La ferme des animaux

2 minutes de lecture

Le 12 juin 2022

Les révolutions chassent les despotes pour les remplacer par des tyrans, telle semble être la morale pessimiste de ce chef d’œuvre de Georges Orwell publié en 1945. Cette fable qui décrit la révolte des animaux d’une ferme contre les humains qui les exploite et qui se présente au premier abord comme un conte fantastique pour enfants est en réalité une fine analyse des mécanismes du totalitarisme et une critique acerbe du régime stalinien dont peu de gens encore en 1945 ont identifié les conséquences mortifères.

Ce livre est remarquable a plus d’un titre. C’est une histoire qui peut se lire comme une simple fable, mais qui est en même temps un formidable manifeste contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation d’une minorité. Une minorité qui prend et conserve le pouvoir en basant ses discours sur la promesse mensongère d’une ère nouvelle promise à tous ceux qui obéiront aveuglément au chef autoproclamé.

L’écriture est simple, dépouillée, mais terriblement efficace. Le message et les idées sous-jacentes sont limpides. Chaque personnage (les animaux de la ferme) peut être facilement identifié à son modèle : « Sage l’Ancien », symbolise le patriarche des origines Lénine, « Napoléon » c’est bien sûr l’autocrate incarné Staline et « boule de neige » le frère maudit, le bouc émissaire c’est Trotsky.

Un véritable manuel de science politique dénonçant les méthodes d’endoctrinement (communiste ou capitaliste) visant à exploiter les masses laborieuses au profit d’une minorité.

Mon personnage préféré, en tout cas celui qui m’a le plus émut, est le brave cheval de trait « Malabar », obéissant et crédule. Il se dévoue pour la communauté en ne ménageant pas sa peine et contre vents et marées, malgré quelques doutes, garde jusqu’à la fin sa confiance envers son chef qui l’exploitera jusqu’à provoquer sa mort.

De la charte humaniste (animaliste) qui rassembla les opprimés pour fonder un monde meilleur ne reste à la fin de l’histoire que ce postulat : « Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres. » Une citation dont s’est inspiré Coluche 40 ans plus tard dans l’un de ses sketches.

"La ferme des animaux" cumule plusieurs genres littéraires dans un seul petit volume, à la fois Fable, conte, satire, dystopie, roman fantastique et manuel de philosophie politique.

Georges Orwell est un génie visionnaire qui ne cesse de me surprendre.

— « La ferme des animaux », Georges Orwell, collection folio (1994), 151 pages.

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