Prologue II

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James se mit à genoux sur le pont arrière du voilier et débloqua la trappe d'où s'échappait un filet de fumée. A l'ouverture, il eut un mouvement de recul devant le panache gris qui semblait s'épaissir à vue d'œil et rendait impossible l'inspection du moteur.

« James, je nous suggère de trouver une solution, déclara Jacob, en gardant les yeux sur une sombre formation orageuse qui approchait dangereusement. »

Il posa sa bière et contempla un court instant le haut du crâne dégarni de son coéquipier.

James se releva en grognant.

« Je sais. Mais à mon avis, le moteur est mort. »

« Tu ne viens pas de le faire réviser ? »

« Si, justement. Ils vont m'entendre quand on rentrera au port. »

A ce moment précis, dans un brusque mouvement d'air chaud, des flammes surgirent du compartiment ouvert.

« Je crois qu'il est temps de demander du secours, tu ne trouves pas ? »

James resta figé un instant. Rien ne l'avait préparé à un tel moment. Et surtout, il avait toujours été convaincu que son diplôme d'ingénieur, ses nombreuses années d'expérience et ses connaissances en études structurelles, en systèmes hydrauliques industriels lui auraient permis d'affronter n'importe quelle situation impliquant tout système mécanique et de simples réactions chimiques.

Jacob était descendu dans la cabine à la recherche d'un extincteur.

« Il faut qu'on maitrise l'incendie. Essaie de contacter quelqu'un par radio. »

James revint vers le poste de pilotage, s'empara du micro de la radio, manipula les boutons afin de se connecter sur la fréquence d'appels d'urgence. L'écran à cristaux liquides clignota puis s'éteignit. James demeura interdit une seconde. Il actionna l'interrupteur principal à plusieurs reprises, sans succès.

Il s'aperçut que ses doigts tremblaient. Aucun appel au secours n'était possible.

« La radio est morte ! » hurla-t-il.

Jacob, au bord de la cabine, se débattait avec la goupille de l'extincteur. Il finit par l'arracher et dirigea l'embout vers les flammes qui sortaient à présent par l'ouverture.

James se tenait à ses côtés, agrippé à une poignée.

Et rien.

Jacob actionna plusieurs fois frénétiquement la poignée mais seul un déclic creux se fit entendre.

James lui prit l'extincteur des mains et le secoua. Il devint livide.

« Il est vide. » lâcha-t-il.

« Vide ? Tu l'as déjà utilisé ? »

James regardait droit devant lui, les yeux dans le vide, en direction de la côte, invisible à cette distance.

« Quel espèce de salopard... »

Jacob se retourna vers lui, les sourcils froncés. James secoua la tête et jeta l'extincteur au sol.

« Il faut mettre le cap vers la côte. Ou du moins nous en rapprocher le plus possible. »

« D'accord. Occupe-toi de la navigation. Je sors la voile. »

James retourna vers la barre et ses instruments. Le compas, analogique, fonctionnait. Mais tous les autres, tragiquement électroniques, n'étaient plus que des écrans noirs. James releva la tête et regarda autour de lui. Rien d'autre qu'une mer vide.

Il ferma les yeux une seconde, pour tenter de se remémorer le cap vers la côte la plus proche. Les chiffres se bousculaient dans son esprit, pourtant habitué à en manipuler des quantités, avec force puissances ou factorielles.

Jacob avait défait les nœuds et s'était emparé de la drisse. Il se tourna vers son ami.

« Face au vent ? »

James rouvrit les yeux. Il dévisagea Jacob un instant avant de répondre.

« Je n'en sais rien. Tous les instruments sont hors-service. »

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