Dépôt de plainte

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En quittant l’hôpital, Lola n’avait qu’une envie, rentrer chez elle et se réfugier dans sa chambre pour se reposer. Cependant, Christine n’était pas du même avis :
« - Te sens-tu prête à te rendre à la gendarmerie maintenant ou plus tard ?
-    Je ne veux pas y aller ? répondit-elle.
-    D’accord, nous irons d’ici quelques jours.
-    Non, maman, tu ne m’as pas comprise, je ne veux pas y aller du tout, je ne porterais pas plainte.
-    Quoi, comment ça ? Nous irons porter plainte que tu le veuilles ou non après ce qu’il nous a fait, rétorqua sa mère. »

Lola lui répondit, sur les nerfs, que c'était à elle que c'était arrivé, pas à eux. Ce qui voulait dire qu'elle seule pouvait prendre la décision de porter plainte ou non. Christine s’excusa et laissa sa fille tranquille se promettant qu’elle n’abandonnerait pas, qu’elle réessaierait le moment venu.
Paul, quant à lui, restait silencieux. Il avait de grosses poches sous les yeux, signe de la fatigue des jours précédant. Il n’était pas du genre à faire de grands discours ni même à exprimer ses émotions, il gardait tout en lui. On lui faisait souvent la remarque qu’un jour, il finirait par exploser et que cela ne serait pas beau à voir.

Néanmoins, ses yeux le trahissaient. Ils étaient remplis de haine, de tristesse. Quelqu’un avait osé toucher à sa petite fille, son bébé. Il était en colère certes mais il gardait son calme. Lola aimait qu’il ne dise rien, elle ne voulait pas en faire toute une histoire, comme sa mère était en train de le faire.
Continuer sa vie, aller à la fac, écrire, se faire de nouveaux amis. Voilà ce qu’elle souhaitait, oublier ce chapitre de sa vie et faire comme s’il ne s’était rien passé. Ne pas se souvenir était un avantage, au bout de quelques jours, elle n’y penserait même plus.  Il était absolument hors de questions que cette nuit lui gâche sa vie, son avenir, ses rêves.

Elle en avait fini de pleurer maintenant, elle se remettait les idées en place. Lola a toujours été quelqu’un de fort, de déterminée. Positive, ambitieuse, elle ne reculait devant rien pour parvenir à ses fins. Il n’était aucunement envisageable qu’elle devienne une victime de viol qui se lance dans un combat perdu d’avance. Sans oublier les séances chez le psy, non, elle ne voulait pas être cette fille détruite, qui renonce à vivre sous prétexte qu’elle a eu un accident.


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