Chapitre 28 La bataille de Ts'ing Tao - Partie 2

7 minutes de lecture

 L'homme et la femme partirent en direction du nord, et Hank emprunta la rue opposée. Il courut pendant plusieurs minutes, éliminant quelques djaevels isolés, tout en se dirigeant vers le centre ville. Le dernier des trois soleils surplombait encore l'horizon, mais il faisait déjà sombre, et Hank se doutait qu'avec cette température les habitants qui n'étaient pas chez eux au moment de l'attaque devaient être à l'auberge. À l'approche du centre ville, Hank sut qu'il ne s'était pas trompé. Une forte odeur lui souleva le cœur, et elle s'accentuait à chaque pas qu'il faisait. Hank dut rassembler tout son courage pour parcourir les derniers mètres qui le séparaient de la place centrale de Ts'ing Tao.

 Là, le jeune homme comprit ce que Jacob avait voulu dire lorsqu'il lui avait décrit la capitale comme un véritable enfer sur terre. Des milliers de djaevels s'étaient regroupés sur la place et produisaient un mélange assourdissant de cris et de coups portés contre les murs et les portes en bois. L'odeur de ces milliers de corps en décomposition était bien pire que tout ce que Hank avait connu par le passé, et il ne put s'empêcher de vomir de dégoût. Il regretta amèrement de n'avoir rien d'autre que quelques verres d'alcool dans l'estomac, puis il s'essuya la bouche d'un revers de manche et s'avança sur la place. Les djaevels ne s'étaient pas encore rendu compte de sa présence, mais cela n'allait pas tarder. Hank réfléchit à toute vitesse. Il savait qu'il n'avait aucune chance, seul contre cette armée de démons. Le plus malin aurait été de rebrousser chemin, mais Hank ne pouvait se résoudre à partir sans savoir s'il n'y avait pas quelqu'un à sauver. Il balaya la place du regard et ne vit pas un seul être vivant, humain ou hembra. Il ne voyait que des djaevels, et la plupart étaient massés contre les murs de l'auberge, mais chaque porte qui donnait sur la place était également prise d'assaut par de petits groupes de djaevels.

 Hank s'approcha aussi silencieusement que possible de la maison la plus proche, puis il courut en direction des djaevels et les percuta de tout son poids, propulsant deux d'entre eux sur le reste du groupe, et dégageant ainsi la porte. Il tenta de l'ouvrir, mais elle était verrouillée. Déjà les djaevels avaient retrouvé leurs esprits et se dirigeaient vers lui. Il tambourina à la porte et hurla :

- Laissez-moi entrer ! Ils s'approchent !

 Il souleva son bouclier et repoussa les djaevels qui tentaient de le saisir, puis il redressa sa hallebarde et parvint à l'enfoncer dans le crane de deux djaevels. Il entendit un cliquetis dans son dos, puis il vit de la lumière illuminer les pavés et se sentit tiré en arrière. Les habitants de la maison refermèrent la porte juste à temps pour empêcher que les djaevels ne rentrent à leur tour. On les entendait crier et gratter le panneau de bois. Hank regarda autour de lui et se rendit compte qu'il connaissait cette maison. Et pour cause, c'était celle de Ryban, l'un des anciens habitants de Cosrock, un de ceux avec qui Hank avait le plus d'affinités. Les deux hommes se saluèrent brièvement, et Hank remercia également la femme et les deux hembras qui l'avaient sauvé des griffes des djaevels. La femme, qui s'appelait Cappu, était petite et mince, et avait des cheveux blonds coupés au carré. Elle était arrivée à Ts'ing Tao depuis le centre du royaume, et Ryban l'avait présentée à Hank quelques mois plus tôt. Hank se souvenait d'avoir déjà croisé le couple d'hembras, mais il ne connaissait pas leurs noms.

- Que faisais-tu là dehors, questionna Ryban. Tu essaies de te faire tuer ?

- J'essaie de chasser ces monstres. Sais-tu s'il y a beaucoup de victimes ?

- Je l'ignore. Nous sommes restés ici tout l'après midi, et quand nous avons vu ce qu'il se passait, nous nous sommes barricadés.

- Vous avez bien fait. Tu as des armes ici ?

- De quoi me défendre.

- Est-ce que tu peux m'aider ?

- Tu comptes ressortir les affronter ? C'est de la folie !

- Bien sûr que non, ils sont trop nombreux. Mais on ne va pas les laisser détruire notre ville. Peut-on accéder au toit ?

- Il y a une petite lucarne au grenier.

- Parfait. Allons-y.

 Hank se tourna vers les hembras et leur demanda :

- Je sais que cette ville n'est pas la votre mais...

- Ces créatures sont une menace pour nous tous, le coupa l'homme hembra. Qu'est-ce qu'on peut faire pour vous aider ?

- Armez-vous et suivez-moi, je vous expliquerais mon plan là-haut.

 Ils montèrent tous au grenier, puis ils se glissèrent un par un par la lucarne. Les soleils étaient désormais couchés, mais la lumière de la lune reflétée par la neige au sol suffisait à éclairer la place. Hank regarda en contrebas et vit que les djaevels étaient toujours devant la porte. Il revint vers les autres en avançant lentement. Le givre sur les tuiles rendait la tâche très ardue.

- Ils sont très nombreux, beaucoup plus que nous. Mais nous ne pouvons pas restés cachés indéfiniment, alors que eux ne se fatigueront pas. Nous devons nous battre.

- À cinq contre ces hordes ?

- Non. C'est pour cela qu'on va aller chercher de l'aide. Ryban, avec les femmes vous allez passer sur le toit d'à côté et rentrer dans la maison. Voyez si personne n'a besoin d'aide, et convainquez le plus de personnes possible de vous suivre. Vous allez faire le tour de la place en passant par les toits, et vous allez rassembler tout le monde. Surtout, ne sortez pas dans la rue.

- Tu ne viens pas avec nous ? Les gens te suivraient plus facilement que nous.

- Non, moi je pars dans l'autre sens.

 Il se tourna et leur désigna l'auberge du doigt.

- Tu es fou ! Le plus gros des djaevels est là-bas !

- Oui, et aussi beaucoup des nôtres. Rassemblez tout le monde, et postez quelqu'un sur le toit. À mon signal, soyez prêts à combattre.

- Quel sera le signal ?

- Je ne sais pas encore.

 Ryban aida les deux femmes à escalader la corniche séparant les deux toits, puis il la franchit à son tour. Hank et l'hembra les regardèrent forcer la lucarne et se glisser dans le grenier des voisins, puis ils traversèrent le toit de Ryban. Arrivés au bout, l'hembra se pencha et évalua la largeur de la rue en contrebas. En effet, pour atteindre le toit suivant, ils devaient traverser la rue par laquelle Hank était arrivé.

- Il va falloir redescendre, dit l'hembra.

- Hors de question, c'est trop dangereux.

- Il y a au moins huit mètres, vous ne pourrez pas sauter aussi loin.

- Non, c'est vrai, pas tout seul. Mais si vous m'aidez...

- Que voulez-vous dire ?

- Vous êtes plus fort et plus agile que n'importe quel homme. C'est pour cela que j'avais besoin de vous et pas de Ryban. Vous êtes capable de sauter à cette distance, n'est-ce pas ?

- Avec de l'élan, ça devrait aller. Mais si je dois vous porter, ça risque d'être juste.

 Hank réfléchit un instant et proposa :

- Et en me lançant ?

- Vous êtes sérieux ?

- On n'a pas vraiment le choix. Vous pouvez le faire ?

- Je peux, mais je ne vous promets rien pour l'atterrissage.

- Contentez-vous de viser le toit, je m'arrangerais du reste.

 Hank et l'hembra reculèrent d'un pas. Hank s'assura que sa hallebarde était bien fixée dans son dos. Il ne servait à rien de risquer sa vie en sautant s'il devait ensuite redescendre dans la rue ramasser son arme. L'hembra posa sa main gauche sur la nuque de Hank et sa main droite dans son dos. Il poussa un long soupir, agrippa Hank par la veste et le propulsa de toutes ses forces en direction du toit d'en face. Une peur instinctive saisit Hank lorsque ses pieds se soulevèrent et il dut se mordre les joues pour s'empêcher de crier et d'alerter ainsi tous les djaevels. Il se retourna tant bien que mal dans les airs afin de ne pas s'écraser face la première. À un mètre du toit, il replia ses jambes en position fœtale et se protégea le visage avec les bras en attendant l'atterrissage. Le choc fut rude. Hank s'écrasa lourdement sur le dos, le bois de sa hallebarde lui rentrant douloureusement dans les côtes. Il glissa sur les tuiles verglacées sur environ deux mètres, puis il se stoppa enfin. Il laissa retomber ses bras et ses jambes le long de son corps et resta étendu les yeux fermés. Quelques secondes après, l'hembra atterrit en souplesse à ses côtés. Il s'accroupit au dessus de lui et lui demanda :

- Vous allez bien ?

 Hank ne put formuler qu'une seule réponse :

- Aïe.

 L'hembra éclata de rire et aida Hank à se relever. Celui-ci s'étira en grimaçant et en maugréant :

- Tu parles d'une idée à la con ! Vraiment, je me demande où je vais les chercher ! Tabatha va encore se foutre de moi quand je lui raconterais...

 Hank ne finit pas sa phrase. Il venait de réaliser que Tabatha était dehors, tout comme Sin fo. Malheureusement, il ne pouvait pas se permettre d'aller les chercher. Il devait avoir confiance en elles. Il les savait suffisamment fortes et malines pour se sortir de n'importe quelle situation. Tout ce qu'il pouvait faire pour elles dans l'immédiat, c'était d'éliminer un maximum de djaevels, et le meilleur moyen d'y parvenir était de suivre son plan. Il serra les dents pour oublier la douleur qui lui parcourait le dos, assura à l'hembra qu'il allait bien, et ils reprirent leur chemin. Ils avancèrent lentement, car les toits étaient glissants, et l'obscurité empêchait Hank de voir correctement où il mettait les pieds. Ils arrivèrent malgré tout sans encombre jusqu'au toit de l'auberge.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Défi
Madisaurene

Parfois emporté par le courant sans rien pouvoir y faire, tantôt bercé, tantôt balloté par ce flox bien trop puissant. Nous empruntons sans cesse le même chemin aux décors changeant, uniquement mû par la quête du bonheur, fyant tout ce qui nous ferait souffrir. C'est quand elle pris la décision de descendre, et ce pour la dernière fois, ces escaliers qu'elle avait tant aimé monter, quand elle sentis son coeur se briser qu'elle compris. La tristesse s'écoulait tel de l'eau dans une passoire qui finirait par se reboucher, plus légère, enfin apte à aceuillir le bonheur tant rêvé.
1
2
3
0
leotypique

Je m'appelle Léo.
J'ai 10ans.
J'habite dans une petite ville très chaleureuse.
Mais dans ma vie.
Je reçois quelques critiques qui ne sont pas importantes pour moi.
Les gens pensent qu'il me touche dans le cœur mais il me rate toujours !
De plus je connais ces personnes.
Je l'ai vois tout le temps.
Mais depuis tout petit j'ai toujours été différent des autres.
Quand j'étais petit j'écouté du Britney Spears ou du Shy'm et les autres écoutez du Maître Gims ou des autres trucs de rap.
Ou alors c'était aussi pour mon style.

2
0
16
1
AlphoneX

L'ennui m'amie me mit à ton âme soumis
Et la nuit se défit quand ton ris me sourit
Lors ce fut à l'entour des atours de tes jours
Qu'en séjour me lia l'anneau pur en ta cour

Quel anneau diras-tu aurait pu t'enlier
Sans que garde n'aie pris de te le dédier
Mais il n'est que souci d'en ta grâce rester
À temps que soit le dit si tu fus j'ai été

Tel passé qui persiste à devenir cet hui
Qui prévoit devers lui son horizon enfui
Si amante je n'ai douce sour me possède

À quel autre vouloir sourcerais - je mon aide
Afin que mon désir ne soit que tes caprices
Lesquels plus m'éjouissent que feintes d'actrice.
4
2
0
0

Vous aimez lire William BAUDIN ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0