Chapitre 5

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Les corps avaient été emmenés pour l’autopsie. Belinda, elle, était en salle d’interrogatoire au FBI.  Le directeur Allen n’avait pas trop apprécié son comportement sur la scène de crime, pourtant elle n’avait rien compromis. Elle trouvait que  tout cela était une immense perte de temps. Allen essayait de la faire avouer le crime ou bien son implication.


-Savez-vous où se trouve l’agent Coop ?

-Non, mais je vous ai déjà dit que la personne qui me harcèle au téléphone, si .

-Qu’est ce qui me dit que vous n’inventez pas cette tierce personne ?

-Oh je vous en prie, prenez mon téléphone, regardez l’heure des appels, ne soyez pas si stupide.

-Insultez un directeur du FBI ne va pas arranger vos affaires mademoiselle Coop.

-Puis-je savoir de quoi on m’accuse au juste ? J’ai tout fait dans les règles de l’art.

-Les règles de l’art hmm....


Allan tapa du poing sur la table avant de reprendre.


-Justement il est ici le problème, vous me parlez de votre frère qui a été kidnappé selon vous et vous n’êtes pas le moins du monde envahie par les émotions, vous auriez dû vous agiter, fouiller son appartement, devenir complètement folle, vous arracher les cheveux, compromettre des preuves sans le faire exprès…agir en humaine.

Cette fois s’en fut trop pour la jeune femme :

-Insinuez-vous que je n’éprouve rien, que je n’aime pas mon frère ? Que je me fiche de sa vie ou de sa mort ?

-Tout à fait ! Lança Allen qui voulait pousser à bout la criminologue pour qu’elle fende sa carapace.De plus, ça pourrait être votre vengeance. Il vous a bien laissé tomber lui quand vous étiez harcelée et qu’on vous a violé, il a bien refusé de vous croire, au lieu de vous protéger vous. Il n’a pas tenu son rôle de grand frère.


A ce souvenir douloureux, Belinda ne put se contenir plus longtemps et envoya une belle gifle au visage du directeur,  elle sentait la colère l’envahir, l’enivrer ; elle qui faisait tout pour ne pas céder aux pulsions les plus malsaines, elle n’avait qu’une envie en ce moment c’était d’étrangler ce type. 

-Bien…dit Allen en se frottant la joue. Je suis content de voir que vous pouvez ressentir une émotion.

-Je vais vous dire une bonne chose, monsieur l’adjoint…Oui j’en ai voulu à mon frère, je lui en veux encore, au point que quand je suis arrivé à son appartement, je voulais juste le sermonner parce qu’il s’était mis à boire et ne pas du tout lui parler de la personne qui m’avait passé ce coup de fil. Après tout, il ne m’avait pas cru quand je lui disais être harcelée sexuellement pourquoi me croirait-t-il  plus si je lui disais qu’une personne en voulait à sa vie ? Je suis allée à l’appartement, juste pour vérifier qu’il était là et j’avais l’intention d’en repartir directement après. Mais voilà, il n’était pas là et il y avait cette scène de crime…

-Cela ne vous a pas beaucoup choqué apparemment.

-Des scènes de crimes j’en vois tous les jours. Donc non ça ne m’a pas choqué. Je suis navrée de vous l’apprendre mais voir ce genre de choses c’est tellement mon quotidien que c’est devenu une chose banale, je ne peux pas me permettre de m’émouvoir dès que je vois le bazar ou un cadavre, je deviendrais totalement névrosée sinon.

-Mais il s’agit de l’appartement de votre frère bordel ! Ça ne vous fait rien !

-Avant de tirer moult plan sur la comète, il s’agit de l’appartement de fonction que vous lui avez donné dans le cadre d’une mission sous couverture, pas de son véritable appartement. Combien de fois a-t-on retrouvé des appartements de fonction saccagés ? Des dizaines et des dizaines de fois. Combien de fois a-t-on était proche des crimes dans ces appartements car un individu grillant une couverture avait suivi l’un de nos agents ? Des dizaines de fois aussi. Alors, avec tout le respect que je vous dois Monsieur Allen, les probabilités qu’un jour il y ait un meurtre de commis dans un de ces appartements devenaient de plus en plus grande. Vous avez une grande défaillance au niveau de la sécurité.

-Je veux bien Mademoiselle Coop , ça se tient, mais vous oubliez une petite chose. Votre frère ne figure pas parmi les deux victimes de ce meurtre. Il est porté disparu. Il pourrait tout aussi bien avoir tué cette femme et cet enfant.

-C’est en effet une des possibilités. Mais c’est à mettre au conditionnel.

-Croyez-vous votre frère capable de commettre un meurtre ?

-Qui peut dire qui est capable de quoi ? Je suis criminologue, je vois toutes sortes de crimes de la vengeance au crime passionnel, du volontaire à l’involontaire, tout dépend de l’état psychologique de la personne à un moment donné, de l’équilibre ou du manque d’équilibre qu’elle a dans sa vie , de son entourage, ainsi que des déséquilibres mentales ou maladie mentale qui peuvent avoir un facteur ou un événement déclencheur.

-Vous connaissez votre frère, donc je réitère ma question : le croyez-vous capable de commettre un meurtre ?


Belinda redoutait cette question. Pour elle, tout le monde était capable de commettre un meurtre et encore plus ceux qui y faisaient face tous les jours. Elle tressaillit en pensant que oui son frère avait pu péter une durite psychologiquement, ou tuer quelqu’un en légitime défense mais même dans ce cas, ça ne justifiait pas la victime qui était un enfant et en plus elle avait évoqué  stupidement au cours de l’interrogatoire le fait qu’il buvait. Pour la  première fois depuis qu’elle avait commencé ce métier, elle prit la décision de mentir effrontément :

-Non. Il préférerait mourir pour protéger un innocent.


Allen lui sourit et ajouta avant de la laisser partir : 

-De toute façon quelqu'un l'a kidnappé non? Allons trouver de qui il s'agit.




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