7

3 minutes de lecture

Tampo se dirigeait droit sur Analoum, en jetant un dernier coup d’œil sur Tartanne qui le suivait de près.

Contacter Trysol n’avait pas été de tout repos, mais Suan y était parvenus. Cela avait été laborieux de se dépêtrer de toutes les pensées de la rouquine sans se laisser dépassé. Ce qu’il était désagréable d’infiltrer l’esprit d’un autre, de devoir ressentir chaque émotion et devoir encaisser. Est-ce que ça serait toujours comme ça entre eux ? Galérer dans le passé et les craintes de l’autre pour tenter de communiquer.

Suan, toujours plongé dans son propre esprit, se laissa convaincre par du danger que représenter Tampo. Si un jour, il ne parvenait pas jusqu’à la raison de Trysol, qu’arriverait-il ? Il fallait qu’il amadoue la créature née de ses limbes et qu’il le convainque de lui laisser les commandes.

Pendant un instant le temps s’arrêta, alors que Suan força sur les chaines qui le maintenait contre le mur. Ces chaines représentaient Trysol. S’il voulait un jour prendre le pas sur elle, il devait les briser. Tomma lui avait certifier que seules la colère et la peur pouvaient le libérer totalement. Mais cette peur et cette colère ne devait pas lui appartenir. « Tu ne pourras avoir un total contrôle sur le Hàng Xiè que si tu crains pour la vie d’un autre ». Ce n’était pas vraiment la seule option ; mais la plus efficace. Briser les chaînes semblait impossible.

C’est par les chaines, cependant, que Suan se glissa dans la tête de la créature. Les poings serrés sur les maillons, il se focalisa sur Tampo. Sur lui et personne d’autre.

Là, le jeune homme se vit son double astral se détacher de lui… Il y avait une multitude de vie dans sa propre tête. Combien était-il ? Lui, ses vies passées, la créature…

Il se retrouva à la fois sur le dos de Tampo – dans le monde esprit qu’il avait créé, juste en contrebas de la muraille - et paralysé contre le mur où tous les yeux étaient braqués sur lui.

— Tampo, tu vas trop vite. Tu risque de blesser Analoum.

— Toi, pas donner ordre à moi. Toi, inutile, répondit-il dans un grognement. Trsyol, maitre. Pas toi.

— Pourquoi pas moi ? Tu es en moi, ne l’oublie pas. S’il m’arrive quelque chose, tu n’existeras plus. Qui mieux que moi te comprendrait ?

— Trysol maître, répéta-t-il.

Quelle créature stupide, pensa Suan.

— Trysol est un maître parmi tant d’autre. Pourquoi pas moi ?

— Parce que toi, trop faible. Moi, manger toi. Facile de tuer, Suan. Toi, pas rapide. Moi, oui. Trysol pas être moi, toi oui.

— Qu’est-ce que ça veut dire ?

— Si maître meurs, moi mourir.

— Je sais ça.

— Non, toi pas comprendre. Moi, pouvoir avoir plusieurs maîtres. Pas mourir facilement. Si Trysol morte, autre guerrière la remplacer ou moi, libre. Si toi, pas revenu à temps.

— Si tu es conscient d’être libre sans maître pourquoi tu ne la tue pas ?

— Toi, idiot. Trysol contrôle moi. Pas décider, si elle vivante.

— Si je deviens ton maître et qu’on me tue…

— Moi mourir aussi. Trop dangereux.

— Mais tu es conscient que je peux devenir ton maitre.

Un rire éclate pour seule réponse.

Ouais, moi trop faible, songea Suan dépité.

Les chaînes commencèrent à brûler, alors Suan arrêta toute négociation. Il retrouva son premier corps astral, collé au mur, et soupira longuement. Adom et Tomma le regardaient avec compassion.

La femme à la cape s’approcha et en tendant sa main vers sa joue, le caressa.

— Tu sais, il y a d’autres options.

— Comme ?

— Pour Tampo, tu n’es que vulnérabilité. Il te voit comme un hôte trop faible. Tu es un humain. Et tes pouvoir de lianissiens sont apparu que parce qu’il est en toi. Il y’a dans l’étendu de ton esprit une zone spécial. Là-bas se trouve un papillon violet. Il est l’invincibilité de l’âme. Si tu l’avales, Tampo se pliera à chacune de tes volontiers. Mais pour accéder à cette zone, il faut avoir endurer la souffrance. Souffrir sans appeler le Hàng Xiè soi-même.

Peut-être avait-elle vu que cette option lui plaisait plus que les autres, alors elle ajouta.

— Quand tu trouveras le papillon avale-le, ainsi tu n’auras plus besoin de fuir Tampo dans les murailles. Il ne pourra rien te faire. Et à ses yeux tu auras plus de valeur de par ta puissance à ne pas le craindre. Tu ne mourras que par la vieillesse de ton corps d’humain.

Adom qui n’avait rien dit, baissa les yeux. Quelque chose dans cette dernière phrase le blessait.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Vous aimez lire NM .L ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0