14. Epilogue

Une minute de lecture

Un an et demi plus tard.

Un cri d’enfant s’élève dans la nuit, bientôt suivi d’un deuxième. Dans une petite maternité du Sud de la France, le jeune papa, les yeux embués, ne peux décrocher son regard de ces deux bébés. Sa femme rigole devant son air émerveillé. Il lève alors les yeux vers elle. Malgré la fatigue de l’accouchement, ses yeux rieurs sont intactes. Alors que la sage-femme pose les deux bébés sur le ventre de la maman, il s’approche d’elle et l’embrasse tendrement sur les lèvres.

« Alors, comment on va les appeler ces petites filles ? ».

« Olivia et Elena ».

La sage-femme écrit les deux prénoms sur les petits bracelets, puis les accroche aux minuscules poignets de deux jumelles. Avant de s’en aller, elle regarde les deux jeunes parents avec un sourire bienveillant. Ils sont tellement doux et attentionnés l’un envers l’autre.

Une fois seuls, Julio entoure Anna et ses deux toutes petites filles de ses bras. L’une porte le prénom de sa mère, l’autre, le prénom d’une douce amie à jamais dans les étoiles. Il est comblé, entouré des trois femmes qu’il aime le plus au monde. C’est sûr, rien ne peux plus lui arriver désormais. La vie n’a jamais été aussi belle.

Annotations

Recommandations

Eugénie L.
Libre un jour... C'est tout ce qu'on espère. Briser ses chaînes, le cadenas de notre cage. Hurler au monde entier qu'on peut être enfin heureux(se)... si c'est possible... Et quand on est seul(e) au monde ? Trouver la liberté, oui... mais à quel prix ?

Un recueil de poèmes et de sombres tragédies romantiques écrits au fil est des années.
0
0
0
14
Défi
Adrien de saint-Alban


C'était une file interminable. Une foule dense qui n'en finissait pas, qui se perdait à l'horizon couvert de brume. Vu de loin, c'était comme un monstre gigantesque vêtu de noir qui se mouvait, qui rampait.
Il pleuvait. Une pluie fine qui ne finissait pas de tomber. Une forêt de parapluie couvrait cette foule compacte où chacun était collé l'un à l'autre pour se réchauffer et pour se soutenir. Cependant, il en fallut davantage pour dissuader cette foule immense et déterminée pour accomplir ce pour quoi elle était venue, comme par devoir.
Oui, rien, ni personne ne pouvait la détourner de son but. L'objet de son déplacement en ce dimanche de novembre était son salut. Elle était venue pour montrer au Créateur et au monde sa colère douce et amère, une colère tant contenue qu'elle en devenait insupportable. Ils étaient venus Lui rendre leur tablier de vivants. Ils étaient des centaines, ils étaient des milliers tels des prisonniers de guerre se suivant les uns derrière les autres. Comme on les voit encore au travers d'images d"archives et qui rappellent encore dans nos mémoires les heures-les-plus-sombres-de-notre-Histoire. Mais là ce ne sont point des prisonniers, nous ne sommes pas en guerre. Où allaient t ils donc? Vers quoi marchaient-ils avec l'Idée en tête, une Idée fixe dans leur tête de vieux, des vieux à la tête chenue pour la plupart ? Allaient-ils voir la Joconde ? C'était ça l'Idée ? Comme ces files d’attente devant les musées aux portes desquels des cons et des chintocs font le pied de grue pour regarder des merdes lors des journées du patrimoine ? Allaient-ils à un enterrement d'un cher disparu ? Ou celui d'une personnalité respectée, regrettée et idolâtrée ? Ou peut être s'agissait-il du versement de leur retraite, aumône tant attendu après une vie de dur labeur ? Non plus, car de leur retraite ils avaient fait leur deuil depuis longtemps. Les socialopes les avaient habitués au minimum vital. La parabole de la grenouille est passée par là. Ils sont intelligents les socialopes. Ils n'avaient déjà plus de sécurité sociale. Ceux qui avaient la chance d'avoir la santé engraissaient Goldman Sachs et les mutuelles privées en attendant leur mort prochaine. Les plus fragiles étaient déjà occis et utilisés comme engrais. La société les avait utilisés de la naissance jusqu'à leur mort. Les moins chanceux étaient là qui avançaient vers cette Idée. Ils avaient décidé d'en finir...par leur volonté. Leur retraite n'était que chimère. Ils s'étaient résignés. Leurs combats successifs n'avaient rien donné. Leur vie ne valait plus rien. Ils ne servaient à rien. Le capitalisme ne voulait plus de cette viande avariée et inutile.
Désormais, le Système avait dressé devant eux, non pas un tapis rouge mais un couloir de misère et de souffrances. Il n'y avait pas d'échappatoire ni à droite, ni à gauche. Quelle était donc cette Idée, cette belle et noble Idée qui les avait arrachés au doux confort de leur chaumière, à leur vie douillette de vieillards misérables et résignés ? Une chose plus grave, une mission plus urgente les appelaient. On les avait grisés. Non pas avec du cidre mais avec des discours. On leur avait promis un monde meilleur. Les communicants leur ont promis mille vierges dans l'Autre Monde. Oui, un Monde meilleur.
Certains étaient venus en couple. Les valides étaient sur leur deux jambes emmitouflés dans leur vieux manteaux noirs fripés. D'autres moins lotis par le destin ou par la vie s'aidaient d'une canne. D'autres encore que la fatalité avait frappé brutalement ou anéanti à petit feu avançaient à petits pas soutenu par un déambulateur qu'une association charitable, la dernière sûrement, avait sans doute financé. Tout cet amas humain n'en pouvait plus. L'espoir d'une vie meilleur ici bas les poussaient malgré tout à s'accrocher à l'existence tant qu'il leur restait un souffle de vie. Mais là c'en était fini. Le rideau venait de tomber. Le désespoir l'avait emporté.
Quand ils atteignirent enfin cette Idée, l'Idée tant convoitée, tant désirée, les premiers levèrent les yeux et lurent sur le fronton de l'établissement:
EPHAD MACRON
SÉDATION PALLIATIVE
EUTHANASIE ACTIVE:
ENTRÉE GRATUITE SANS CONDITION D'ÂGE
Voilà comment je mourrai!
Adrien de saint-Alban
3
4
0
3
Floriane

On a tous des blessures, 
Qu’on persiste à cacher ;
Des plaies qui perdurent,
Contre vents et années.


Et quand enfin l’obscur,
Semble un peu s’éloigner ;
D’autres perdent leurs allures,
D’avoir su si mal nous juger.


On a tous des fêlures,
Qu’on s’obstine à nier ;
Alors on construit des murs,
Pour un peu les sceller.


Et quand craque l’armure,
Qu’on se sent exposé ;
C’est dans nos murmures,
Que se lit notre fragilité.


2016 © Floriane Aubin

Source photo : http://the-mask-of-the-life.skyrock.com/
3
2
0
0

Vous aimez lire Marianne Chapelle ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0