Chapitre 18

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"Be enough, for yourself first. The rest of the world can wait."

- fw

Lukas:

La sonnerie retentit. Nous ramassons nos affaires. J'arpente la classe à grands pas, la main de Lindsay enfouie dans la mienne, nous traversons les couloirs sous les regards dérangeants des autres. Je sens vite que Lindsay est mal-à-l'aise.

— Jayden et Brenda nous attendent à la cantine je crois... Je les ais vu nous dépasser. Dis-je pour casser un peu le silence pesant.

Lindsay hoche la tête, toujours aussi muette, elle n'avait prononcé qu'une phrase depuis tout à l'heure.

Nous arrivons à la cantine. Lindsay et moi prenons un plateau, le garnissons d'un peu de nourriture avant de rejoindre nos deux amis qui nous faisaient signe de loin.

Brenda serre Lindsay dans ses bras et lui demande de tout lui raconter. Lindsay décide de parler un peu à son amie.

Jayden les regarde et dit :

— Ah, les femmes...

Je pouffe de rire en regardant Lindsay raconter, je ne touche presque pas à mon plateau, je l'admire juste raconter ces événements qui ont sûrement dû la marquer.

Jayden me fait redescendre sur terre :

— Tiens, le lâche vient manger on dirait.

Il désigne Bradyn du visage et je l'aperçois, nos yeux se croisent, puis je le fusille du regard quand je le vois s'approcher de notre table, Kendra derrière lui, décoiffée et le mascaras coulant. Elle a pleuré...

Il pose sa main sur l'épaule de Lindsay une AUTRE fois ce qui me fait virer au rouge, je perd carrément le contôle et hurle en tapant sur la table ce qui fait trembler les couverts :

— Ne t'avises plus de la toucher Bradyn ! Elle est à moi tu comprends ça ?! C'est ma blonde !

Les mots sont sortis seuls, sans que j'aie à penser, ni à réfléchir. C'était bizarre puisque Lindsay est juste ma petite protégée enfin.... Comment ai-je pu dire une connerie pareille ?!

Les regards de tout les gens de la cantine sont désormais braqués sur moi. Lindsay me regarde avec une certaine incompréhension, mais un petit sourire illumine son beau visage, un sourire rassuré. Bradyn me sort une phrase qui a eu le plaisir de me mettre hors de moi une seconde fois :

— Comment ça ta blonde ? Lindsay me dit pas que t'as tourné la page en une heure ?!

Mes poings commencent sérieusement à me démanger. Je me lève, prends Bradyn par son col et le plaque contre le mur :

— Crois moi man, Je ne plaisante pas.

Bradyn tient mon bras, les yeux noyés dans la terreur. Il me supplie du regarde de le lâcher, car j'ai vraiment la rage et j'ai vraiment l'air d'un monstre, Jayden se précipite m'attrape l'épaule :

— Calme-toi Lukas et lâche-le maintenant.
Je le relâche et lui crache :

— Pff, poule mouillée.

Il me regarde une dernière fois, prend son blason qu'il a fait tombé auparavant et disparaît. Kendra reste plantée là, je la regarde et lui jette à la gueule :

— Moi, je n'ai pas de respect envers les lâches comme toi et ce tas de graisse. Je ne me gênerai pas de frapper une fille j'te jure et tu ne me connais pas Miss Pouffe. Maintenant dégage.

Elle me regarde l'air terrorisée avant de disparaître dans les pas de Bradyn. Je me retourne essouflé, tous les élèves me regardent, je grimace et reprend ma place. Lindsay est toujours bouche-bée. Elle n'arrive pas à réaliser ce qui vient de se produire sous ses yeux. Je croise les bras et lui sourit comme si de rien n'était :

— Maintenant, ils viendront plus jamais te déranger, poupée.

Lindsay ne me lâche toujours pas du regard, elle se lève, s'avance vers moi sans prononcer mot, puis enroule ses bras autour de mon cou et appuie sa tête contre la mienne et laisse quelques larmes couler en murmurant :

— Merci Lukas... Merci...

Je la serre à mon tour et lui sourit :

— C'est le moins que je puisse faire, Lindsay.

Elle s'asseoit et reste ainsi pendant toute la cantine. Nous en ressortons une demi-heure plus tard puis allons en classe d'Espagnol. Je n'en ai vraiment pas envie mais je suis obligé et puis je n'ai pas envie de mettre Lindsay mal-à-l'aise.

Après le choc qu'elle vient de recevoir, je pense qu'elle est de plus en plus fragile. Donc il ne faut pas la brusquer.

La prof nous invite à rentrer tandis que je prends place à côté de ma Lindsay. Elle commence son cours et je la regarde :

— Bien, hoy vamos a comenzar un nuevo capítulo en lecciones de gramática ... (Bon, aujourd'hui, nous allons entamer une nouveau chapitre des leçons de grammaire....)

Dès qu'elle ouvre la bouche, mes yeux commencent à se fermer tout seuls et je baille. Elle le remarque :

— Mon cours n'a donc pas l'air de vous intéresse monsieur Stallone ?

Je redescends sur terre :

— Euh... Si ?

— Alors, comment se fait-il que vous baillez ?

— Juste un peu fatigué c'est tout madame....

Une élève se lève :

— C'esr vrai madame ! Il a été génial à la cantine tout à l'heure ! Quelqu'un embêtait Lindsay Parker et il a prit sa défense ! Dit-il en dévisageant Bradyn, puis en me regardant avec admiration.

— Oh, eh bien je pense que votre camarade n'a aucun problème à venir nous raconter son exploit, ici sur l'estrade, en espagnol évidemment. Dit la prof en baissant ses lunettes sur son nez et en me fixant de ses petits yeux verts.

Elle me cherche et va me trouver. Elle a clairement envie de m'humilier devant tout le monde, mais j'ai l'intention de lui faire regretter.

Je me lève, Lindsay est perplexe mais je lui souris en lui faisant comprendre que je gère la situation.

Je me présente sur l'estrade, prends une grande inspiration avant de commencer :

— Bien ... Todos... Todos seguramente asistieron a mi hazaña, en la cantina. Pero para mí, no es una hazaña como lo llamas tan bien. Defender a una amiga, una hermana, una niña simplemente no es un logro. Es simplemente un acto humano. Además de eso, Lindsay es ... Un poco de todo para mí, esta pequeña cosa que ilumina mi vida diaria todos los días. Entonces nadie tiene derecho a tocarlo. Nadie tiene derecho a dañarlo. Ni a ella ni a otra. Espero que la gente tenga ahora, aunque solo sea un poco de huanismo en su corazón de piedra. (Trad : Bah... Tout le monde a sûrement assisté à mon exploit, à la cantine. Mais pour moi, ce n'est pas un exploit comme vous l'appelez si bien. Moi, défendre une amie, une soeur, une fille tout simplement, n'a rien d'un exploit. C'est un acte humain, tout simplement. En plus de ça, Lindsay est... Un peu tout pour moi, cette petite chose qui chaque jour illumine mon quotidien. Donc personne n'a le droit de la toucher. Personne n'a le droit de lui faire du mal. Ni à elle, ni à une autre. J'espère que les gens auront désormais, ne serai-ce qu'un tout petit peu d'huanisme dans leur coeur de pierre.)

Je ferme les yeux, et, en une fraction de seconde les gens commencent à applaudir, la prof reste pantoise, et applaudit aussi.

Mon regard croise celui de Lindsay, cette dernière a la main plaquée sur sa bouche, et les yeux innondés de larmes.

J'accoure vers elle et sèche ses beaux yeux :

— Oh non, je n'ai pas dit ça pour te faire pleurer ! Lindsay je t'en supplie arrête !

Les élèves applaudissent de plus belle tandis que je dépose un baiser sur le front de Lindsay avant de la serrer dans mes bras, plus fort que tout.

Les sifflements se propagent, la prof a les larmes aux yeux, les élèves applaudissent et me tapent sur le dos.
La leçon se transforme vite en une sorte de célébration, on rassure Lindsay, on me félicite, la prof me serre dans ses bras me disant qu'elle ne croyait pas que j'aie un talent fou comme celui que je viens de montrer et aussi toute cette bravoure.

Tout le monde m'admire, je regarde Lindsay que je n'ai toujours pas lâché, elle se blottit contre moi et me dit :

— Je ne sais pas ce que je ferais sans toi, Lukas. Merci...

Je l'embrasse sur la tête et souris tandis que les autres acclament mon nom, et celui de Lindsay.

Pas si mal l'Espagnol, tout compte fait, si ça peut réchauffer les coeurs, comme ce que je viens de faire...

à suivre...


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J'écris ce texte suite à une révélation qui m'est apparue il y a quelques instants. Je ne sais pas pourquoi je souhaite le mettre à l'écrit.
Partons de l'hypothèse que tout ce que nous sommes actuellement en cet instant est ce que nous voulons. Rien de ce qui fait partie de notre environnement, de nos sentiments ou de nos pensées ne diverge de notre volonté. Nous sommes en accord avec ce qui nous arrive en ce moment.
C'est une hypothèse que j’énonce mais je ne peux dire que j'en suis totalement convaincu. Néanmoins j'ai l'intuition qu'en partant de cette hypothèse je peux m'approcher de son intégration.
Le principe d'une hypothèse c'est de faire semblant qu'on y croit jusqu’à peu-être par la suite douter qu'il s'agit d'une imposture et remettre alors en question la croyance de base.
Qu'est-ce que le désir ? Je ne saurais y répondre mais la révélation que j'ai eu ce matin est que le désir n'est pas de vouloir une chose mais de vouloir la vouloir. Dans le désir on ne souhaite pas avoir une chose, on souhaite être détaché de cell-ci afin de pouvoir la vouloir. Comment pourrai-on désirer ce que l'on a déjà ?
Pour s'en rendre compte on peut se demander si on serait prêt à se détacher d'un désir. Bien sûr si je vous donne l'objet de votre désir vous seriez prêt à me dire que vous y renonceriez.
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Non, ma question n'est pas de savoir si vous pouvez vous détacher d'un désir en en dégustant le fruit mais justement en renonçant à celu-ci.
Pouvez vous abandonner un désir avant de le réaliser ? Pour un petit désir futile vous seriez peut-être amusé de me répondre que vous en êtes capable. Mais je parle bien de ces désirs qui vous reviennent chaque jours. Pourriez vous les laisser de coté et renoncer à savoir si vous auriez fini par les réaliser ?
Sans avoir à formuler de réponse vous comprenez déjà que c'est impossible. On ne peut renoncer à un désir. Tout simplement car nous sommes attachés à celui ci. En fait nous voulons ce désir.
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Voici ce qui fait qu'il ne se réalise pas.
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Je vous propose pour rompre ce cercle vicieux de changer de perspective. Le simple fait de se rendre compte que l'on ne souhaite pas l'objet d'un désir mais le désir en lui même peut suffire a rompre ce cercle.
Mais pourquoi alors nous désirons ? Somme nous masochiste ? Pour désirer une chose il faut la rendre désirable. Pour la rendre désirable il faut qu'elle soit détachée de nous. Hors si nous revenons à notre hypothèse de départ. Tout ce dont nous faisons l’expérience actuellement est ce que nous voulons. Dans ce cadre rien n'est désirable puisque tout est déjà la.
Nous créons donc une séparation virtuelle entre ce que nous avons et ce que nous voulons.
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C'est un peu la même chose. On se détache de nos possessions pour apprécier le sentiment de leur récupération.
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Alors ou se trouve l'incohérence ? Pourquoi les désirs ne sont pas tous amusants ? Cela est sûrement dû au fait que l'on oublie qu'il s'agit d'un jeu. Lorsqu'on oublie qu'on joue on prend les choses à cœur et on fini par s’énerver. C'est le cas dans nombre des jeux et jeux vidéo auquel nous jouons.
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Il s'agit peut-être ici d'un étirement de vos croyance pour lequel vous n’êtes pas assez souple et je ne peux me targuer de l’être complément moi même mais je le rappel tout part d'une hypothèse. Il n'est nul besoin de me croire, il s'agit juste de remettre ces croyances en question. Vous ferez vos conclusions vous même.
Plus le vide que nous avons évoqué plus haut est important plus grande seràit la satisfaction de le combler. Une façon d'agrandir ce vide est donc de le rendre réaliste et par conséquent oublier qu'il n'existe à l'origine pas.
Prenons maintenant le raisonnement inverse. L'un des grands désir de l'humain est celui de recevoir l'amour. Sans évoquer toutes les manifestions possibles de ce désir et de ses variantes je pense que chacun s'imagine sons désir d'amour.
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Non la source de l'amour devrait être intarissable pour que nous soyons comblé n'est-ce pas ? Au moins jusqu’à notre mort.
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Vous me voyez peut-être venir. La source idéale de l'amour, la seule qui saurait combler son désir devrait se trouver en nous.
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Nous ne saurions être satisfait d'un amour que ne nous serait totalement intégré maintenant. Hors cela n'est possible que si cet amour est déjà là. Mais nous nous pouvons avoir de désir pour une chose qui est là
Ce désir est une illusion qui semble nous détourner de l'amour déjà présent comme si nous nous regardions à travers le retour d'une caméra qui nous filme en désirant être celui que nous observons.
bisous
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Caro Tllc


Aargh… Qui est-ce qui a allumé la lumière ?
Je sers les paupières et retente une sortie ophtalmique. Aïe… C’est toujours aussi douloureux, comme si une espèce de zombie enfonçait ses longs doigts rongés par la pourriture dans mes orbites. Ma substance grise s’agite sous l’attaque et cogne ma boite crânienne au rythme de mes pulsations sanguines.
Je fais un ultime effort pour garder mes yeux ouverts plus de 5 secondes et tente une mise au point de mon environnement immédiat. Hum… Je vois flou d’un œil et les 2 ont l’air d’avoir été se promener à la plage pendant mon absence nocturne. Pfff, j’ai encore oublié d’enlever mes lentilles… Je choisis d’accepter ma borgnitude temporaire et ferme l’œil qui ne sert à rien.
Où est-ce que je suis ? Dans ma position je ne vois pas mon bordel habituel, ni mes culottes sales, ni mon fer à lisser, ni mes barrettes en métal, ni les moutons qui les suivent comme des… ben… moutons. Il y a juste un parquet massif en bois clair qui rejoint une baie vitrée où brûle notre naine jaune. Malgré les 8 minutes et 19 secondes qu’il lui faut pour attendre notre planète, sa lumière est toujours assez forte pour brûler ma seule rétine encore à peu près valide. J’ai mal au crâne et je l’en rends responsable. En toute honnêteté, c’est aussi peut-être un peu la faute de mes amies Tequila et Caipirinha…
Je ne suis pas chez moi, ça s’est acquis. Mais alors, où suis-je ? Je me tourne dans un grognement et vois une masse de cheveux bruns. Je soulève doucement le drap blanc et je bloque, la bouche ouverte et la bave en coin. J’ai devant moi un dos parfaitement musclé et des fesses toutes dorées.
Je reste figée dans mon geste quand tout à coup une de mes synapses paresseuses décide de connecter mes neurones entre elles et mon cerveau s’illumine comme un arbre de Noël. Il ne faut pas qu’il voit ma tête au réveil ! Non, non, ça ne peut pas arriver. Je me redresse aussi vite qu’un diable sorti de sa boite, en mode total panique.
Vite ! Vite ! Où est mon sac ? Je regarde sous le lit. Très mauvaise idée ! Je sens l’acidité de la Canneberge remonter mon œsophage. Beuh… Apparemment, j’ai aussi bu un Cosmopolitan hier soir. De mon œil de pirate, j’aperçois enfin mon sac jeté dans un coin. Comme un bon disciple de l’ergothérapie, je plie mes genoux pour l’attraper. Ils craquent sous ma charge pondérale mais au moins, je ne ressens pas de nouvelles brûlures dans ma trachée.
Le sol de cet appartement n’a vraiment pas l’air droit. Je sais que c’est un problème dans certains vieux immeubles parisiens, mais là, le maître d’œuvre a clairement abusé. Je suis obligée de me tenir contre le mur tout au long de mon périple à la recherche de la salle de bain.
J’arrive enfin dans une jolie pièce où se mêle de la pierre volcanique, du teck et du verre. J’ai l’impression d’avoir été immergée dans une page d’Art & Décoration ; même si, ici aussi, le sol ne semble pas bien droit. Je m’accoude à une des vasques et tend mon visage vers un miroir 2 fois plus grand que moi. Oh, là, là ! Je ressemble à Gollum. J’ai les cheveux en bataille et mes yeux sont aussi terrifiants que ceux d’un lapin albinos. J’ai aussi une trace de bave au coin de la lèvre, que je m’empresse de frotter, et une profonde marque d’oreiller qui part de ma tempe gauche et se prolonge jusqu’à mon menton.
C’est la cata ! Je plonge une main dans mon sac et en sort tout un fatras de choses improbables. Il n’y a pas à dire, je suis la digne héritière de Mary Poppins !
J’en extraie, en vrac : un tampon, une cartouche et un bouchon de stylo à bille (par quel tour de magie ces instruments d’écriture se désagrègent-ils dans le sac des filles ? C’est un mystère sur lequel j’aimerai que la Science se penche un jour).
Je trouve aussi un bout de post-it avec une vieille liste de course pour des légumes et du colin. Encore, un régime qui a duré le temps d’écrire 3 mots.
La main plongée jusqu’au coude, je dégote enfin mes lunettes et en profite pour enlever mes lentilles. Cela ne rendra pas tout de suite sa blancheur à ma conjonctive bulbaire, mais ça me permettra au moins de voir clair.
Je passe mes doigts dans mes cheveux pour essayer de les dompter. Le résultat n’est pas terrible, mais, à présent, je ne devrais plus être confondus avec le Joker.
Je continue à trifouiller mon sac à la recherche de mes lingettes. Victoire ! Il n’en reste plus qu’une, toute desséchée, mais ça devrait suffire à enlever le Kohl qui a bavé sous mes cils. J’en profite pour me la passer sur le reste du corps, les aisselles et le pubis. Ouille… C’était une erreur ! Ça pique ! Ça brûle ! Aïe !
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« Vous êtes trop stressée ma petite dame, m’avait-il dit une fois.
Il faut res-pi-rer. I
ns-pi-rer et ex-pi-rer en prenant con-science de toutes les sen-sa-tions liées à votre res-piration. Ins-pi-rer et ex-pi-rer de plus en plus pro-fondément ».
Sa technique ne m’avait pas ôtée l’envie de le gifler pour lui enlever toute trace de son sourire idiot. Mais aujourd’hui, c’est tout ce que j’avais… A moins bien sûr, que mon Prince Charmant du jour ne cache quelques Ibuprofènes dans ces placards.
Pfff... Rien de rien... Je m’oblige à ins-pi-rer et à ex-pi-rer. Rien à faire, ma migraine est toujours là. Je souris face au miroir, mais ce goujat me renvoie un sourire grimaçant et fait ressortir les pâtes d’oie au coin de mes yeux. Ce n'est pas la peine que je lui demande qui est la plus belle en ce Royaume.
Comme je ne peux rien faire de plus pour le moment, je décide de rejoindre mon bel inconnu avant qu’il ne se réveille.
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Sur le chemin de la chambre, j’avise une penderie. Vaut-il mieux que je reste toute nue ou que j’enfile une de ses chemises ou un de ses t-shirts ? Hum... Je vais finalement opter pour la première solution. Il vaut mieux qu’il pense que je suis naturellement *jolie* et *fraîche* dès le réveil. Oui, il vaut mieux le laisser à ses illusions.
Posée d’une façon que j’espère sexy contre le chambranle de la porte, je fais un discret bruit de gorge pour attirer son attention, mais rien. Je donne un coup sur le bois. PAM ! Toujours rien ! Avec un soupir je m’apprête à retourner m’installer contre lui, quand tout à coup, un détail attire mon attention. Je me rapproche de son côté du lit et là, plus de doute.
Oh, pu*ain de bor*el de mer*e !!!
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