Le pourquoi et le comment de cette histoire.

4 minutes de lecture

De façon très habituelle chez moi, cette histoire s’est imposée à moi. A contrario, tout à fait exceptionnellement, j’en connais l’origine.

Ma petite-fille, son mari et ses enfants sont venus passer une partie de leurs vacances à la maison. Chaque jour, mon arrière-petit-fils se joignait à ma chienne – dont je vous laisse deviner le nom – et moi pour notre promenade méridienne. Il est âgé de cinq ans et demi, son bagout et son imagination m’ont inspiré.

Le conteur itinérant, personnage assez courant du genre, s’est imposé à moi. Il a refusé les termes de bohémien, colporteur, saltimbanque, baladin et autres. Il s’est défini comme un Errant voyageant avec un familier comme il sied à tout personnage doté d’un peu de magie. Le sens du mot a influencé le cadre.

Il a trouvé dans ma tête un vieux concept – issu d’un Fleuve Noir Anticipation lu en 1976 – qui émerge régulièrement de mon macro-texte personnel.

Il y a des œuvres comme celle-ci, que je serais bien en peine de résumer, mais dont je me souviens parfaitement du titre et du concept. Celui, qui nous intéresse ici, est « Comme un liseron ».

L’histoire s’inspirerait donc de ce concept. Un peu violent pour un enfant de son âge. La narration commence donc par une digression. Oui, je sais ce que vous pensez, chez moi, c’est un Trouble Obsessionnel Rédactionnel.

Dès que j’ai terminé « La Tripade », je l’ai contée à son inspirateur.

Que croyez-vous qu’il se passa lorsque je lui lus : « Écoutez “La geste d’Areu, voleur de vies” : La première fois, c’était il y a très longtemps et c’était très très loin au sud. Cela date du temps où les faiseurs de déserts existaient encore. »

Il dit : « C’est quoi les faiseurs de déserts ? » et c’est en souriant que je lus la phrase suivante : « C’est quoi les faiseurs de déserts ? demanda une petite fille. »

Sa réaction spontanée est à l’origine du sujet de réflexion soumis aux auditeurs, dans le second chapitre.

Il me surprit également en m’informant qu’il savait ce qu’était un iule, son maître de moyenne section en avait montré à ses élèves.

Ce n’est qu’après son départ que je me suis attaqué à l’écriture du premier vol. Pour cela, je me documentais sur la technique du liseron en feuilletant le livre de Paul Bera – je possède la collection quasi complète des FNA.

En voici la quatrième couverture :

« Voulez-vous tuer quelqu’un ? Enroulez votre pensée sur la sienne, “comme un liseron”, et puis serrez, serrez jusqu’au moment où sa pensée s’étouffe.

Le malheur, c’est que vous mourrez aussi dans les secondes qui suivent !

Or certains Gueux de la ville, ainsi que certains Errants, désireux d’échapper à la tutelle des Nantis, croient avoir découvert le moyen de tuer sans mourir.

En particulier la jeune et jolie Varia, qui suppose que l’on continue à vivre si le liseron s’enroule d’une certaine façon...

Hélas ! Pour essayer, il faut risquer sa vie ! »

Curieux, n’est-il pas ? Je n’avais aucun souvenir conscient, que dans cette œuvre les habitants des campagnes étaient nommés Errants.

J’y trouvai l’info suivant : « Le liseron s’enroule toujours de droite à gauche (sauf peut-être celui d’Australie, mais Geo l’Alsacien n’était jamais allé là-bas, ça se serait su !) alors que le houblon décrit une hélice de gauche à droite ! »

Estimant l’explication ambiguë, je poursuivis mes recherches jusqu’à ce que je mette l’œil sur la publication suivante : Une source de confusion : Je sens d’enroulement des tiges volubiles.

H. Jacques-Félix (1946) Une source de confusion : le sens d’enroulement des tiges volubiles, Bulletin de la Société Botanique de France, 93:7 — 8, 240-242, DOI : 10.1080/00378941.1946.10834532

‹ Bonnier (1) nous dit du Liseron qu’il prend pour exemple : « … cet enroulement se fait suivant une hélice qui monte de gauche à droite, c’est-à-dire qu’un observateur qui regarderait une tige enroulée située devant lui verrait les portions de la tige qui sont sur la face antérieure du support s’élever en allant de sa gauche à sa droite. » Phrase parfaitement claire, montrant bien le sens réel de l’enroulement. Pour cet auteur, le Liseron s’enroule donc « de gauche à droite » et le Haricot de même ; Houblon et Chèvrefeuille s’enroulent par contre « de droite à gauche ».

C’est bien aussi l’opinion de Gatin, Baillon et du Nouveau Dictionnaire des Sciences.

Mais les mécano-physiciens, dans leur définition du sens d’enroulement de la spirale ou de l’hélice, constructions abstraites sur le papier ou matérialisées sous forme de bobinages, vis, solénoïdes, etc... tiennent un tout autre langage. Pour eux, l’observateur est supposé dans l’axe de l’hélice ; et il est bien évident alors que, de cette position, l’observateur verra s’enrouler de gauche à droite ce qui s’enroule de droite à gauche pour l’observateur placé à l’extérieur. Cette définition, plus rigoureuse sans doute que la précédente, doit s’appliquer aussi, selon le Grand Dictionnaire Larousse du xxe siècle, aux tiges volubiles. › (sic)

Dans son roman, Bera utilise cette seconde définition ; Larousse oblige. J’ai fait le choix inverse, la définition de Bonnier m’a semblé plus pertinente, car il me semblerait étrange qu’Areu juge du sens dans lequel il s’enroule en se plaçant dans l’axe, c’est-à-dire dans celui ou celle dont il vole la vie.

Pourquoi suis-je en train de vous expliquer cela ? C’est pour qu’il n’y ait aucune confusion dans le cas où vous voudriez essayer.

Notez que dans le cas d’Areu cette technique ne peut être mise en œuvre que, lorsque le corps, qu’il occupe, meurt. Et que le but n’est pas de tuer, mais de voler la vie – le corps – de quelqu’un. La mort de l’occupant légitime du corps n’est qu’une inéluctable conséquence.

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