Orthotrône : Mme G.

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"Le royaume d'Orthotrône me faisait songer à un théâtre géant : les murs des maisons représentaient des villes, des forêts, des océans et des cieux. Les habits des villageois semblaient sortir de coulisses et impossible de trouver un enfant qui ne possédaient ni livre, ni marionnette, de masque ou quelque chose du genre.

Le château était à l'image du royaume : des rideaux de velours rouges servaient de porte et décoraient les murs et des masques de théâtre décoraient des salles peintes pour former des paysages idylliques.

La reine, madame G., se trouvait dans la grande salle, son trône installé en haut de ce qui semblait être une scène.

Je saluais poliment la reine :

« Bonjour, Ô majesté. Je suis Milia de Kerto.

-Bonjour à toi, élue. Répond-t-elle. Que me vaut l'honneur de votre visite ?

-Je voudrais vous demander de l'aide pour vaincre Lola. Aide et asile.

-Une aide militaire ? Mais attaquer Lola maintenant serait de la pure folie ! Et c'est folie d'entreprendre plus qu'on ne peut*.

-Oui mais...

-De plus il y a deux choses qui abrègent la vie : la folie et la méchanceté**.

-Je sais, répondis-je, c'est également pour ça que je veux l'asile. Pour me préparer au combat.

-Dans ce cas, j'accepte. L'hospitalité est une qualité, faite de saveur primitive et de grandeur antique***. Vous serez logée et nourris dans le château.

-Je n'en demande pas tant Majesté.

-J'insiste. Rien n'est bon comme d'offrir la table à un étranger et un gîte pour la nuit****.

-Bien Majesté.

Alors que je quittais la pièce, elle m'interpella une dernière fois :

-Faites attention. Prévint-elle. La guerre est la pire malédiction sur Terre. Je l'ai vu de mes yeux...

Un jour je vis le sang couler de toute part ;

Un massacre dans l'ombre épars ;

Et l'on tuait. Pourquoi ? Pour tuer. Oh misère...***** »

Je la laissais seul à sa rêverie, ses mots profondément gravés dans ma tête."

*Citation de Sophocle ; Antigone - Ve s. av. J.-C.

**Baltasar Gracian.

***Sarah Bernhard.

****Ralph Waldo Emerson - Les lois de la vie (1864)

*****"Un jour je vis le sang couler de toute part", Victor Hugo.

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