Épuration

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" Nous représentons l'Ordre..."

Oui, certainement.

Surtout aujourd'hui.

Surtout maintenant.

Alors que tous les hommes en uniforme assistaient à l'interrogatoire.

Au garde-à-vous.

Une belle image !

" Pourquoi n'avez-vous pas obéi, soldat ?

- Ce n'était...ce n'était qu'un enfant..."

Une gifle en plein visage et le soldat respira profondément. Le sang coula de sa lèvre fendue.

L'officier approuva.

C'était une bonne gifle.

" Pourquoi n'avez-vous pas obéi, soldat ?

- Les ordres... Les ordres étaient...faux..."

Une nouvelle gifle et l'officier trouva que son collègue pouvait avoir des capacités parfois.

" De quel droit trouvez-vous que les ordres sont faux ? Qui vous a donné l'autorité de choisir ?

- Un enfant...un enfant, monsieur.

- Vous n'avez pas à choisir les ordres. Ce n'est pas votre rôle !

- Un enfant... Il me fallait... Je ne peux pas !"

L'officier rencontra le regard de son collègue et y lut l'indécision.

Cela amusa le jeune soldat en uniforme de voir son collègue hésiter devant la bonne décision.

Il fallait que quelqu'un donne l'ordre.

Soit ! Que lui importait de le faire ?

Il en avait l'autorité et le grade.

Il acquiesça.

" Vous n'avez pas à choisir ! Les ordres sont les ordres ! Sinon c'est de la mutinerie !, claqua l'adjoint.

- Un enfant de cinq ans. Je...je ne suis pas capable de..., se défendit le prisonnier.

- Ne vous inquiétez pas pour cela, fit la voix doucereuse de l'officier chargé des interrogatoires. Vous n'aurez plus à obéir aux ordres."

Le soldat mutin leva les yeux et regarda son officier supérieur.

Il ne s'aperçut du pistolet posé sur sa nuque que lorsqu'il sentit le froid du métal contre sa peau surchauffée.

Puis il y eut une forte détonation.

Suivie d'un silence profond.

La cigarette fut bénéfique ce soir-là.

Pas forcément pour apaiser les tensions dues à la déplorable scène de ce jour, mais plutôt pour calmer la fatigue.

" Et maintenant ?, demanda l'indécrottable bavard.

- Un enfant de cinq ans perdu dans la nature. Nous le retrouverons tôt ou tard.

- Un gamin ? Sûr qu'il est caché dans une maudite famille de fermiers des environs.

- Possible, reconnut l'officier bourreau.

- Quelle perte de temps !, cracha le collègue. Quel imbécile !

- Nous allons reprendre la piste depuis le début, fit simplement l'officier.

- Nous sommes patients, je sais !"

L'officier se mit à rire et ajouta, sentencieusement :

" Oui. Et nous sommes tenaces."

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