Chapitre 40. Suivi de l’enquête.

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— Qui ça ? Sa sœur ?

Louis était étonné par l’appel de l’inspecteur Lays.

— Oui, elle voudrait prendre contact avec vous deux pour pouvoir comprendre ce qu’il s’est passé pour Ambre. Enfin, c’est ce qu’elle dit.

— Mais… Vous lui avez déjà parlé ? Elle vous a appris des choses sur Ambre ?

— Oui, certaines circonstances de son enfance et de son adolescence qui pourraient très bien être reprises par son avocat comme circonstances atténuantes ou pour plaider le « moment de folie ».

Louis ne sut que répondre, Lays continua,

— Personnellement, je vous conseille de prendre contact avec elle, elle est demandeuse et, surtout, elle ne défend pas sa sœur, que du contraire, elle fuit sa sœur.

Un détail revint à la mémoire de Louis,

— Oh… Mais, dites-moi, elle n’habite pas à Londres ? Ambre m’avait parlé d’une sœur en Angleterre.

— Effectivement, c’est bien là qu’elle réside. Je vous donne son adresse mail ?

— Euh… Oui, donnez toujours, j’en parlerais avec Rachel ce soir.

Louis raccrocha, dubitatif, qu’allaient-ils bien faire de cette information ?

Le soir même, il mit Rachel au courant, autant lui était sceptique, autant Rachel s’en montra, elle, soucieuse.

— Mais attends Rachel, je ne vois pas pourquoi nous devrions obligatoirement la rencontrer ?

— Tu ne vois pas ? Moi oui, je veux savoir si elle compte faire pleurer dans les chaumières pendant son procès ! Attends, si elle a la moindre chance de pouvoir diminuer sa peine, je veux être au courant avant… Pas pendant le procès !

Elle sentit la colère monter en elle, ainsi que des larmes qui lui brouillèrent la vue. Elle s’arrêta et regarda Louis qui se rapprocha pour la prendre dans ses bras. Elle tenta d’expliquer ce qu’elle ressentait.

— Je suis désolée… Je ne sais pas ce qu’il me prend… Enfin, oui, je sais, je n’ai pas envie qu’elle s’en sorte, quoi qu’elle ait vécu, ce qu’elle m’a fait, elle doit le payer !

Dans le but de l’apaiser, il lui proposa,

— Je vais prendre contact avec elle si tu veux. J’essayerais de savoir ce qui est si perturbant dans ce qu’elle a vécu et qui pourrait se révéler être une circonstance atténuante.

Vivement, elle lui répondit,

— Non Louis, je veux lui écrire, moi… Lays t’as dit qu’elle me soutenait, j’aimerais savoir en quoi et comment.

— Ok, je comprends, mais on rédige ensemble, ça te va ?

— T’as peur que je dérape ?

— Non, je veux être présent, avec toi, pour te soutenir.

Elle ferma les yeux et se colla à lui, il la serra plus fort dans ses bras.

Après s’être calmée, Rachel réfléchi au contenu possible du message qu’ils allaient devoir envoyer et rangea la vaisselle dans le lave-vaisselle pendant que Louis mit les jumeaux au lit.

Louis étant toujours occupé avec Clément qui résistait à la mise au lit, Rachel s’installa devant le PC portable du couple et commença à rédiger un message.

Bonjour Mme Adams,

L’inspecteur Lays nous a transmis vos coordonnées, vous dites vouloir entrer en contact avec nous, j’aimerais effectivement connaître ce qui vous motive en ce sens.

C’est votre sœur qui est actuellement en prison pour m’avoir séquestrée et agressée dans le but d’obtenir les faveurs sexuelles de mon époux, qui s’avère être l’un de ses anciens amants.

Notez, qu’avant d’organiser mon kidnapping, elle s’est aussi arrangée pour tenter d’empoisonner deux de nos enfants et saccager notre appartement pendant que nous étions aux urgences avec les petits.

J’ai donc vraiment du mal à imaginer qu’elle puisse avoir des circonstances atténuantes face à la cruauté de ses actes.

Rachel envoya le mail et rejoignit Louis pour l’aider avec les enfants.

— Houlà, il se passe quoi ici ?

— Clément ne veut pas se coucher et entraîne son frère à résister ! Et il n’a pas bu son biberon du soir.

— Bon, petite séance tétée je crois… Ils en veulent encore, moi qui comptais arrêter à six mois, je suis loin du compte, j’en suis presque à un an !

— Ah, moi, je suis toujours pour… Tu le sais bien.

— Oui, je le sais bien, Louis.

Elle gloussa puis s’installa sur une chaise, fit un clin d’œil à Louis et lui envoya un bisou en soufflant sur sa main puis mit Clément au sein, qui se calma presque instantanément.

Louis écarquilla les yeux et dit,

— Ah ben voilà, c’est ça qu’il voulait ! Mince alors…

— Et oui, et là, tu n’as pas ce qu’il faut où il faut !

Elle rit franchement. Louis prit Adrien dans ses bras, mais ce dernier rechigna, il voulait être par terre.

Les jumeaux s’essayaient tous deux à la marche, mais n’étaient pas encore au point, Maddy les traitait de « bébés » en rigolant lorsqu’elle les voyait tenter de se maintenir debout puis retomber sur leur séant.

Clément repu, bailla et se frotta les yeux… Il était prêt pour filer dans les bras de Morphée. Adrien voulu aussi être allaité, malgré son biberon englouti il y avait moins d’une heure… Un petit rituel avant l’endormissement qui le préparera à passer une bonne nuit, un rituel auquel Rachel se prêtait avec beaucoup d’affection.

Louis massa les épaules de Rachel alors qu’elle terminait avec Adrien.

— Dis-moi, Louis, Maddy dort ?

— Oui, elle dort, en étranglant Frog, comme d’habitude.

— Tant mieux.

Elle se leva pour déposer Adrien dans son lit puis enlaça Louis en soupirant, puis lui chuchota.

— J’ai envoyé un mail à Mme Adams

Il tenta de chuchoter, mais sans succès.

— Quoi ?

— Viens, on sort de la chambre…

Une fois la porte fermée, il lui dit, un peu irrité,

— Mais pourquoi ne m’as-tu pas attendu, Rachel ?

— Je ne pouvais pas attendre, Louis.

Il soupira ; il voulait être présent, mais se fit à l’idée,

— De toute façon, c’est fait … J’espère qu’elle va répondre. Tu l’as envoyé de ton adresse mail ?

— Non, de notre adresse commune.

— Ah, ok… C’est déjà ça, j’y aurais accès aussi.

— C’est bien pour cela que je l’ai envoyé depuis l’adresse commune, mon amour.

— Bon, allez, je vais lire ce que tu as envoyé.

Il lui chatouilla la taille puis s’installa devant le PC, Rachel lui proposa de prendre un verre de vin avec elle, lui prétextant que d’ici à demain, il n’y en aurait plus trace dans son lait maternel.

En ouvrant la boite mail, Louis fut saisi, Mme Adams avait répondu.

— Rachel ! Viens !

— J’arrive, je remplis les verres.

En revenant, elle vit qu’il trépignait devant l’écran, elle l’interpella,

— Quoi ? Mes tournures de phrases ne te plaisent pas, loulou ?

— Non, ce n’est pas ça… Elle a répondu !

Rachel resta bouche bée… Elle ne s’attendait pas à une réponse aussi rapide.

— Ah… Et ?

— Je n’ai pas encore cliqué pour ouvrir, je t’attendais.

Rachel déposa les verres sur la table et se plaça derrière Louis, en l’entourant de ses bras. Elle déposa un baiser dans son cou et lui dit,

— Vas-y, ouvre ce mail.

Il cliqua et ils découvrirent la réponse suivante ;

Mme Leblanc,

Vous me voyez désolée de ce qui vous est arrivé, à vous, votre mari et vos enfants.

J’ai effectivement proposé à l’inspecteur Lays d’entrer en contact avec vous, connaissant ma sœur et le fait qu’elle tentera tout pour éviter d’assumer les faits qu’elle a commis.

Je la connais hélas depuis ma naissance et sais très bien de quoi elle est capable lorsqu’elle a une idée en tête.

Il ne m’est actuellement pas possible de quitter Londres, pour raison familiale.

Vous expliquez la situation d’Ambre via mail me semble compliqué, je vous proposerais bien de vous contacter via une application comme skype, mais je ne sais pas si vous êtes en phase avec ce genre de chose.

Sinon, je pourrais aussi vous proposer de vous rencontrer, à Londres, mais je comprends bien qu’il s’agit là d’un voyage qui ne s’avère pas évident à organiser avec des enfants en bas-âge.

Si vous avez des questions précises, je pourrais déjà vous répondre par mail.

Flore Adams.

Rachel posa sa tête contre celle de Louis, resserra son étreinte et lui proposa,

— Tu n’aurais pas quelques jours de congé à prendre encore cette année ?

— Bah, je dois vérifier, j’ai placé mes congés pour les fêtes de fin d’année, mais je crois qu’il doit me rester deux ou trois jours… Tu as envie d’aller à Londres ?

Elle prit une grande inspiration puis, avec un grand sourire,

— J’ai envie d’en avoir le cœur net… Et de fêter nos noces de coton à Londres !

— D’une pierre deux coups… Je te reconnais bien là, Rachel.

— J’ai encore quelques jours à placer, moi aussi. On regarde les hôtels et le transport ?

— Yes, comme cela chacun de nous pourra bloquer les dates au boulot et nous pourrons réserver sans surprise.

— Tu es déjà allé à Londres, Louis ?

— Oui, et toi ?

— Oui, aussi… Ça va nous ne serons pas en terrain inconnu là-bas.

La soirée fut émaillée de leur souvenirs au pays du fish & chips.

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