2 - Seiðr

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Sous les chants des femmes et le bruit des tambours, la Völva prit possession de la plateforme en pierre. Elle dansa au rythme des voix. Des dames s'assirent autour d'elle.

« Völva, Völva, Mardöll, Vanadis...

Freyja, Völva, Mardöll, Vanadis... »

Puis ils accèlèrent le rythme des tambours, et la Völva suivit. Elle fit un petit saut, puis tous les membres de son corps se joignèrent avec majesté à la chorégraphie sacrée. Les femmes continuèrent à chanter, de plus en plus vite.

« Freyja, Völva, Mardöll, Vanadis... »


***


Quand la danse sacrée eut terminée, Eirikr monta. Il portait une corne remplit d'hydromel. « Eirikr ! Eirikr ! Eirikr » crièrent les invités.

« Hommes libres de ces terres, soyez les bienvenus ! », commença le chef du clan. « Freyja vous soit louée ! ». « Louée soit Freyja ! » crièrent-ils. Il but une gorgée et déversa le reste au sol . « Que le combat commence ! »

Les gens levèrent leurs poings et crièrent en choeur : « Ouh ! Ouh ! Ouh ! ». Sous le son des tambours, un homme très robuste courrut au centre de la foule. Il avait un bouclier rond et une épée courte. Puis vint Thoraldr. Tout comme son adversaire, il avait un bouclier rond. Son arme était une hache ordinaire. La foule continuait à hurler en choeur. Les deux hommes se placèrent face contre l'autre. Et Eirikr prit de nouveau la parole.

« Voici Skjold, fils de Svan ! ». Ses admirateurs crièrent « Ouais ! ». « Et, Thoraldr, fils de Thordar ». De-même, les admirateurs du viking crièrent en sa faveur — notamment Svala et ses deux enfants. « Que le meilleur gagne ! »... La foula cria à nouveau de joie.

— Pour Freyja ! crièrent les deux hommes.

Puis, ils brandissèrent leurs boucliers. Le combat sacrificiel débuta. Thoraldr lança un premier coup de hache sur le flanc gauche de son adversaire. Skjold réussit à bloquer le coup avec son bouclier, puis repoussa violemment le viking. Thoraldr ne pu résister à la carrure de son adversaire : il tomba au sol. Skjold resta en position, il laissa le viking se relever et hisser de nouveau son bouclier. Thoraldr ne quittait point des yeux la brute. Dans le public, on criait d'excitation à chaque coup. Et parfois, lorsque les coups échouaient, on pouvait entendre des déceptions.

Les coups pleuvaient des deux côtés. Tout allait très vite. Il était difficile de suivre le combat. Jusqu'au moment où l'un eut échoué à contrer le coup de son adversaire. La hache de Thoraldr heurta le flanc gauche de la brute. Et elle tomba au sol. Skjold était vaincu. Et la foule se mit à acclamer le nom du vainqueur. Svala soupira de soulagement et ses enfants, innocents qu'ils étaient, se réjouissaient de la gloire de leur père. Thoraldr était essouflé. Il leva son poing en l'air et hurla comme un berserker, alors que Skjold gémissait au sol. Le viking aida la brute à se mettre sur ses deux genoux.

— Tu t'es bien battu, mon frère. Puisse Freyja t'accorder une place au Fólkvangr. Dit Thoraldr avec compassion.

Dans la croyance nordique, la moitié de ceux qui mourraient au combat étaient accompagnés par Freyja au Fólkvangr, et l'autre moitié au Valhalla, la demeure du dieu Odin.

— Les dieux te... protègent... Thoraldr... fils de Thordar... Répondit Skjold, en train d'agoniser.

D'un vif coup de couteau à la gorge, la Völva le sacrifia. Skjold n'était plus. Son corps sans vie jonchait sur le sol. Tous ensemble ils invoquèrent la déesse. « Freyja ! Freyja ! Freyja ! », criaient-ils. Les haches et les épées cognaient contre les boucliers et les tambours résonnaient.


***


Le rituel se termina par une nuit de banquet. Il eut des boissons et de la nourriture à foison, rien ne manquait pour ce moment particulier et cela en ravissait plus d'un : la majorité des hommes étaient ivres. Il eut des rires, mais aussi des larmes. Quelques femmes durent faire le deuil de leur mari. Et de leur côté, les servants de Skjold devaient se faire à l'idée qu'ils mourreraient avec leur maître, comme la tradition l'exigeait. Thoraldr profita de la soirée non pas avec des larmes, mais de la joie et beaucoup de boisson. Il n'avait qu'une seule envie, c'était de se saouler. Et il en était déjà à sa deuxième chope. Il pourrait être pensé que le viking célébrait humblement sa victoire, mais il n'en était pas qu'ainsi. Il serait probable que la soirée aurait terminé de la même manière, même sans ce combat. Après tout, ces grands banquets étaient si rares... Mais, ce soir là, il ne pu se goinffrer d'alcool. Un événement particulier vint tout chambouler.

— Thoraldr ! L'interpelle un proche d'Eirikr, inquiet.

— Ami, détendez-vous, venez boire avec moi ! Répondit Thoraldr.

— Non, Thoraldr. Je n'ai pas le temps de boire. Eirikr te demande.

— Ca ne peut pas attendre ? Voyons, nous nous amusons tous. Allez, viens boire un coup !

— Thoraldr. Il te demande. Insiste t-il, avec un air des plus sérieux.

Thoraldr se leva alors et déposa sa chope sur la table. L'affaire devait être importante pour qu'on interrompe un nordique en train de boire.

— Rejoins-le à la maison longue, et tout de suite. Dit l'homme, qui s'eclipsa par la suite.

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