Chapitre 10 Après la chute - Partie 5

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 Aux premières lueurs de l'aube, le quatrième jour, alors que l'orage s'éloignait enfin, Hank était vraiment misérable. Il s'extirpa des débris de sa cabane et fit quelques pas en marmonnant une flopée de jurons. Après avoir entendu un petit gémissement, il leva les yeux vers les palmiers les plus proches pour constater que les primates voleurs avaient eux aussi subi la tempête. Ils étaient tous alignés sur une branche, recroquevillés les uns contre les autres, avec leur fourrure détrempée et ils tremblaient en le regardant avec des yeux fatigués. Cette vision déclencha l'hilarité de Hank, qui s'en trouva revigoré. Se sentant solidaire, il sortit son bol de baies de sa cachette et les offrit à ses compagnons d'infortune.

 Il se rendit ensuite à la source dans laquelle il puisait son eau pour se laver, puis s'attela à l'amélioration de sa cabane. Il rapprocha les branches autant que possible et les fixa avec de la corde qu'il avait tressée avec des lianes. Il ajouta une couche de palmes pour l'étanchéité, qu'il maintint en place avec des branches horizontales.

 N'ayant pas mangé de viande depuis des jours, il installa des collets tout autour de son campement, puis il tenta de pêcher avec la lance qu'il s'était taillée le premier jour. Il réussit à attraper un poisson après seulement quelques essais, mais dût s'en contenter car il brisa sa lance sur une pierre en tentant d'en tuer un autre. Il jura par réflexe, mais se fit vite une raison. De plus, il avait repéré une bambusaie un peu plus loin dans la forêt, et il savait qu'il pourrait se confectionner une arme plus solide. Il vida son poisson, le fit griller, et savoura sa chair tendre avec délice. C'est le ventre plein et l'esprit apaisé que Hank se coucha ce soir-là.

 Au milieu de la nuit, il fut réveillé par des bruits dans la forêt qui le mirent mal à l'aise. Il y avait toute la partition de la musique de nuit de la nature : le souffle du vent dans les feuilles, le ressac de l'océan, les branches qui craquent, les hululement d'oiseaux, et les galopades des petits animaux. Hank connaissait tous ces sons, et il ne s'en inquiétait pas. Mais il crut également entendre des chuchotements entre les arbres. Il resta un long moment l'oreille aux aguets, retenant inconsciemment sa respiration pour mieux écouter, puis il finit par se rendormir sans plus rien avoir entendu d'inhabituel.

 Le lendemain, en se réveillant, Hank avait oublié les bruits de la nuit. Mais quand il vérifia ses collets et qu'il les trouva tous brisés, il fit immédiatement le rapprochement. Il tenta de se raisonner en se disant qu'ils avaient probablement été détruits par des animaux trop gros, mais après un rapide examen du terrain autour, Hank constata qu'il n'y avait pas de traces autour de ses collets. Absolument aucune. Aucun animal assez gros pour détruire ses pièges ne serait capable de se mouvoir sans laisser aucune empreinte. Ce qui signifiait que ce qui avait détruit les collets avait effacé ses traces. Et cela, seul un humain pouvait le faire.

 Un sentiment de peur glaça le sang de Hank. Il savait depuis le premier jour qu'il n'était pas seul sur cette île, mais il venait de découvrir que les autres occupants lui étaient hostiles. Sans perdre plus de temps, le jeune homme se dirigea vers la bambusaie et entreprit de couper un grand nombre de bambous à l'aide d'une hache rudimentaire qu'il bricola avec une branche et un morceau de silex. Il les transporta ensuite deux par deux, un sur chaque épaule, jusqu'à son campement. Il commença par se fabriquer plusieurs harpons, dont il pourrait se servir pour la pêche, mais qu'il garda d'abord à portée de main pour pouvoir se défendre en cas de problème.

 Pendant plusieurs jours, il occupa ses journées ainsi. Il cueillait des fruits le matin et remplissait ses gourdes à la rivière. Puis il coupait des bambous et les acheminait jusqu'à la plage. En fin d'après-midi, il allait à la pêche pour se détendre et avoir de quoi manger le soir. Puis il allait se coucher en gardant toujours une arme à portée de main. Lorsqu'il estima avoir assez de bambous, il passa à la seconde étape de son plan. Il creusa une large tranchée tout autour de son campement, dans laquelle il planta ses bambous afin d'ériger une barricade. Il tailla également de nombreux pieux qu'il ficha dans le sol tourné vers la forêt. Deux semaines après son arrivée, Hank était protégé par un mur long de plusieurs dizaines de mètres. Il n'avait laissé qu'un petit espace libre, afin de pouvoir continuer à se ravitailler.

 Puis il attendit. Longtemps. Pendant une semaine, il ne fit rien d'autre qu'attendre. Attendre qu'il se passe quelque chose, attendre un bruit, un mouvement. Mais rien ne se produisit. Seuls les repas venaient rompre la monotonie de ses journées. Alors qu'il commençait à se demander s'il existait bel et bien un ennemi derrière le mur, il entendit dans les bois une longue plainte stridente, comme un cri d'oiseau, mais il savait qu'il ne s'agissait pas de ça. En l'entendant, un frisson lui parcourut l'échine et il sentit ses cheveux se dresser sur sa nuque.

 Il attrapa un de ses harpons et courut vers la brèche. Il se risqua à passer la tête au dehors, et une flèche se ficha dans le bois à quelques centimètres de lui avec un bruit mat. Il rentra vivement à l'abri derrière sa barricade et attendit que ses assaillants l'attaquent. Il y eut encore quelques impacts de flèches, puis plus rien. Hank redoutait un piège et ne bougea pas. Après une demi-heure à rester immobile en silence, et alors que les soleils disparaissaient à l'horizon, il prit son courage à deux mains et retourna voir au dehors avant de ne plus pouvoir compter sur leur lumière. Il n'y avait personne et plus aucun mouvement dans les arbres.

 Ses ennemis jouaient avec ses nerfs. Ils le laissaient vivre ici mais il ne pouvait pas quitter sa plage. Il avait lui-même érigé les barreaux de sa prison. Une bouffée de colère l'envahit. Il n'avait pas toujours eu une vie facile, mais au moins avait-il toujours vécu en homme libre. Il poussa un hurlement et s'adressa à ses geôliers invisibles :

– Bande de lâches ! Venez vous battre comme des hommes !

 Hank entendit le son d'une corne et il sut que le moment était enfin venu d'en découdre. Il affermit sa prise sur son arme rudimentaire et sentit tout le stress accumulé au cours des derniers jours se dissiper. Quelque soit son sort, ce soir il serait fixé. Il gardait les yeux rivés sur la petite entrée, car il savait qu'il était impossible de passer au dessus de sa palissade.

 Soudain il entendit deux bruits sourds derrière lui, comme si quelque chose venait de tomber dans le sable. Il se tourna et vit deux hommes pointant leurs armes sur lui.

– Quoi, mais comment ?

 Il regarda vers la barricade et vit une ombre ailée passer devant la lune. L'ombre grandit, comme si la chose se rapprochait, jusqu'à cacher complètement la lune, puis elle passa par dessus le mur. La créature vint se poser juste devant Hank. Elle ressemblait à un humain mais était pourvue d'une gigantesque paire d'ailes d'un noir de jais.

– Nous ne sommes pas des hommes.

 Après avoir dit cela, la créature brandit sa massue et en assena un coup sur la tempe de Hank qui s'effondra, inconscient.

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