Chapitre 3 Le réveil - Partie 2

5 minutes de lecture

 Juste avant de sauter, Reg'liss aperçut un mouvement dans les buissons en contrebas. Il crut d'abord s'être trompé, mais en regardant plus attentivement, il vit à nouveau les buissons remuer, et une tâche bleutée apparut au milieu des branches. Reg'liss ressentit comme un électrochoc, et sans réfléchir, il se pencha rapidement en avant pour mieux voir. Le fragile rameau céda sous son poids dans un craquement, et Reg'liss tomba dans le vide.

 Il chuta de plusieurs mètres et cassa de nombreuses branches avant de réussir à se raccrocher enfin à l'une d'entre elles suffisamment épaisse pour le soutenir. Il resta suspendu quelques secondes, les pieds dans le vide, à tenter de reprendre son souffle et d'empêcher son corps de trembler. Quand son cœur eut un peu ralenti, il entama lentement sa descente en posant prudemment les pieds sur les branches plus basses.

 Après de longues minutes, il posa enfin les pieds sur le sol. Il se dirigea immédiatement vers le buisson qu'il avait vu bouger. Il était presque sûr de ce qu'il avait vu, mais il n'osait pas le croire. Sa chute l'avait un peu désorienté, et il ne savait pas exactement où chercher. Soudain, il entendit un gémissement à quelques mètres sur sa droite. Le jeune homme avança prudemment et découvrit avec effroi Sin fo qui gisait au sol.

 Il se jeta à ses cotés, le cœur cognant contre la poitrine tant il craignait qu'il ait pu lui arriver malheur. Voulant s'assurer de sa santé, il se rapprocha tellement d'elle qu'il pouvait sentir le souffle de son amie sur sa joue.

 Sin fo n'était qu'endormie et Reg'liss était bien sur soulagé, mais il ne se releva pas immédiatement, pas plus qu'il n'essaya de réveiller Sin fo. En cet instant précis, alors que la jeune femme était assoupie et qu'il voyait sa poitrine se soulever doucement au rythme de sa respiration, leurs visages n'étant qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, Reg'liss était en proie à un véritable duel intérieur. Il aurait voulu se contrôler, mais il le faisait déjà depuis trop longtemps, à tel point qu'il lui était devenu presque insupportable d'être avec Sin fo, et c'était encore pire lorsqu'il était séparé d'elle. Depuis des années il espérait être plus qu'un ami pour elle, et voila qu'il était penché sur elle, lui caressant tendrement les cheveux... Il la regarda encore durant un long moment et se décida. Il approcha ses lèvres de celles de la jeune femme…

 Soudain il se sentit projeté en arrière. L'instant d'après il était étendu sur le dos, à moitié étouffé par l'avant-bras que Sin fo pressait sur sa gorge. Elle haletait, visiblement réveillée en sursaut, regardant autour d'elle sans comprendre. Lorsqu'elle baissa les yeux, reconnaissant enfin Reg'liss, elle relâcha vivement son étreinte et l'aida à se relever.

– Mais enfin Reg'liss que faisais-tu aussi près de moi ?

– En fait j'allais... Enfin je voulais m'assurer qu'il ne t'était rien arrivé, répondit-il en rougissant.

– J'ai cru un instant que.. Il m'a semblé voir…

 La jeune femme laissa mourir sa phrase, le regard perdu dans le vide, comme si elle essayait de se défaire d'un souvenir désagréable. Elle finit par conclure avec un sourire flottant :

– Ça va je te remercie.

 Puis, regardant une nouvelle fois autour d'elle :

– Mais peux-tu m'expliquer où nous sommes ?

– J'espérais que tu me le dises, répondit Reg'liss en écartant les bras.

– Si c'est une plaisanterie, elle ne me fait pas rire. Lui Jen est dans le coup c'est ça ?

 Elle s'arrêta soudain, comprenant enfin.

– Une attaque ! s'écria-t-elle.

 Reg'liss se détourna vivement, cherchant d'où pouvait venir le danger. Sin fo reprit en riant, une main sur le poignet de son ami :

– Non idiot, je parlais de notre combat ! La dernière chose dont je me souvienne, c'est que je courais vers toi et que tu as levé les bras. Je pensais que tu voulais te défendre, mais apparemment tu m'as lancé une attaque magique.

– C'était mon intention, mais c'était en désespoir de cause... Je suis nul en magie, je n'ai aucun pouvoir !

– Si tu as une autre explication, je t'écoute.

– Écoute, répliqua Reg'liss en passant ses mains dans ses cheveux, je ne sais pas ce qu'il s'est passé à la fin de notre combat. Je ne sais pas comment nous avons quitté l'arène. Je ne sais même pas où on est ! Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas la forêt qui borde le lac. Nous ne sommes plus sur Incuna.

– Mais comment aurions-nous pu quitter notre île en étant inconscients ? Tu... Tu étais bien inconscient toi aussi, n'est-ce pas, demanda Sin fo en reculant d'un pas.

 Le jeune homme mit un instant à comprendre où elle voulait en venir. Il s'empressa de se défendre :

– Bien sûr ! Sin fo, je ne te ferais jamais de mal ! Tu me connais, on est amis depuis qu'on est enfants.

– Excuse-moi, je ne sais plus où j'en suis. Ce qui est certain, c'est que c'est toi qui as provoqué cela. Comment se manifeste ton don habituellement ?

– Je te l'ai dit, je suis nul en magie. Je n'ai jamais réussi à faire quoi que ce soit. Si j'avais un pouvoir, tu m'aurais déjà vu m'en servir.

– La bonne nouvelle, c'est qu'apparemment, tu en as bien un. La mauvaise, c'est qu'il s'est retourné contre nous, et que nous ne savons même pas de quelle manière, énonça-t-elle en faisant la moue.

– Je suis désolé. Je voulais vraiment remporter notre combat. Je ne pensais pas que...

– Ce qui est fait est fait, trancha Sin fo. La première chose à faire c'est de savoir où nous sommes. Une fois que nous le saurons nous pourrons envisager un retour à Ts'ing Tao.

 Reg'liss acquiesça face à la justesse du propos et tendit l'oreille. Il était un formidable chasseur et savait remarquer les moindres détails.

– Tu entends ce bruit ? On dirait de l'eau... Tachons déjà de trouver ce point d'eau. Si c'est une rivière ou un fleuve, nous n'aurons qu'à le remonter jusqu'à tomber sur un village.

 Ayant aperçu un reflet des soleils dans les fougères, Sin fo en sortit son cimeterre argenté, qui l'avait accompagnée jusque ici. Reg'liss fut heureux de constater qu'il était parfaitement immaculé. Il avait donc bien réussi à stopper Sin fo avant qu'elle ne l'attaque. Tous ses souvenirs étaient intacts. Du moins jusqu'à ce qu'il s'évanouisse.

 En retournant à l'endroit où il s'était réveillé, il retrouva lui aussi son arc et son carquois, malheureusement vide. Il n'aimait pas se promener en forêt sans arme, il faudrait qu'il se fabrique des flèches. Il arracha une fine branche à un arbre et demanda à Sin fo de lui prêter son arme pour la tailler. Au lieu de ça, la jeune femme leva son pied et sortit un poignard de sa botte.

– Tu te promènes toujours avec ça sur toi, l'interrogea Reg'liss en écarquillant les yeux.

– On ne sait jamais quand on peut en avoir besoin, répondit-elle en haussant les épaules.

 Elle fit sauter l'arme dans sa main pour la présenter à son ami par la poignée, qui la remercia et entama son travail tout en lui emboîtant le pas.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 4 versions.

Recommandations

Gwenouille Bouh
Un Héros, qui n'a pas rêvé un jour d'en devenir un ?
C'est aussi le rêve de Yuling, qui pour retrouver son frère, se met en quête d'aventure. Mais pour parvenir à son but, il lui faudra déjà surmonter bien des épreuves ; un partenaire imbu de lui-même, une école d'élite, un Maître impétueux ainsi qu'un dragon dont elle a bien du mal à se faire entendre !
Parviendra-t-elle à s'y retrouver ? Ou finira-t-elle, comme bien d'autres avant elle, dévorée par son dragon ?
422
649
2506
285
Alain Foucault

Le courage, la force puis, l'assurance et l'audace,...
La hardiesse, ce qui inspire...
La joie.
La tristesse qui étreint le coeur, le comprime, lui fait mal.
L'autre qui interpelle.
Celui qui vous frappe.
Vaciller, se relever,...
Faire un pas.
3
6
0
0
Plopolom

Dans l'ombre je cherche encore
le p'tit moi, ce grand trésor,
ce gain qu'on m'a tant promis,
si je regardais dans mon nombril.

Dans l'ombre, j'me cogne encore,
au p'tit moi, qui est bien fort
qui tape du pied, qui rue, qui cri!
Qu'on l'aime enfin! Qu'on l’apprécie!

Dans l'ombre, je souris encore
à ce p'tit moi, à ce petit corps
qui m'appelle pour s'aimer
et que je vienne pour l'y aider

Dans l'ombre je chante encore,
A mes amours, vivants et morts
et ce p'tit moi qui chie des mots
parce que ça apaise nos maux.

Dans l'ombre, je m'anime encore,
Pour suinter l'soleil par tous les pores,
Tourner p'tit moi vers ma famille,
Mes amis, se donner aussi a autrui.

En ombre, je regarde encore,
le monde autour, la faune, la flore...
Je m'en abreuve et laisse couler
Tout mon amour de l'encrier.

D

1
3
0
1

Vous aimez lire William BAUDIN ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0