Épisode 64

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Givrali

Alors que nous volions à Bourg Bekipan, ou plutôt Bekipan Ville, le pilote de l’hélicoptère nous a mis à jour sur ce qui se passe en ce moment au sud de la province. Ils sont venus nous chercher quelques jours en avance, selon Kadabra et Tarsal, à cause du conflit entre les guildes et la secte. Mon épouse, Tarsal et les ados ont été choqués d’apprendre ce qui s’est passé à Poképolis, alors que Kadabra et moi, nous étions sans voix.

Minute, notre guilde a explosée ? ai-je dit en me tournant vers nos guides.

Désolé, nous a répondu le plus grand des Pokémon Psy. C’est la première fois qu’on nous le dit. On a seulement été informé pour la Crevasse alors qu’on était déjà sur la route pour le nord. Mes condoléances pour vos amis…

À présent, nous sommes de retour au bourg… euh… la ville. Beaucoup de choses ont changé. Plus tôt, ce matin, j’ai même appris que la prêtresse a été enlevée pendant quelques jours et qu’on devait la sacrifier pour une sorte de rituelle ; elle va mieux et on l’a hospitalisée pour une nuit afin qu’elle puisse être surveillée par l’équipe médicale.

En ce moment, je suis assis devant les ruines de notre quartier général, médusé par cette vision. Des années de travaux, partis en fumée, et ce, dans tous les sens du terme. Aussi, mon épouse et moi, nous avons appris que le véritable responsable de la mort de Dracolosse était nul autre que l’un de nos chefs cuisiniers, Qulbutoké.

— Ça donne froid dans le dos, hein ? dit une voix à ma droite.

Je me tourne vers Nidorina, en uniforme. Elle fume une cigarette alors qu’elle observe les décombres avec moi. Je ne l’ai pas entendue arriver.

— Et comment. Je suis un Pokémon Glace et moi-même, je réalise à quel point ces incendies étaient plus graves qu’on ne l’imaginait.

— J’ai entendu dire par notre patronne que la petite Bulbizarre connaît désormais l’identité du tueur de ses parents biologiques.

Je fronce des sourcils et me crispe un peu.

— Elle n’avait aucun droit de le dire à notre enfant, sans notre autorisation, grogné-je.

— Peut-être, mais ta fille est désormais assez grande pour connaître la vérité. Même qu’elle a décidé de faire plusieurs recherches sur le culte et qu’elle n’a pas cessé de nous aider, à l’académie. Ta fille est en train de devenir une jeune femme brillante.

— Je… je vois… Donc, elle n’a pas fait de crise ?

— Rien ! Nada ! Zilch ! C’est sûrement l’ado la plus mature que j’ai connu depuis plusieurs années. Même qu’elle a rendu visite aux Qulbutoké, hier, pour présenter ses condoléances à la famille. L’épouse de ce trou duc’ était surprise, mais ravie que l’une des victimes de son mari avait de la peine pour elle et ses enfants. Bulbizarre a un grand cœur.

— Ça me touche de l’apprendre…

Nidorina lâche sa cigarette par-terre et l’écrase avec une patte arrière, dans la terre froide.

— Sinon, j’ai vu le Salarsen et la Persian que vous avez emmené avec vous, dans le nord. Ils semblaient perdus alors qu’ils traînaient près de l’usine.

— Je sais. Salarsen n’en revient toujours pas que sa famille soit partie sans lui. Persian avait quelques amis dans la guilde, morts durant l’explosion. Ça va leur prendre quelque temps pour digérer la nouvelle.

— Sinon… comment ils étaient avec vous ? Ils ne vous ont pas causé trop de problèmes ?

— Au contraire. Ils ont eu un comportement exemplaire. Mon épouse et moi, nous avons pris la décision d’en faire nos apprentis. Ils ont beaucoup de potentiel.

— Ah ! Bonne nouvelle alors.

Nous échangeons quelques mots sur la température, par la suite et Nidorina décide de continuer à nettoyer les ruines du quartier général, tandis que j’opte pour rentrer chez moi. J’ai à la fois le cœur lourd à cause de toutes ces pertes et la tête pleine d’idées. Il ne nous reste plus qu’une nuit pour nous reposer et demain, presque toute une journée pour se préparer contre la prochaine attaque de la secte.

Bon… résumons un peu ce qui s’est passé depuis le début d’octobre. Ma femme et moi sommes partis vers le nord avec l’œuf. Nous avions Salarsen et Persian avec nous. La Crevasse des Cadoizo a été incendié quelque temps après l’explosion de notre guilde. Ensuite, d’autres villes ont connu le même sort à travers le monde. Milobellus a failli mourir dans l’explosion, mais a survécu grâce aux soins du médecin. Nidorina a découvert des preuves dans les ruines de l’académie qui l’ont mené au principal suspect : Qulbutoké.

Celui-ci se serait enlevé la vie dans la falaise qui mène à Goélise Ville, mais je ne suis pas dupe. Je suis conscient que quelqu’un a dû le tuer. Peu de temps après, Milobellus a lancé un appel aux autres guildes du monde de rechercher la secte et de l’éliminer. Enfin, le culte s’est manifesté dans une autre vidéo virale et a demandé à sa fratrie de passer à l’action, demain soir. Je ne crois pas que tout ça soit dans le bon ordre, mais au moins, je comprends.

Oh Dracolosse… Le bourg merveilleux de ton époque n’est plus qu’un ancien souvenir.

Les choses ont changé et changeront toujours, mais il est évident que l’ambiance de notre communauté n’est plus aussi chaleureuse qu’autrefois. Je ne sais pas non plus si le Fléau Pourpre est toujours en vie, après toutes ces années. J’ai longtemps cru qu’ils étaient les véritables responsables de la mort de notre deuxième maître, mais je me suis trompé.

Alors que je retourne chez moi, j’aperçois PIkachu qui revient de l’académie. Je n’ai pas encore eu le privilège de le rencontrer, mais ce matin lorsque j’ai discuté avec Milobellus, elle m’a mentionné qu’il avait fait une forte impression lors d’une rencontre à l’auditorium. Il a rejoint l’équipe de secourisme de mon fils… la Team Pancakes. Quel nom ridicule… Il semble être un bon gars. Je décide d’aller à sa rencontre.

— Eh ? formulé-je avant de m’approcher de lui.

— Oui… ? Oh ! Vous êtes Monsieur Givrali. Vos enfants s’inquiétaient pour vous !

— Oui, je suis de retour depuis très tard cette nuit. Milobellus m’a expliqué ce que tu as fait pour mes enfants durant notre absence. Merci de t’être occupé d’eux.

Le gamin se gratte derrière la tête, préoccupé. Il semble inquiet.

— Quelque chose ne va pas ? demandé-je.

— Non, rien Monsieur. J’ai seulement passé une bonne partie de la nuit, réveillé. On m’a retrouvé endormi dans une salle de classe, alors que seulement me reposer quelques minutes… Quand j’ai rouvert les yeux, par contre, il n’y avait plus rien à bouger.

— Je vois. Tu as beaucoup travaillé pour la guilde en notre absence, pas vrai ?

— Oui Monsieur. Je ne pouvais pas rester là, les pattes croisées alors que la ville souffrait.

— Très bien, mon garçon. La guilde de Bourg Bekipan a toujours besoin de nouveaux volontaires. Je suis heureux d’apprendre que tu nous as rejoints.

— Bekipan Ville, Monsieur… me corrige-t-il, timidement.

— Ah… Pardon, ça va me prendre un moment pour m’habituer.

Je donne toujours cette impression aux Pokémon que je ne suis pas approchable, à cause de mon air bête permanent et de mes nombreuses cicatrices. Il est vrai que je suis connu pour être une brute, en ce qui concerne les criminels, mais je ne suis pas si méchant que ça.

— Rentrons. Mon épouse nous prépare des crêpes pour le déjeuner.

Pikachu opine du chef et décide de me suivre. J’ai hâte de passer un peu de temps avec mes enfants, même s’il ne nous reste que deux jours avant le retour du culte. Voyons voir ce que Tiplouf et Bulbizarre ont accompli pendant que nous étions coincés dans le nord.

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