d’hommes et de femmes se mariaient également, mais cela revêtait peu d’importance, car ils partageaient leur amour avec tous. Il n’y avait aucune distinction ni discrimination.

Nous nous apprêtions à les extirper de leurs songes. Nous allions les arracher des mélodies de leurs harpes et de leurs flûtes. Du moins était-ce que Vimona prévoyait, sa paume enroulée au creux de son arc, ses yeux rivés sur ses futures cibles. Elle usait du terrain à son cruel avantage.

— Ils nous ont confiés la mission la plus facile…, maugréa-t-elle. Quelle frustration !

— Pas d’accord, contesta un sergent. Nous sommes juste face au village. Nous devons encore trouver ce fichu temple !

— Nous irons après, trancha l’archère. Ces malheureux sont sans défense, je suis tentée de les abattre de notre position. Mais ce serait moins amusant. Attaquons-les au corps à corps, que nous ayons le temps de voir la détresse de leur regard et leurs cris et pleurs hystériques !

Où était le respect pour la vie humaine ? Des troupes d’un côté, des victimes de l’autre, toutes deux se rejoindraient dans une fraction de secondes. D’un souffle je me retins, la moiteur transmise à mon pommeau, ouverte sur notre synchronisation. Nous amorçâmes le mouvement de groupe avant d’appliquer notre plan. Ainsi se créa le clivage entre les partisans et opposants : en accélérant, en s’assumant comme égide des Ridilanais. C’était notre choix, notre responsabilité !

Plus jamais nous ne serions enfants de cette guerre.

Nous tirâmes l’arme pour les protéger. Nous nous alignâmes en indéfectible barrière. Peut-être que les villageois saisissaient peu notre décision ni n’appréhendaient ce pourquoi notre lutte évoluait. Si tremblants qu’ils se suspendaient à notre action, si oppressés que leurs braillements nous servaient d’impulsion. Sans peur ni faille nous nous dressâmes face à des soldats interloqués, ceux dont l’allégeance restait inchangée. Parmi eux se trouvait la commandante Vimona à l’arc déjà bandé. Ses trais semblèrent se disloquer tout comme son sang grimpa à son visage…

— Dégagez du passage ! beugla-t-elle. Êtes-vous aveugle ? Avez-vous oublié nos ennemis ?

Aux croisements du destin s’encochaient les flèches de la mort. C’étaient les traits d’une fresque incomplète. Mieux valait ne pas l’engorger de couleurs… Les investigateurs assumaient leur position, tant Vandoraï et Kiril que Shimri. Meneuse proclamée, porte-parole en devenir, elle se mit en évidence tout en abaissant sa lame. Une aura de pureté l’enveloppait…

— Nous ne massacrerons pas des innocents pour votre plaisir ! clama-t-elle.

— Depuis quand ? répliqua Vimona. Vous avez participé à chaque précédente bataille, et maintenant vous nous trahissez ? Que complotiez-vous dans notre dos ?

— Une solution pour rétablir la paix ! Admettez-le : les Ridilanais n’ont jamais voulu déclencher de guerre, ils souhaitaient juste défendre leur patrie ! Pourtant nous continuons de les assiéger, de les massacrer, de les tuer ! C’en est trop !

— Tu crois parler en leur nom, Dunshamonaise ? Tu aurais dû te cantonner à empiler des briques dans ton pays, tu n’as aucune légitimité !

— Je ne suis pas seule.

Les opposants se heurtaient aux faits. Aucune unité ni pays ne nous séparait. Ensemble nous dénoncions les atrocités, ensemble nous combattions le véritable ennemi, ensemble nous agissions. Notre réprobation se dispersait et coalisait entre toutes nos voix nonobstant le tumulte !

— Cessons cette folie, commandante ! supplia une partisane de l’unité treize. Cette guerre n’a jamais eu de sens, vous le savez au fond de vous-même !

— La paix est encore possible ! plaida un compagnon de l’unité dix-huit. Réparons les dégâts, prouvons aux Ridilanais que nous ne sommes pas des envahisseurs !

— Tordwalais, cette lutte n’est pas nôtre ! exhorta Vandoraï. Elle n’apportera rien à aucun pays, ni au nôtre, ni à Carône, ni à tout pays de chaque civilisation !

— Nous avons été manipulés, utilisés à des fins de haine ! imputa une soldate de l’unité sept. Nos généraux savaient que cette intervention était insensée, dès le départ ! Il y a eu plusieurs possibilités d’arrêter cette guerre, elles ont toutes été avortées !

— Même des sergents comme moi s’y opposent ! argua Kiril. Ça ne vous choque pas ? Est-ce que vous refusez de remettre la hiérarchie entière en question ?

Les discours se complétèrent. Chaque intervenant apportait sa tonalité à l’ensemble selon des souhaits de paix. Défendre notre cause impliquait de recourir aux méthodes adéquates, de rallier d’autres militaires à nos idéaux ! Au moins était-ce un gain de temps, car nous alléguions un répit aux Ridilanais aux hurlements devenus épars. Tous fuirent dans une même direction en lieu et place de se terrer dans leurs demeures. Peut-être seraient-ils épargnés…

— J’ignore qui vous a inculqués de telles bêtises ! lâcha Vimona. Une chose est sûre : nous avons une mission, s’emparer de ce village et du temple. Et si vous vous souvenez des enseignements de l’armée… Tout soldat doit être impitoyable, peu importe son ennemi. Alors si vous vous rebellez, nous sommes en parfaite légitimité de tuer les traîtres que vous êtes !

Nous y croyions. Ancrés dans notre idéal, nourris d’une résolution marginale, il nous manquait pourtant le liant de l’alliance. Quel avenir nous restait-il si s’écarter de la violence échouait ? Le regard de Shimri, aux antipodes de Vimona, en dit long, hélas… Impossible d’amorcer la trêve contre une armée vivant de violence. Que ma sergente et mes camarades nous pardonnassent… Nous n’avions plus le choix.

Chacun des enchantements luit au-delà des armes, pâles reflets miroitant vers la voûte azurée, pigments d’une magie qui constituait le tableau. Dès que les flèches enflammées furent décochées, dès que le métal cliqueta, je sus qu’aucun retour arrière n’était possible. Nous nous jetâmes dans la mêlée, dans l’impossible paix, dans l’inévitable confrontation. Ainsi se déversèrent sang et larmes à flots quand les intentions divergeaient. Ils étaient nos frères, nos sœurs, pourtant nous dûmes braquer l’épée contre eux.

Mon corps tressaillit lorsqu’un allié de mon unité tenta de me transpercer. Je me dérobai d’un pas de côté, le souffle ralenti, les yeux élargis. D’instinct je me courbais face aux offensives et je parai, encore et encore. Pour me protéger au lieu d’assaillir. Pour me dérober au lieu d’occire. Tout juste retardai-je l’inévitable… Car je finis par empaler mon assaillant.

Ce n’était pas la première fois, loin s’en fallait. Tel se plaçait ma loyauté, si prompte à exterminer mes alliés que mon corps m’y cornaquait ! Pourtant je m’engouffrai dans cette voie perdue, égarée au cœur de la déloyauté, abandonnée au milieu du chaos. Comme les autres, je tuais pour ce qui me semblait juste. Comme les autres, je renonçais à des principes pour en sauvegarder des autres. Comme les autres, je luttais.

Bien au-devant se posaient indubitablement les mêmes questions… Des pointes d’épée jaillissaient du flux pourpre : il éclatait, il rayonnait, il tuait. Tintements et sifflements rythmèrent la macabre mélodie sur laquelle nous dansions. Résonnaient armes et magie, égales dans leur destruction, là où les boucliers et esquives ne préservaient qu’une poignée d’instants supplémentaires. Mes alliés eurent beau s’éreinter, les opposants s’acharnaient tout autant. Mes ennemis eurent beau pourfendre, nous nous relevions, harassés des hécatombes infinies, consumés des sangs et sanglots.

Personne ne comprit. Pas même quand nous nous mutilions dans un assaut ponctué de cris et de peines. Nul n’avait besoin de contribuer à un incoercible massacre ! Rohda abattait sa hache à contrecœur, refoulant des larmes creusées sur sa cornée. Tout le contraire de Vimona et Dalim qui exécutaient des partisans par myriades. Ni Vandoraï, ni Kiril, ni qui que ce fût ne purent cesser cette folie, ce malgré les protestations, ce malgré les hurlements. Unis de tout pays, séparés de toute clarté, nous nous battions de tout notre être. Voués à disparaître.

— Nous étions comme des sœurs ! s’époumona une arbalétrière. Pourquoi m’as-tu obligée à te tuer ? Pourquoi ?

Ladite militaire était agenouillée auprès de sa consoeur, rebelle dans l’âme mais amie de la défunte, en larmes après avoir planté deux carreaux d’arbalètes sur sa poitrine. Ses pleurs détonnaient dans le tourbillon de vociférations !

— Je n’avais pas d’autres choix ! plaida un soldat. Tu étais mon compagnon, maintenant tu es un traître. Comme je regrette !

Lui aussi fondait en larmes, sa main frôlant la plaie de l’agonisant. Silhouettes cerclées de remords, jeunes hommes et femmes troquant la fraternité contre l’épée, jamais leur conscience ne serait épargnée. Ils s’entretuaient par unités, par dizaines, par centaines ! Nous nous glissâmes à dextre ou sénestre, dérobés à nos iniquités, croulant sous la pression de nos lames ! Il nous fallait enjamber les décédés pour mieux terrasser les survivants. Ciel… Comment pouvais-je formuler pareilles pensées ?

Un éclat d’acier jaillit soudain en menace d’une collision frontale. Emar, enragé, m’asséna un vif coup d’épée, mais je parai à temps.

— Misérable traîtresse ! accusa-t-il. Je vais te pulvériser !

Pas lui… Fidèle subordonné de Maedon, défenseur de ses valeurs, il me contraignait à adopter une posture défensive. Même si j’esquivais, même si je bloquais, viendrait un moment où contre-attaquer serait une nécessité ! Mon confrère ne cessait de mouliner, cognant sans arrêt pour défaire ma garde. Mais il ne parvint ni à me désaxer, ni à me déstabiliser, car une autre lame résonna au milieu du tumulte.

— Oh, c’est toi ? reconnut Emar. L’investigatrice de ce complot ! Ça y est, on trahit toutes nos valeurs dès que notre commandant tourne le dos ? Tu es une cible plus intéressante que la nièce de la générale !

D’une torsion du bras, d’un grognement ravageur, Emar s’orienta vers Shimri, laquelle expira un soupir. Elle était si rembrunie… et pourtant astreinte à se protéger. C’était en garde pendante qu’elle endiguait chaque offensive ! Point éreintée à parer, elle baignait dans une aura de moult couleurs, encline à ne répandre aucune goutte de fluide vital. Il m’appartenait de l’aider face à un tel adversaire !

— Pourquoi tu ne réponds rien ? insista Emar. Tu reconnais ta culpabilité ? Ce sont tous nos camarades qui périssent l’un après l’autre, par ta faute uniquement !

— Non ! défendis-je. Elle n’a jamais voulu se battre !

— Je ne t’ai pas parlée, félonne ! C’est entre elle et moi… Je le savais que tu représentais un danger, Shimri. Maedon ne voulait pas m’écouter, grand mal lui fasse ! Comment peut-on confier une épée à quelqu’un comme toi ? Toujours à te plaindre sans comprendre la raison de notre combat ! Je vais te tuer, tu m’entends ?

Emar abattit derechef son épée, contre laquelle Shimri s’inclina. D’emblée des étincelles parcoururent l’épée, de la lame à la pointe, avant d’impacter les doigts du jeune homme. Malgré la fumée, malgré la douleur, mon confrère ne lâcha aucunement son arme. Il frappa au contraire de plus belle !

— Mon allégeance appartient à Carône ! proclama-t-il. Tout ce temps je me suis battu, tout ce temps j’ai aimé ! Comment une étrangère qui ne comprend rien à nos problèmes peut-elle rallier autant de gens à sa cause ? Peut-être que nous massacrons quelques innocents parmi eux, mais si nous ne le faisons pas, ils tueront dix fois plus des nôtres ! Nous sommes l’ultime rempart contre leur barbarie !

Par sa force il tenta de l’acculer. Par sa volonté il essaya de triompher. Il se rua sur Shimri dans l’ombre du désespoir, et en un clignement d’œil, il s’éblouit de ses pensées. Alors il se retrouva empalé par son adversaire…

— Je ne regrette rien…, expira-t-il.

Il était juste une connaissance. Un confrère aperçu au quotidien, avec lequel quelques mots furent échangés, trop proche pour être oublié, trop lointain pour être considéré. Pourtant, quand il s’effondra et roula dans un borborygme, ses yeux se fermant à toute lueur, je ressentis un pincement de cœur. Une fois encore le tableau se ternissait. Une fois encore un visage familier s’éteignait.

Shimri ne lâcha pas sa victime des yeux. Plusieurs gouttes en chutèrent et se mêlèrent à l’accumulation de sang. Rarement l’avais-je appréhendée dans un état pareil… Ses traits s’étaient assombris, sa mine s’était détériorée, et elle fixait sans relâche l’arme du meurtre.

— Ce n’est pas moi…, regretta-t-elle. Je suis née pour créer et non pour détruire… Pourquoi la violence est-elle inévitable, même quand on essaie de l’éviter ? Plus jamais je ne tuerai quelqu’un… Il reste encore des personnes à protéger !

En se penchant ainsi, en ignorant la mêlée alentour, Shimri s’exposait au danger ! Plusieurs opposants l’encerclèrent afin de l’achever ! Ses yeux s’illuminèrent néanmoins d’un intense céruléen… Dans quel aura baignait-elle ? Je ressentais une grande puissance émaner d’elle-même sans aucune affinité avec la magie ? Des frissons parcouraient tant mon échine que j’en demeurais paralysée !

Une onde de choc impacta le terrain. Un immense cercle au centre duquel reposait une force considérable ! Nous fûmes tous éjectés à une vitesse inouïe, propulsés dans l’air la plus magique qui fût ! Je concevais à peine ses pouvoirs tandis que je me remettais de ma réception avortée… L’heure n’était plus au combat pour Shimri. Ce pourquoi, armée d’un instinct nouveau, elle se dirigea vers la forêt vers laquelle les villageois s’étaient enfuis.

— Depuis quand cette rebelle maîtrise la magie ? maugréa Vimona. Massacrez-la, tout de suite ! Et retrouvez ces maudits villageois au passage !

S’ensuivit une nuée de flèches accélérées par l’enchantement. Déjà loin, Shimri les dévia sans se retourner, et elles atterrirent au sol comme d’inoffensives pierres. La commandante réprima un râle face à son échec, alors nous réalisâmes notre devoir. Inutile de pourfendre nos propres alliés, fussent-ils d’idéaux opposés, mieux importait de sauver des vies.

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