Pensées écrites d'un libertin

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J’écrivis, en ce temps-là, d’autres de mes pensées, qui parvinrent jusqu’à la cour, elles furent lues sous le manteau, comme le disent ceux de votre âge ce jour d’hui.
Voici ce texte.

Quand l’homme que je suis, sur la pente entraîné vers le sublime,

De mes désirs libertins, suis-je l’esclave, le maitre ou la victime,

Cède-je aux assauts irrépressibles qui semblent m’envahir,

Et sont-ce donc ces plaisirs qu’il me faut accuser, sans me repentir ?

Car point, je ne puis jouer les faux dévots, il est en même tout le contraire ;

Ces plaisirs orgasmiques sous à tous mes maux un baume salutaire ;

Ils sont cet éternel réponses de tous mes rêves les plus divers,

J’adore donc en en eux tout l’ame de l’univers.

Sa voix qui à chaque instant m’interpelle à moi se fait entendre,

Et le fol espoir d’encore en jouir, me fait tout entreprendre,

Il me fait créateur d’arts si variés, il fait battre en moi ce pouls,

Que point, je ne veux les immoler aux caprices de bigots jaloux,

De mes érotiques arts, par eux décriés, que rêve mon âme féconde,

Tels ceux, qui jadis, donnèrent par leurs œuvres, maints plaisirs au monde.

Ces arts font plus que de combler mes voluptueux désirs,

Ils sont l’essence de mes besoins vitaux, mon extatique plaisir,

Ils sont le présent qui nous sont offerts par l’Être suprême,

Quoi qu’en disent ces maudits dévots, c’est un bien en moi-même,

Que je tire les plus grands de tous les plaisirs, plus que des honneurs.

Car même si la bêtise si vigilante de ces mauvais moralisateurs,

Juge de ma personne, pour savoir si elle n’est que blasphème illégitime,

Si elle chante les louanges de leurs vertus, ou entraîne au crime.

Je ne cherche qu’à éclairer mes semblables et parler à leur raison,

Je ne veux que leur offrir ce remède au pire des poisons,

Ce venin, cette intolérance, qui, distillée par des esprits habiles,

Propage dans le pays de messire de Voltaire, par des ressorts futiles.

Je le dis et le clame haut et fort, voyez ces vils imposteurs,

Qui ne sont là que pour semer la discorde et répandre l’erreur.

Par maints moyens, ils ne rêvent que de fausses gloires,

Par leurs mots et actes sanglants, ne voient que la victoire.

Échauffant les âmes et les cœurs par le sang et le carnage,

Veulent nous faire l’échine courber sous le joug de l’esclavage,

Et l’humanité entière, devant mes yeux, plie, mais point ne cède,

Aux fourbes, que les plaisirs réprouvent, que leur dieu tant obsède,

Imaginant obtenir de lui la divine et ultime récompense ;

Si sûr de lui et de sa divine puissance.

Je ne veux, que les esprits curieux, instruire, et mieux faire connaître,

Les effets des tous ces plaisirs, offrir nous, mortels êtres,

Qu’ils en soient les principes actifs, le plus puissant outil cérébral,

Pour que dans l’éternité disparaisse ce monde faussement moral,

Que pour tous les temps cette flamme allume nos ardents désirs,

Fasse fuir la douleur et le fanatisme et chercher tous ces plaisirs.

Parmi eux, il en un que je goûte, de son règne suprême,

Face à lui, tout autre à sa lumière disparaît de lui-même,

Comme l’ombre de la nuit, qui fuit aux rayons du jour ;

Et ce plaisir suprême est celui de ces voluptés de l’amour.

Ses feux brûlent comme un phare et qui le voit, l’admire,

Il embrase toutes et tous, qui cèdent à ses charmes qui l’attirent.

Il est le père, le fils et le saint esprit qui nous nourrissent,

Il se fait l’amante, qui de ses douceurs, se fait tentatrice,

Il est celui qui offre cette joie de vivre sur cette terre,

Répondant à nos besoins, nous fait exister sans guerre.

Alors, ami, refuses les fers que veulent t’imposer ceux qui te briment,

Chasses loin de toi les coups de ceux qui t’oppriment,

Fuit la politique, cet art qui fut si sage en ses desseins,

Dont le grand œuvre fut d’assurer le bonheur des humains,

Devenu cet artifice creux, devenu odieux, qui ne se fonde,

Que sur la fausse grandeur de ceux que ne vivent que des malheurs du monde.

Rejettes et combat le bras armé de fausses vérités qui ta tant battu,

Fuis celui, qui la servitude, veut faire la plus belles des vertus,

Fais fuir, le maudit infortuné dont l’aveuglement extrême,

Sembla le dépouiller de la conscience qu’il a de lui-même.

Mais surtout, il ne te faut point oublier d’être heureux

Ne voit que le plaisir, seul ressort de notre ame,

Dont les actions nous meuvent et nous enflamment,

De l’homme le plus simple, jusqu’au plus grand potentat ;

De l’homme honnête, au plus grand magistrat,

Tous sont avides des plaisirs et de leurs divines puissance ;

Mais jamais, ne sois asservit sous le joug de l’obéissance,

Ainsi tu trouveras le chemin du salut ;

Et que pour toujours, le plaisir soit ton but.

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