Chapitre 32 La décision de Maxou - Partie 2

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À peine sorti, Maxou se rappela qu'il n'avait pas mis de vêtements secs. Il prit son courage à deux mains, serra les dents et remonta son col pour se protéger du froid. Il se dirigea à grandes enjambées vers la maison de Sin fo et Hank. Il traversa le quartier nord en quelques minutes et arriva dans la cour pavée lorsque le troisième soleil s'élevait à l'horizon. Comme la veille, il n'y avait pas de garde à l'entrée. Maxou se demanda furtivement qui était en faction lorsque les djaevels avaient attaqué la ville, et s'il reprendrait son travail un jour.

Maxou traversa la cour verglacée et toqua à la porte. Il patienta quelques instants, et comme personne ne vint lui ouvrir, il frappa une nouvelle fois plus énergiquement. Sans doute Sin fo et Hank n'étaient-ils pas encore levés, et la maison était grande. Maxou dansait d'une jambe à l'autre pour se réchauffer lorsque la porte s'ouvrit enfin, sur une femme d'âge mûr à l'air revêche.

- Oui, fit-elle en le regardant comme s'il était couvert de boue.

- Bonjour, répondit Maxou d'une voix hésitante.

Il se vit recevoir pour toutes réponses un long soupir et un regard pressant.

- Je voudrais voir Sin fo s'il vous plaît.

- Madame Ni est absente.

Sans autre explication, la vieille femme lui ferma la porte au nez. Après être resté hébété quelques secondes, Maxou tambourina à la porte. La femme ouvrit la porte avec un visage encore moins amical, pour autant que ce fût possible.

- Écoutez jeune homme, j'ai du travail et...

- Où est-elle ?

- Qui ?

- Sin fo.

- Je n'ai pas à vous répondre.

Elle claqua une nouvelle fois la porte au visage de Maxou. Celui-ci perdit patience et ouvrit la porte à la volée. La femme n'aurait pas eu l'air plus effrayée si Maxou avait été un djaevel.

- Prenez ce que vous voulez, mais ne me faites pas de mal, couina-t-elle d'une voix aiguë.

À bout de nerfs, Maxou ne put s'empêcher de crier.

- Où est Sin fo ?

- Je l'ignore.

- Ne me faites pas perdre mon temps !

- Je vous dis la vérité, je vous le jure, répondit la femme en se protégeant le visage de ses bras. Elle est partie très tôt ce matin avec son époux, et j'ignore quand ils reviendront.

- Je pense qu'ils seront absents plusieurs jours, dit une voix grave dans le dos de Maxou. Derrière lui se trouvait l'hembra qui avait soigné Sin fo.

- Vous êtes encore là vous, demanda la vieille femme sans même essayer de masquer le dédain de sa voix.

- Oui, et vous pouvez remercier vos dieux que je sois là, sans quoi personne n'aurait empêché ce jeune homme de vous agresser. Maintenant partez, je m'occupe de lui.

Maxou voulut dire quelque chose, mais l'hembra l'interrompit en levant son index. La vieille femme s'éloigna en hâte, non sans avoir maugréé quelques menaces et quelques insultes. Dès qu'elle eut disparu au coin du couloir, Maxou se défendit :

- Je ne l'ai pas agressée, j'ai simplement haussé la voix parce qu'elle refusait de m'écouter.

- Je sais. J'ai dit cela pour que nous soyons tranquilles. On ne peut pas discuter avec cette femme. Elle ne partage pas le sens de l'hospitalité de vos amis.

- Oui, ils devraient mieux choisir leurs employés, ou plus personne ne viendra les voir. D'ailleurs, savez-vous où je peux les trouver ?

- Je ne sais pas où ils sont partis exactement, mais cela doit être hors de la ville. Comme vous le savez, j'ai passé la nuit ici, car j'étais très faible hier soir. Mais quel que soit le mal qui m'afflige, je me remets toujours avec une bonne nuit de sommeil. Ce doit être mon pouvoir qui agit de manière inconsciente. Toujours est-il que j'étais réveillé très tôt ce matin, et j'ai entendu du bruit dans la chambre de vos amis. Cela m'a surpris, car seul un soleil était levé, mais après tout je ne connais pas leurs habitudes. Quand je les ai entendus quitter leur chambre, je les ai rejoints dans le couloir pour les remercier. Nous avons discuté quelques instants, puis ils sont sortis, alors que le deuxième soleil pointait à l'horizon.

- Mais pourquoi pensez-vous qu'ils ont quitté la ville ?

- Tout simplement parce qu'ils étaient tous les deux très chargés.

- Que voulez-vous dire ?

- Ils portaient chacun un sac sur le dos, ils étaient vêtus d'habits épais et passés, et surtout ils étaient armés.

- Armés ? Quel genre d'armes ? Celles dont on se sert pour la chasse, par exemple ?

- C'est possible, mais pour chasser du gros gibier dans ce cas. Hank avait une lance particulièrement imposante.

- Une lance ? Alors c'est pire que ce que vous pensiez. Ils ont probablement déjà quitté l'île. Hank ne se sert de cette arme que lorsqu'il se passe quelque chose de grave.

- Vous pensez qu'ils sont partis ? En laissant leur ville derrière eux ?

- Ce n'est pas leur style de fuir. La seule raison qui aurait pu les pousser à quitter ainsi leur foyer, c'est pour protéger quelqu'un.

- Tous leurs amis ne sont-ils pas ici ?

- À moins que...

Le visage de Maxou s'éclaira dans un sourire.

- À moins qu'ils ne soient allés chercher Tabatha !

- La jeune fille qui était avec Sin fo ? Je croyais que les djaevels l'avaient...

- Enlevée. Sin fo a seulement dit qu'ils l'avaient enlevée. S'ils sont tous les deux partis, c'est que Tabatha est en vie !

Le jeune homme sauta au cou de l'hembra avant de répéter en riant :

- Tabatha est en vie !

L'hembra lui tapota l'épaule avant de lui répondre :

- J'en suis très heureux, et je ne veux pas être pessimiste, mais elle n'est pas tirée d'affaire. À vrai dire, je vous conseillerais de ne pas avoir trop d'espoir. Voyez ce que les djaevels ont fait à cette ville. Je n'ose imaginer ce qu'ils ont pu faire endurer à une jeune fille seule et désarmée. La pauvre doit être morte de peur.

- Impossible. Tabatha est la personne la plus courageuse que je connaisse. Elle a déjà traversé plus d'épreuves que n'importe qui sur cette île, et je ne l'ai jamais vue flancher. Elle ne se laissera pas faire.

- Mais que peut-elle faire, seule contre des centaines de djaevels ?

- Elle ne sera pas seule. Sin fo et Hank sont allés la chercher, et ça, ça fait toute la différence. Et d'ailleurs, eux non plus ne seront pas seuls, continua Maxou après un court silence.

L'hembra lui demanda ce qu'il voulait dire par là, mais le jeune homme était déjà parti en courant.

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