La chasse

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L'aube pointait à l'horizon lorsqu'Azmin fit une première halte. Elle avait marché sans relâche depuis Nam en direction de l'est et du bocage. Elle repéra une trouée dans un bosquet touffu au bord de la route et s'y glissa. Les ronces griffaient sa peau délicate, mais au moins, elle était invisible de l'extérieur. Elle s'assit parmi les herbes et reprit son souffle.

Sa fuite lui avait occupé l'esprit et elle n'avait guère eu le loisir de réfléchir à la situation. À présent qu'elle s'était arrêtée, son corps la rappelait à la réalité et lui envoyait des signaux de fatigue et de douleur du côté de ses pieds nus ; elle avait préféré abandonner les ballerines peu adaptées à la marche qu'elle portait à la fête et avec lesquelless elle avait été jetée en prison.

Son estomac criait famine, car elle n'avait rien avalé depuis la veille.

Azmin se délesta de son sac à dos et en examina le contenu : Tiên avait pensé à tout. Elle y avait fourré en vrac une gourde d'eau, un pain brioché, une botte de carottes, des sous-vêtements propres, un pantalon, une tunique, un couteau et un petit flacon de vin de noix - elle connaissait le péché mignon de sa meilleure amie.

Émue, Azmin le déboucha et le porta à son nez pour sentir son odeur entêtante et sucrée, mais elle le reposa sans l'entamer. Elle se saisit d'une carotte à la belle couleur pourpre, de la variété cultivée dans la région, et la croqua, affamée. Elle décida d'économiser autant que possible ses provisions et se contenta du légume pour son petit-déjeuner frugal.

Azmin dodelina de la tête, gagnée par la somnolence après qu'elle eut mangé. Mais il était encore trop tôt pour se reposer en toute sérénité. Elle n'était pas assez loin du village et si elle s'endormait maintenant, ses poursuivants auraient tôt fait de la retrouver. Et cette fois, ils ne seraient pas aussi cléments que la veille et la tueraient sur le champ.

Après s'être désaltérée, la fugitive émergea du bosquet et reprit son chemin.Elle ne voulait pas risquer de s'égarer en s'éloignant trop de l'axe routier.

À cette heure, personne ne l'empruntait ; il ne reliait que deux villes mineures de la contrée des Plaines Infinies, Vhimia et Flunet. Rares étaient ceux à s'aventurer dans les Plaines Infinies, même parmi les marchands itinérants. Cette contrée reculée et appauvrie par des années de mauvaises récoltes n'avait pas un grand intérêt commercial.

L'hiver approchait, et les nomades restaient chez eux, attendant le retour des beaux jours pour sillonner les routes du pays de Pamani.

Azmin était donc assurée de ne croiser que peu de monde jusqu'à sa destination.

"Aller au bocage pour m'y cacher... C'est bien joli, mais je ne vais tout de même pas y passer ma vie... Que faire ? Il faut à tout prix que je trouve un moyen de me débarrasser de cette malédiction..."

Elle poursuivit sa route, un pas après l'autre. De temps à autre, elle se retournait et scrutait l'horizon pour guetter l'arrivée d'itinérants inopportuns.

Le soleil atteint son apogée dans le ciel où couraient quelques nuages grisâtres annonciateurs de pluie. Azmin fit halte au pied du talus qui bordait le chemin de terre et s'assit dans la mousse humide. Elle se coupa une tranche du pain brioché et l'avala goulûment ; elle se trouvait désormais à une vingtaine de kilomètres de son village et plus le temps passait, plus ses chances d'être retrouvée s'amenuisaient. Cette pensée ôtait un poids de sa poitrine et lui redonnait de l'appétit, qu'elle avait d'ordinaire assez bon.

Le grondement sourd d'un cours d'eau attira son attention. Elle se leva, ramassa son sac et s'éloigna du chemin pour voir ce dont il s'agissait, intriguée. Elle avait déjà emprunté cette route mais n'avait pas souvenir d'avoir entendu de son.

À quelques mètres du chemin, dissimulé par la végétation dense du sous-bois, un torrent cascadait depuis le sommet d'un rocher. La pierre taillée en forme de flèche se dressait au centre d'un cercle de petits monticules de galets blancs ; ce lieu avait manifestement été fait de main d'homme. De l'eau jaillissait vivement de la roche claire et coulait dans un petit étang limpide, dont la surface miroitante et d'une pureté surnaturelle avait quelque chose de fascinant. Des iris colorées fleurissaient sur ses berges, malgré le froid de l'hiver qui commençait à s'installer ; Azmin s'interrogea sur la raison de la présence de ces fleurs à cette époque de l'année. Mais ce lieu n'était pas une source ordinaire, elle aurait pu en jurer. Elle sentait l'aura magique qui l'imprégnait dans toutes les fibres de son être.

Le rocher et le petit bassin semblaient être enfermés dans une bulle intemporelle, où les saisons n'avaient pas de prise. À la fois émerveillée et repoussée par l'eau claire, la pierre enchantée et les fleurs parfumées, Azmin se figea au bord de ce qu'elle sentait être la lisière de la sphère d'action de la magie.

Soudain, elle entendit des cris, des bruits de pas dans les fourrés non loin du chemin. Glacée d'effroi, Azmin reconnut la voix des villageois de Nam qui parlaient d'elle entre eux.

— C'est qu'elle est allée loin, cette damnée imura !

— À l'heure qu'il est, elle a dû s'arrêter pour se reposer. Nous devrions la rattraper rapidement.

Azmin jeta un coup d'œil au soleil, stupéfaite que ses poursuivants aient déjà fait autant de chemin. Elle étouffa un cri : quatre heures avaient passé depuis qu'elle était arrivée à la source !

Les pas se rapprochaient dangereusement. Sans hésiter, Azmin franchit le frontière enchantée formée par le cercle de galets et courut vers le rocher. Juste derrière la cascade, elle découvrit une petite cavité dans la pierre, suffisamment grande pour qu'elle puisse s'y glisser en se tassant bien. Roulée en boule dans la grotte humide, elle attendit que les bruits assourdis par le grondement du torrent s'éloignent d'elle, le cœur battant.

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