Titre du chapitre ? J'ai pas de titre pour ce chapitre, laisse-moi tranquille !

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Je m’emmerde.

Quoi ? Je ne vais pas vous le dire autrement, je m’emmerde. Et d’abord vous êtes qui ? À qui je parle, hein ? À personne, bonne réponse. Je suis le dieu omniscient, omnipotent — j’ai vraiment inventé des mots débiles — je suis censé pouvoir tout créer pour me divertir, mais non, l’ennui total. Alors une petite crise de schizophrénie, qui va me la reprocher, j’vous le demande ? Ah, ben non, vous ne pouvez pas me répondre, vous ne m’entendez pas. Et tant mieux, la dernière fois qu’un gus a fait mine d’avoir chopé ma parole, des potes à lui l’ont cloué sur une porte de grange, ou à un mât, on s’en fout — alors que je ne parle pas, soyons clairs là-dessus, en tout cas pas à une merdouille d’agglomérat de protéines avec un colon encrassé dans le désert d’une planète dont je ne me rappelle même plus la localisation —.

Et ce temps qui ne passe pas. Je viens de me faire une petite sieste, en me disant que ça serait toujours ça de pris, ni vu ni connu. Résultat : que dalle. Je me réveille et tout est pareil. Il y a bien quelques bouts de cailloux qui ont fait le tour de leur étoile respective plusieurs milliers de fois, mais regardez-moi ces galaxies qui se traînent comme des gros culs de feignasses sur les matelas d’une plage privée. Oui, je sais ce que c’est qu’une plage privée. Il y a en a sur toutes les planètes qui ont développé une forme de vie qui se dit elle-même intelligente. Je dis : pathétique. Alors je vous le résume en quelques mots, être une forme de vie intelligente c’est bouffer autant qu’on peut, baiser tout ce qui bouge, ou alors interdire de baiser parce qu’on est trop moche, ou qu’on porte des toges et qu’on a inventé une religion ; c’est accumuler tout ce qui traîne, et se prélasser sans rien faire à côté d’une étendue de flotte naturelle ou artificielle. Voilà. Ça se bastonne un peu, ça se rabiboche, mais dans l’ensemble ça bouffe, baise, chie — j’avais omis ce détail — et meurt.

Dans quelques endroits de mon cosmos, j’en ai qui cherchent à savoir d’où ils viennent. C’est une totale perte de temps, ils meurent tous avant d’avoir trouvé. Ils mourront tous de toute façon, ça va bien s’arrêter cette comédie. Ils mourront et ne pourront rien y faire, quel que soit le savoir qu’ils auront accumulé, quelles que soient les découvertes qu’ils auront faites. Et moi je pourrai tout recommencer.

Ce n’est quand même pas juste de devoir attendre que tout s’arrête pour pouvoir m’y remettre. Si c’est moi l’alpha et l’oméga du bordel, pourquoi est-ce que je ne peux pas dicter mes propres règles ? HEY ! JE VEUX RELANCER LA PARTIE ! Personne n’entend, je n’ai pas de voix de toute façon. Et s’il y a quelqu’un alors je ne suis moi-même peut-être pas le tout et l’unique dans tout ça. Mince. Je n’y avais jamais pensé, comme quoi, une petite sieste, ça remet les idées au clair. Bon sang, si ça se trouve il y a un « dehors » de ce machin-là, mais comment y accéder ? Je ne vois rien avec toutes ces galaxies qui tournent dans tous les sens. Ah ça, pour se magner de se percuter, il n’y a personne, mais pour me boucher la vue c’est la fanfare des casse-couilles. Changeons d’angle. Non, rien.

Je vais faire un peu de rangement dans tout ce merdier, ça va peut-être aider. Alors d’abord un coup de balai sur tous ces nuages de gaz, non mais c’est vrai, ça ne sert à rien et ça encombre. Voilà. Ensuite les galaxies bien alignées, par tailles, couleurs et formes. Aïe ! Un trou noir. Ça pique cette saloperie, même si je n’ai pas de doigts. Ça pique l’idée que je me fais des doigts que je pourrais avoir. Si vous saviez toutes les formes de vie que j’ai pu voir. Vous me croirez si vous voulez, mais la plupart avaient des doigts, mais les plus débrouillardes restent celles qui ont des tentacules même si ce sont les plus gluantes aussi.

Alors, voyons. Les galaxies, les nuages de gaz, les trous noirs, oui, tout ça m’a l’air plutôt en ordre. Ah non, il en reste une là-bas en forme de spirale, viens par ici pupuce. Eh ! Mais c’est dans celle-ci que tournoie la planète qui a vu naître le plus de tarés qui ont voulu créer des religions pour me vouer un culte. C’est très flatteur, mais ils auraient mieux fait de chercher des vaccins et de profiter du peu de temps qu’ils ont pour passer de bons moments, plutôt que d’écrire des bouquins débiles qui les font s’entredéchirer. Est-ce que j’en écris moi, des bouquins ? Non. Je devrais peut-être. Enfin. Tenez, je vais la ranger tout au-dessus des autres. Enfin ça ressemble à quelque chose. Une jolie petite pyramide de galaxies.

C’est quoi ce bruit ?

Et cette lumière aveuglante. Attendez, il y a marqué quoi en rouge vif dans le fond là-bas :

NOMBRE DE FORMES DE VIES RESTANTES : 0 — RECALÉ

— Bonjour.

— Bonjour, mais vous êtes qui vous ?

— Alors, ça va être long à vous expliquer comme ça, mais en gros vous avez raté votre examen.

— Quel examen ?

— On va passer vous chercher, tout ce que je peux vous dire c’est qu’il ne faut pas secouer comme ça les petites boîtes avec les machins organiques dedans, elles n’aiment pas trop.

— Quoi ? Mais j’ai juste rangé un peu.

— Ils disent tous ça. Suivant !

— Alors je fais quoi maintenant ?

— Vous attendez qu’on vienne vous chercher, ah ! Voilà le service de ramassage.

— Oui, bonjour, c’est ici que vous avez un échec ?

— Oui, c’est lui en bas. Allez. Suivant !

— Bonjour, nous sommes les ramasseurs, veuillez nous suivre.

— Mais non.

— Ne faites pas d’histoire, allez suivez-nous, et entre nous, la petite sieste, c’était limite. Vous auriez mieux fait de rester concentré.

— Eh ! Regarder les lettres rouges, ça veut dire quoi ?

ÉPREUVE FINALE D’EXAMEN DE DÉIFICATION — REMISE À ZÉRO — CANDIDAT SUIVANT.

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