Épisode 12

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Givrali

Je suis répugné. Non seulement ce canular nous a tous fait dépenser de l’énergie inutilement, mais nous avons arrêté les trois responsables en début de soirée, alors qu’on les a surpris dans l’usine abandonnée de la ville, là où Riolu avait vu le Fléau Pourpre pour la dernière fois. Il s’agissait seulement de trois voyous, deux diplômés de l’Académie Pokémon de la ville et un gamin qui n’y va pas encore, trop petit pour avoir de la jugeote.

Tous trois sont assis en face de moi, alors que nous sommes dans la pièce d’interrogation de notre quartier général. Les parents des trois chenapans sont bouleversés de l’autre côté de la vitre, par laquelle ils peuvent me voir interroger les adolescents. Le gamin n’a pas le droit de parler, mais il est là en spectateur, parce qu’il ne sera pas jugé comme un adulte, mais nous prendrons son témoignage comme un témoin oculaire de la scène.

— Salarsen et Persian, j’espère que vous réalisez à quel point vous avez foutu le bordel à Bourg Bekipan, dis-je, de l’autre côté de la table.

Ils ne répondent pas, menottés à leur chaise. Ils ont honte de ce qu’ils ont fait. Le Pokémon Poison et Électrique est un lézard d’une autre région qui est récemment venu s’installer ici avec son petit frère, le petit Toxizap derrière lui. La Persian vient aussi d’une autre région, mais elle vient d’une famille respectable. Tous les trois sont connus pour traîner souvent ensemble dans les quartiers pauvres de notre communauté, parce qu’ils n’ont rien de mieux à faire. Salarsen n’a jamais empocher son diplôme et Persian n’a pas envie de poursuivre des études supérieures ou même travailler.

— Estimez-vous heureux que ni les représentants de la Guilde Pokémon, ni Monsieur le Maire ne porteront plainte à votre égard. Cependant, Monsieur et Madame Ronflex désirent vous poursuivre en justice pour avoir agressé leur futir beau-fils. J’espère que vous comprenez ce que ça veut dire… Vous avez intérêt à vous trouver un très bon avocat…

— Ce n’était pas mon idée, Monsieur ! brailla Persian. Je vous jure que c’était Salarsen qui…

— Traîtresse ! rugit son acolyte. Ferme ta gueule ! C’était toi qui nous a donné l’ordre !

— Mensonge ! C’est toi qui me mêles toujours à tes combi—

— SILENCE !

J’ai rugi à pleins poumons, soufflant un air glacial dans la pièce. Des cristaux se sont formés sur leurs museaux. Le petit Toxizap se cache derrière son grand frère.

— Puisque vous êtes mineurs, je poursuis, nous tâcherons d’être cléments pour cette fois. Mais à la prochaine offense, je vous jure que je serais celui qui vous mettra en cellules et je me ferais une joie de vous remettre à votre place, tous les jours !

Salarsen déglutit tandis que Persian baisse la tête.

— Et notre poursuite ? demanda le grand lézard.

— Oubliez ça, le tout sera réglé à l’amiable. Cependant, vous allez devoir faire des travaux généraux pour le Bourg Bekipan, puisque par votre faute, vous nous avez fait perdre douze heures à rechercher de dangereux criminels dans cette ville. Pour les douze prochaines semaines, vous serez sous mes ordres, que vous le souhaitiez ou non. Et j’ai déjà la punition parfaite pour vous. Vous ne devinerez jamais où je compte vous emmener… Il y fait très froid. Vous risquez de regretter votre canular…

— Oh non ! Tout sauf la toundra, Monsieur Givrali ! couine Persian.

— Et moi !? Vous avez pensé à moi ?! Je risque d’en mourir ! beugle Salarsen.

J’esquisse un petit sourire, satisfait de mon coup.

— Bien entendu, Toxizap ne sera pas puni par la loi de Bourg Bekipan. Cependant, il sera privé de sortie de chez lui, le temps que vous reveniez de notre mission. Vous serez tous deux nos escortes, mais vous aurez une tâche importante à relever… Qui sait, si tout se passe bien, nous reviendrons avant la fin du mois et je serais peut-être moins strict avec vous… Mais à la moindre erreur, sachez que je vous ferais payer votre insolence…

Encore une fois, du givre recouvre leurs corps alors qu’un vent glacial émane de ma bouche. La grande chatte se met à grelotter alors que Salarsen est sur le point de paniquer. Tout le monde sait à quel point le froid peut être dévastateur pour un lézard… Celui-ci est en train de devenir malade. Il s’écrase sur sa chaise. Heureusement, je ne vise pas son petit frère.

— Zztop ! Vous zzzallez tuer mon grand frère ! zozote Toxizap.

— C’est bon, je ne suis pas un meurtrier, formulé-je.

Je fais aussitôt disparaître le début du Blizzard que j’avais invoqué. Salarsen reprend rapidement des couleurs alors que Persian soupire de soulagement.

— Promettez-vous d’être sages sur la route ? demandé-je à mes prisonniers.

— Oui, Monsieur ! répondent mes interlocuteurs, en même temps.

— Tous ce que vous voulez ! ajoute Persian, au bord de la panique.

— Parfait… Je vais maintenant aller glisser deux mots à vos parents. Restez là sagement pendant que mes collègues de travail viendront vous détacher.

Je descends alors de ma chaise et me dirige vers la porte de sortie, le regard perçant du petit Toxizap me suit alors que je le vois du coin de l’œil. Je lui ai donné la frousse de sa vie.

À l’extérieur de la salle d’interrogation, je croise les parents de Persian qui rouspètent avec les gardes de la porte et mon épouse. Monsieur et Madame Salarsen, quant à eux, sont exténués. Ils sont en larmes et ont honte du comportement de leurs enfants.

— Rendez-nous nos enfants tout de suite ou je poursuis la guilde pour lui avoir forcé à parler sans la présence de son avocat ! ordonna Madame Persian.

— Pour cela, il aurait fallu qu’elle ne commette pas de crime, Madame, expliqué-je sèchement. Et puisqu’elle a violenté Riolu et qu’ils ont tous trois confirmé l’incident à leur arrivée, ce procès n’aura pas lieu. La victime lui-même a confirmé qu’il s’agissait de ces trois voyous, déguisés et armés de bâtons. Ils se sont jetés sur lui sauvagement pour lui voler son argent et ont pris la fuite comme des lâches !

— Mensonge ! Ma petite Persian ne ferait jamais une telle chose !

— Et pourtant, nous avons retrouvé leurs déguisements dans l’usine abandonnée, ainsi que les armes qu’ils ont employées sur notre jeune collègue de travail. Votre fille est désormais sous probation pour une période de trois mois, ainsi que Salarsen. À la moindre nouvelle offense, tous deux seront incarcérés et jugés comme adultes pour ce crime qu’ils viennent de commettre. J’espère que vous comprenez que je fais preuve de clémence envers vos enfants, Madame. Il n’est pas prudent, non plus de se faire passer pour les membres du Fléau Pourpre. Surtout pas dans cette communauté où leur nom a du sang sur leurs pattes…

Le visage de Madame Persian passe du bleu foncé au blanc. Elle vient de réaliser à quel point le crime de sa fille est grave. Son mari est tout aussi effondré qu’elle.

— Allez chercher vos gosses, dis-je sur un ton froid. Demain, mon épouse et moi, nous irons chez vous pour les ramasser. Vous avez intérêt à les habiller chaudement. Ils seront logés et nourris sur la route.

Je m’assure de regarder en direction des parents Salarsen alors qu’ils opinent du chef respectivement, à ma demande. Ce n’est pas la première offense de leurs enfants, seulement cette fois, ils sont allés trop loin et ont blessé un membre de ma guilde. Nous ne pouvions pas fermer les yeux sur ce crime. Surtout pas après la perte de Dracolosse…

Alors que je me suis perdu dans mes pensées, mon épouse a mis une aile sur ma tête, afin de me montrer qu’elle est là, et qu’elle comprend ma douleur. Dracolosse était notre ami…

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