J'ai écrit aux sénateurs (contre la prolongation du passe sanitaire jusqu'à juillet prochain)

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Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Je suis vaccinée, mais n’ai jamais montré mon passe sanitaire. Nous sommes nombreux dans ce cas. Même si je regrette que les restaurants, cinémas, musées, continuent à pâtir du Covid, je refuse de cautionner un système de tri de la population, qui est aussi un chantage qui ne dit pas son nom.

L’État a joué son rôle en protégeant les Français dans une période d’urgence sanitaire absolue. Il faut maintenant admettre que l’urgence s’est éloignée, pour peu que l’on considère les chiffres de décès et d’hospitalisations avec honnêteté. La mise en place du passe a sans doute été coûteuse, mais un principe de la République tel que la liberté a infiniment plus de valeur. L’espace privé doit revenir à une forme de normalité, en dehors de tout interventionnisme politique. Quitte à prolonger les mesures dans les endroits sensibles, hôpitaux ou aéroports.

On maintient la France dans un régime d’exception dangereux pour la démocratie. Certains citoyens s’érigent en moralisateurs, d’autres versent dans le complotisme c’est la division qui gagne. Montrer un « passe », c’est se targuer d’un laissez-passer, et le mot sanitaire qui y est accolé implique que certains seraient « sains » et d’autres non. C’est non seulement discriminatoire en l’absence d’obligation vaccinale, mais également philosophiquement inadmissible.

La peur, en période électorale, est un jeu dangereux, dont on a déjà abusé ces deux dernières années… Il faut revenir au calme et à la sérénité. Au temps long.

C’est à cela que servent nos députés et sénateurs : inscrire la société dans le temps long, à distance des soubresauts et des drames de l’actualité. Les Assemblées ont le pouvoir d’accorder à l’Exécutif des prérogatives exceptionnelles. Elles ont le devoir de savoir les interrompre. Or les régimes d’exception se multiplient et demeurent : Vigipirate, urgence sanitaire… Est-ce qu’on veut une population durablement soumise à une menace, pucée ? La chape est lourde, le bilan psychologique, en particulier chez les jeunes (les moins sensibles au risque épidémique), dramatique. Comment élève-t-on nos enfants, dans cette méfiance de l’autre ? Car la communication est invariablement axée sur le danger que « les autres » font peser.

Quelle sera la prochaine menace qui viendra s’inscrire sur notre téléphone ? Faudra-t-il pour « protéger le système de santé » justifier de manger sans gras, sans alcool, ne se reproduire qu’avec des partenaires compatibles pour limiter les maladies génétiques ? J’ai très peur de la dérive insensible vers une société à la Huxley dans Le Meilleur des Mondes où, dans le but de protéger une population élue, on lui ment pour son bien, tout en excluant tous les autres du progrès par manque de moyens.

Parce qu’on est bien d’accord ? Faire miroiter l’immunité vaccinale est mensonger, concernant ce virus.

Je vous remercie d’entendre la voix d’une partie des citoyens pas si minoritaire que la communication institutionnelle l’avance,

Une électrice anti-QR,

Caroline

23/10/2021

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