Faut que ça crame!

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Je fus réveillé en pleine nuit par un bris de verre émanant du salon. Je me levai d’un bond et remarquai une lueur gagner en intensité par le pas de la porte. Un cocktail molotov. Le salon était en train de s’embraser. La contre-attaque des skins ne s’était pas faite attendre.

Je tambourinai comme un forcené sur la porte de Frida qui ouvrit immédiatement.

« On a pas le temps. Il faut partir. Ils sont là, prêt à nous tomber dessus. Mais il est hors de question qu’il t’arrive quoi que ce soit. Pas toi, avec tout ce que tu as déjà fait pour moi. »

Elle hurla lorsqu’elle vit les flammes et on se mit à courir tous les deux vers la porte d’entrée. Mon sac était prêt, et le choppai au passage. Frida, elle, courait en nuisette, avait eu juste le temps d’attraper son sac à main. On descendit les escaliers quatre à quatre et nous nous mirent à courir jusque sa bagnole. Elle démarra en trombe, et me sortit :

« On se sort de là, on se met à l’abri de ses potes, puis je te lâche. Tu m’as assez pourri la vie comme ça. »

La grille automatique de l’immeuble s’ouvrit. Quatre skins nous attendaient à l’entrée, armés de battes de base-ball. Elle accéléra encore plus, les renversant, comme des quilles. Le temps que leurs copains se rendirent compte de notre fuite, nous étions déjà loin.

Au bout de quelques kilomètres, à l’extérieur de la ville, elle prit des routes de campagne, puis, après avoir trouvé un endroit isolé, s’arrêta et coupa le moteur. Ses yeux se remplirent à nouveau de larmes.

« Voilà. Je crois que nos chemins s’arrêtent ici. »

Je ne pouvais pas la laisser là. Si elle retournait en ville, ces types s’en prendraient à elle. Pire, s’ils avaient mis les petits copains de Lammour au courant, j’étais sûr qu’elle finirait aussi à la morgue.

« Écoute…

Elle m’interrompit.

« C’est toi que ces types cherchaient. Ils me l’ont dit dès qu’ils sont rentrés. Ils t’ont reconnu. Ils te veulent, toi et ton don. Enfin, ils ne l’ont pas dit tel quel, mais ils savent que tu possèdes quelque chose. Si on se quitte maintenant, je pourrai m’éviter le pire. »

C’était faux, je le savais. J’eus beau essayer de le lui expliquer, elle ne voulait rien savoir. Je lui avais fait trop peur. Il y avait de quoi, je m’étais fait peur à moi-même. Je ne me savais même pas capable de commettre une telle atrocité.

Il ne me restait qu’une solution. J’y avais déjà pensé pendant la nuit. Lui enlever ces mauvais souvenirs. Enlever le viol, laisser la tentative d’intimidation en la fortifiant, pour lui faire peur. Cela ne pouvait que lui rendre service. Elle se laisserait ensuite convaincre qu’elle aussi était maintenant en danger et que j’étais le seul à pouvoir nous sortir de ce mauvais pas, en trouvant des preuves qui nous permettrait de les faire tomber tous.

À force que j’intégrai toutes ses idées, elle fondit à nouveau en larmes. Elle défit sa ceinture de sécurité en toute hâte et se blottit contre moi.

« Oh Chris, j’ai eu si peur… »

Je la rassurai de mieux que je le pouvais en la caressant, en la couvrant de baisers. Elle était à moi, personne ne pourrait lui faire du mal. Elle ne subirait pas le même sort que Marie. Du moins pas tant que je serai en vie.

Tout doucement, elle commença à me rendre mes baisers, et finit par s’abandonner totalement à moi. Les émotions de la journée, l’adrénaline qui baissait était en train de la consumer. D’un geste rapide elle prit la poignée du siège qui s’abaissa aussitôt. Elle m’enjamba et tout en me déshabillant elle s’enquit de la suite des événements.

« Tu as une idée où aller ? »

« Italie. Il y a quelqu’un qui j’en suis sûr pourra nous aider.

« alors, demain, tu me trouveras des fringues. Ensuite, je te conduirai où tu me diras d’aller.

À ces mots, elle enfonça mon sexe en elle et ne dit plus un mot. J’imagine que c’est à ce moment-là, qu’en Italie, qu’Edgard Friendley appuya sur la touche entrée pour répondre à un message.

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