Épisode 52

6 minutes de lecture

Ronflex


Encore quelques jours avant Halloween. Les gens ont recommencé à sortir plus souvent, même si on s’inquiète toujours pour la disparition soudaine de notre prêtresse. Moi, j’ai traîné plus de vingt arbres aux ouvriers qui les ont déjà transformés en planches et je vais retourner dans les bois pour déraciner d’autres arbres. Papa et Maman m’ont récompensé avec de très gros repas, hier et avant-hier afin de m’encourager. Je commence aussi à m’habituer à ce nouveau corps. Je dors moins que pendant les premiers jours, même s’il me vient souvent l’envie de roupiller. Tant que je maintiens mon esprit occupé, je reste actif.

Comme toujours, Lucario se laisse transporter sur mon épaule. Nous sommes toujours ensemble lui et moi et je suis heureux qu’il me motive à m’entraîner plus sérieusement. J’ai décidé de me servir de mon poids afin de protéger nos amis lors de nos prochaines sorties dans les donjons mystérieux.

— C’est bon, mon gros, tu t’améliores, me susurre Lucario à l’oreille, alors que je viens de déraciner le plus grand et le plus gros arbre que j’ai eu le plaisir d’abattre jusqu’à maintenant. Je sens que ça va faire plaisir à tout le monde.

— Faut que j’arrête après celui-là, soupiré-je. Mon pauvre dos commence à me faire mal… et je meurs de fatigue…

Il m’embrasse sur la joue et me caresse la tête, alors que je me penche pour ramasser l’énorme arbre. Celui-là me prendra plus longtemps à traîner jusqu’en ville, mais j’en suis capable. Avec ma force herculéenne, je le soulève au bout d’une trentaine de secondes et je le tire dans ma direction.

Lucario poursuit la conversation :

— Avec tout ce qu’on a offert aux ouvriers et ce que les autres ont ramassé, je sens qu’ils vont pouvoir reconstruire notre quartier général. Ou du moins, le rez-de-chaussée.

— Oui… mais je ne crois pas… que je vais pouvoir… y rentrer… Mmm…

— L’arbre est-il trop lourd pour toi, mon chou ?

— N’est pas né le poids lourd qui me résistera… Hnnng… !

Je n’ai pas regardé où je mettais les pieds. J’ai trébuché sur une grosse pierre qui se trouvait devant moi et j’ai perdu l’équilibre. Lucario a bondi de justesse pour atterrir devant moi, alors que je me suis écrasé au sol. L’arbre me tombe sur le dos et je pousse un cri de douleur. J’espère que je n’aurais pas trop d’échardes dans la peau.

— Bébé !? formule mon fiancé. Est-ce que ça va ?

— C’est cette maudite pierre… grogné-je.

Mon partenaire bouge un sur le côté et remarque ce qui m’a causé ma chute.

— Ah ouais… Elle est grosse, remarque-t-il avant de se passer une patte derrière la tête.

— Tu ne pourrais pas m’aider ? Je suis… Hnnng ! Je suis coincé…

— Arf ! Je ne pourrais pas faire tout ça tout seul. Peux-tu m’attendre un peu ? Je vais aller te chercher de l’aide. Je reviens tout de suite, promis !

— D’accord… je réponds, dépité.

Alors que je l’observe s’éloigner, je n’ai pas d’autre choix que de rester là, comme une énorme baleine qui aurait échoué sur la plage. Je lâche un long gémissement plaintif, puis me passe les pattes sous le menton. Si je suis pour rester ici pour un moment, autant piquer un somme. De toute manière, il est très facile pour un gros Pokémon comme moi de tomber endormi. Et dire que je commençai à devenir plus flexible !

Je ferme les yeux et compte les moutons, jusqu’à ce que je fasse enfin ma sieste. Une fois réveillé, je remarque que je ne suis plus seul. Lucario est revenu avec Matoufeu, Bulbizarre, Pikachu et un Ouvrifier qui sont venus avec une poulie attachée à véhicule lourd. La machine soulève l’arbre alors que mes amis m’encouragent à bouger. Mon fiancé se déplace même derrière moi pour me pousser dans les fesses, alors que Bulbizarre essaie de me tirer avec son Fouet Lianes. Matoufeu et Pikachu, quant à eux creusent un peu derrière mes pattes pour que je puisse les bouger un peu et me permettre de me relever. Finalement, avec l’aide de mes compagnons, je suis de retour sur pied. Je soupire de soulagement.

L’Ouvrifier déplace le tronc d’arbre à côté de nous et le laisse tomber.

— Va falloir couper cet arbre en deux ! nous lance-t-il, depuis sa machine. C’est beaucoup trop lourd pour le déplacer dans un camion !

— Il me semblait bien, aussi… baillé-je, me mettant une patte devant la bouche.

— Vous pouvez partir, les gars ! Je vais m’occuper de tout ça !

Aussitôt, le Pokémon Combat passe un coup de fil à ses collègues de travail, pendant que nous nous dirigeons vers la demeure de Tiplouf. Je n’ai plus si mal que ça, en fait. Mon sommeil a rechargé mes batteries, comme dirait mon père. Nous les Ronflex, on guérit assez rapidement quand notre corps est au repos.

— Va falloir que t’arrête de bosser pour cette semaine, Frex, dit Matoufeu à côté de moi. Tu as mérité ton congé. La guilde va nous payer d’ici peu pour tous les troncs que tu as transportés devant l’académie. Ce sera assez d’argent pour les prochaines semaines.

— Ah bon ? fait Lucario. Quand est-ce qu’on reçoit notre part ?

— D’ici une demi-heure. Tiplouf est allé chercher tout ça pour nous, à la banque.

Ah ouais. D’habitude, c’était moi qui faisais toutes nos transactions pour mon ancienne équipe avec Lucario. Mais maintenant que nous travaillons pour la Team Pancakes, Tiplouf est celui qui s’occupe des tâches importantes, comme remplir des formulaires ou des rapports, et même diviser notre argent à parts égales. C’est dans notre contrat, après tout. L’équipe doit toujours partager ses gains, sans exception.

Je baisse mon regard vers Pikachu. Celui-ci est de meilleure humeur que l’autre jour. J’ai entendu dire que Tiplouf lui avait demandé pardon, avant-hier et qu’ils avaient recommencé à se parler. Par contre, notre petit chef est inquiet, car il n’a plus aucune nouvelle de son ami Marisson depuis quelque temps.

Pikachu décide de grimper à mon épaule afin de me parler.

— Salut, me dit-il. Est-ce que tu as mal quelque part ?

— Non, je réponds doucement. Merci de t’en faire pour moi, Pikachu.

— Je voulais simplement te remercier de m’avoir écouté, ces derniers jours. Rio et toi, j’ai l’impression d’avoir rencontré des gens comme vous, de là où je viens.

— Content de pouvoir t’aider. Sans vouloir te mentir, tu me fais plutôt penser à mon petit cousin qui vit à Goélise Ville. Il est souvent inquiet pour un rien. Il a environ ton âge, maintenant que j’y pense… C’est aussi un Goinfrex.

— Ah bon… ? J’espère que ça ne te dérange pas si je grimpe ainsi sur ton épaule.

— Ne t’en fais pas, Pikachu. Je t’entends mieux comme ça.

Il souffle d’apaisement. Je trouve qu’il est beaucoup plus agile sur ses pattes que la première fois où nous sommes rencontrés. Il s’est beaucoup entraîné aux côtés de Bulbizarre, à nos côtés. Des deux, il est celui qui m’impressionne le plus. Je lève ma grosse patte et je lui caresse la tête.

— J’ai pas de petit frère, dis-je, pour plaisanter. Ça te dirait de jouer ce rôle ?

Pikachu, pris au dépourvu, pouffe de rire.

— Pourquoi pas ? formule-t-il. Tu me donnes vraiment cette impression quand t’es avec nous, de toute façon. Merci d’être si gentil avec les autres.

— J’ai toujours voulu une fratrie, mais Papa et Maman ne voulaient pas d’autre enfant, soupiré-je. Ils étaient trop occupés avec le resto…

— Dans ce cas, considère-moi comme ton petit frère, si tu le souhaites vraiment.

— Merci Pikachu, t’es adorable.

Nous continuons notre conversation alors que nous arrivons au cottage de Tiplouf. Celui-ci ne devrait pas tarder à revenir de la banque, avec nos pièces d’or.

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