Chapitre 4

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 Pour obtenir une audience auprès des Dieux, le sanctuaire d’Apollon à Delphes semblait tout désigné. Ils partirent donc le lendemain, à la faveur de l’aube, en direction de la Phocide. Antès avait insisté pour monter à cheval, tandis que Dione resterait assise dans la charrette. Ils avaient laissé quelques pièces à leur voisin pour garder les moutons et emporté le strict nécessaire de vivres et de vêtements sans plus se soucier des devoirs du citoyen. L’étrusque avait attaché ses cheveux en nattes qui lui tombaient sur les épaules et portait un bandeau de tissu rouge sur le front, tandis que son maître s’était chargé le moins possible. La température montait un peu chaque jour et il serait bientôt possible de marcher en sandales, même sur les plaines herbeuses, mais ils portaient des bottes de cuir plus propices aux pérégrinations.

 Sur le chemin, des fermiers tiraient leurs bœufs à l’ombre, des cargaisons, des marchandises rejoignaient leur route depuis Corinthe et le reste du Péloponnèse. On suait et on fêtait partout l’équinoxe du printemps. Des manifestations paysannes se mêlaient aux processions saisonnières et préparaient les concours.

 Ils marquèrent un arrêt au temple d’Hécate pour y déposer encore des grains, malgré le désarroi du prêtre qui ne recevait plus la moindre offrande depuis la dernière cérémonie. Ce dernier ne comprenait toujours pas pourquoi on s’obstinait à offrir des céréales à la déesse ; craignant qu’on la confondît avec Déméter, mise à l’honneur par tous les agriculteurs, mais l’état de sa frise l’inquiétait davantage, maintenant que les figures de Zèle et de Force, allouées à Hécate, s’étaient brisées sur le parvis. Il soupira, rejetant ses drapés à l’arrière du péristyle. Même sa demande d’argent à l’archonte éponyme avait été rejetée, le condamnant à assister à la ruine progressive de son établissement.

 Pendant qu’ils s’éloignaient, Dione aperçut deux esclaves torses nus, présents la dernière fois : un mastodonte celte et un coureur aux mollets épais, sûrement originaire d’Italie, comme elle. Leur maître ne devait pas être loin. Elle sourit et remonta les plis de sa robe pour retrouver Antès qui avait déjà pris place sur sa selle, maugréant :

 – J’ai accepté de t’emmener, à condition que tu ne me ralentisses pas.

 – Vous avez choisi de faire escale ici, sans me dire pourquoi, rétorqua-t-elle sèchement, et je ne leur ai même pas adressé la parole.

 – Contente-toi de me suivre et de faire ce que je te demande.

 L’athénien secoua les rênes et la charrette se mit en branle. Les heures passèrent, les jours ; les dunes se succédèrent et les bosquets, les massifs de genêts éclos sur la bordure transportaient une douce mais langoureuse fragrance. Quelquefois ils s’arrêtèrent dans une clairière et s’abreuvèrent dans un ruisseau, étendant leurs tuniques et repartant dès qu’elles avaient séché. Dione se réjouissait d’avoir quitté l’enceinte de la ferme et ses environs, mais elle n’imaginait pas que la région fût aussi vaste.

 Des montagnes commencèrent à germer et se multiplier à l’horizon, la route à grimper, forçant à faire des pauses de plus en plus souvent pour que le cheval reprît des forces, ainsi que son cavalier ; bien qu’il n’en laissât rien paraître aux yeux de son esclave. Le mont Parnasse culminait au milieu de la chaîne, perçant les nuages et pointant vers un autre monde où, disait-on, les muses s’ébattaient librement. L’air se faisait pressant dans les défilés et la chaleur toute relative, glissant sur les conifères et s’infiltrant dans les nombreux interstices des falaises où se réfugiaient des animaux apeurés. Ils se lavaient à l’eau des fontaines ponctuant la route vers Delphes et se nourrissaient des restes de pain et de fruits secs qui reposaient sur les flancs de l’animal. Lors d’une étape assez laborieuse de leur ascension, Dione s’impatienta.

 – Delphes se trouve vraiment au milieu de ces montagnes ?

 – Il n’y a pas d’autre chemin, répondit Antès avec une pointe d’étonnement.

 – Pourquoi ne pas être allé chercher un autre oracle ? Même dans ma tribu, nous avions deux haruspices. Qu’est-ce que vous allez lui demander ?

 – Ce qu’il me reste à faire et, qui sait, l’identité du meurtrier. La Pythie est la plus sûre des prophètes ; beaucoup de héros l’ont consultée avant nous : Oreste, Œdipe, et de nombreux rois.

 Ces héros et ces rois n’étaient pas les siens, mais elle avait souvent entendu leurs noms, lorsqu’elle était au service d’un autre. Elle resta silencieuse, jusqu’à un déclic : un bruit suspect, de mécanisme déréglé, qui sifflait désagréablement.

 – Quelque chose ne va pas.

 La charrette se mit à trembler et le cheval fit une ruade qui manqua de faire tomber son cavalier, fermement agrippé à la bride. Il parvint à calmer l’animal et jeta un œil dans son dos. Une roue reposait sur le bas côté et l’embarcation tanguait dangereusement, Dione à son bord qui n’avait pas bougé d’un pouce malgré l’accident. Elle descendit et montra du doigt l’ancien emplacement de la roue, et une tige qui la maintenait, brisée. En outre avait-elle butté sur une pierre, et le bois usé n’avait pas tenu.

 – C’est triste, ironisa-t-elle en dévisageant son unique interlocuteur, mais je crois que nous allons devoir continuer à pieds.

 – Parle pour toi, il me reste encore l’étalon.

 – Et le sac ?

 – Sur tes épaules ! Tu es venue pour m’aider non ? Eh bien, c’est l’occasion de me prouver que tu as au moins assez de force dans les bras pour ça.

 Quel toupet, songea l’esclave en époussetant son épaule.

 – Partez au galop, dit-elle en lui lançant un regard noir, et vous ne me verrez plus jamais, soyez-en sûr.

 Dione déchira le bas de sa robe pour marcher plus facilement, laissant voir les anneaux de bronze à sa cheville. Ils s’entrechoquaient à chacun de ses pas, sonnant gaiement et l’accompagnant, comme les musiciens d’une danseuse phrygienne. Après sa capture, elle avait aussi été formée aux arts du chant et de la poésie grecque. Antès récupéra ce qu’il pouvait de vivres et les attacha sur les flancs du cheval, confiant le reste : une lourde charge, à la jeune femme qui ne broncha pas, et repartit sans plus attendre. La journée avançait et le vent tournait en leur défaveur, les poussant vers l’arrière et la pente, mais ils ne se décourageaient pas, l’un pour garder un semblant de contenance face à son esclave, et l’autre pour lui démontrer qu’elle était tout à fait capable de franchir cette étape.

 La nuit tomba sans crier gare et le maître crut bon de s’installer en bordure du chemin pour éviter, disait-il, que des lions ne s’en prissent à eux. Dione doutait qu’on en trouvât encore dans cette région et proposa de trouver un abri plus sûr, à l’abri du vent, mais l’ex-soldat s’était déjà installé et ne lui laissa pas d’autre choix que de l’imiter.

 Le lendemain matin, le duo se réveilla péniblement, endoloris par les cailloux et le froid. Seul hic : le cheval avait disparu, et les rations avec lui.

 – Je vous avais prévenu ! lança la jeune femme, qu’il n’était pas avisé de s’arrêter aussi près du complexe, avec une telle affluence de voyageurs. Les voleurs sont nombreux sur les routes, même en Grèce, mais je présume que vous n’avez jamais quitté le giron de la cité…

 – Comment oses-tu ? Je suis sûr que c’est toi qui l’as libéré, avoue.

 – Je n’ai pas plus envie que vous d’être coincée sur cette route. J’ai eu cent fois l’occasion de prendre le cheval et de partir, seule, dans votre sommeil. Pourquoi ne l’ai-je pas fait ? Probablement par pitié. Je l’ignore. Mais nous sommes arrivés, il me semble, alors je crois qu’il vaudrait mieux pour nous de rester focalisés sur l’objectif.

– Ne me dis pas ce que je dois faire ! Sauvage tyrrhénienne.

 Il attrapa sa canne et la leva au-dessus de sa tête pour frapper, comme il l’avait toujours fait. Dione le vit venir et recula d’un pas : sautant, dansant autour d’Antès, et en profita pour passer dans son dos, avant qu’il n’eût pu frapper une seconde fois. Rendu fou par la colère et inconscient de son infirmité, il perdit l’équilibré et s’écroula lamentablement dans la terre, maculant de boue et de mousse son gilet en laine. L’esclave le regardait de haut, méprisante, du même air que les archers scythes de la maison de Propis. Ses longs cheveux cascadaient jusqu’à ses bras croisés, encadrant son nez retroussé et ses yeux sombres. C’est vrai, pensa-t-il, qu’elle ressemble à Naros sous cet angle. Voyant qu’il restait tétanisé, elle poussa un long soupir et l’aida à se relever, lui montrant le chemin du doigt, vers le sanctuaire, perché, où se perdaient si bien les rais du soleil qu’on l’eût cru investi par Apollon en personne.

 Antès reprit progressivement du poil de la bête, passant d’un mutisme assez pathétique à son ton capricieux, d’autant plus agaçant qu’il devait régulièrement hurler à son esclave de ralentir pour se coller à son rythme. Une douce ironie qu’il refusa d’entendre, tout comme l’instant précédent. A force de rabâcher qu’il n’avait pas eu lieu, il parvint presque à s’en persuader.

 Ils firent une halte au temple d’Athéna Pronaïa, en contrebas du sanctuaire pythique, où des nomades de tous les horizons, même des étrangers et des insulaires, confiaient leurs affaires aux prêtresses. Un grand édifice en pierre poreuse mélangeait des éléments archaïques effondrés durant un tremblement de terre et d’autres plus récents où on recevait les pèlerins. Depuis sa position surélevée, le temple d’Apollon, aux frises et aux ornements multicolores, semblait veiller sur toute la vallée, mais c’était bien celui de Pallas, plus en retrait, qui préparait autant les voyageurs fatigués aux oracles qu’il les en protégeait, ainsi que du rude climat des montagnes. La preuve de cette présence résidait dans une mer d’oliviers aux reflets argentés qui se développait depuis le monument jusqu’à la côte. Ils avaient changé de façade. Dione se demanda si des étrusques l’attendaient de l’autre côté.

 Un chemin de terre en pente aménagée permettait de relier les deux sites, si raide qu’Antès crut plusieurs fois qu’il n’en verrait pas le bout. D’autres gens les accompagnaient, de plus en plus nombreux à mesure qu’ils approchaient de la niche des rois d’Argos, une étroite colonnade en hémicycle. On faisait la queue pour rejoindre le temple principal, muni de trésors ou d’autres cadeaux exotiques. Ils n’avaient que quelques drachmes et une amphore de bronze à leur offrir.

 C’était la première fois que Dione pouvait admirer un tel édifice religieux, parsemé d’or et d’une solennité mystique. Plus elle regardait ses colonnes doriques, l’usure des tranches et la peinture bleue et rouge de sa frise, plus elle s’émerveillait. Alors, elle aperçut la file interminable qui en partait et les percepteurs aux sacs rebondis, remplis de pièces et de joyaux. Elle comprit ce qui les différenciait du prêtre d’Hécate.

 – Que fait-on ici ? glissa-t-elle nerveusement à l’athénien admiratif. Que vient-on chercher ?

 – Une réponse.

 – Et s’ils ne nous la donnent pas ?

 – Il est un peu tard pour se le demander, tu ne crois pas ? Après tant d’efforts, tant de difficultés, je crois bien que seuls les Dieux peuvent nous aider.

 – Il y a forcément une autre solution. Cet endroit est mort, et rempli d’ombres. Il ne faut pas rester. Moi, je ne fais pas confiance à cette Pythie qui reçoit autant d’argent pour ses prodiges qu’un roi.

 – Tu pourrais te faire exécuter pour avoir dit ça.

 – Ça ne vous arrangerait pas.

 Antès l’ignora. Ils attendirent longtemps, remontant la pente et les escaliers, lentement, au rythme des entrées et sorties du grand temple. Certains y restaient des heures, d’autres seulement quelques minutes, selon leur niveau de richesse. Ils n’avaient pas mangé, et le soleil commençait à se coucher, les sauterelles se réveillaient autour d’eux, sur les murets et les tiges des buissons ; stridulaient. Pris entre les oliveraies, les ifs torsadés et les montagnes vertigineuses, le site n’avait pas volé sa réputation de nombril du monde ; la seule région où se tutoyaient tous les paysages. Des rais effilés par les hauteurs se répandaient dans tout le sanctuaire, en particulier à leur niveau. Enfin, se dit Dione, les prêtres eux-mêmes ne l’avaient sûrement pas remarqué ; eux qui avaient les yeux rivés sur leurs coffres bien remplis.

 Il faisait presque nuit lorsqu’ils atteignirent le parvis. Le prêtre attendait avec son urne où Dione déposa tout ce qui restait de leurs économies. Il acquiesça et fit volte-face sans un mot.

 – Que faites-vous ? l’interrogea Antès, surpris. Nous n’allons pas rencontrer la Pythie ?

 – Je regrette, mais c’est impossible. Rencontrer la Pythie est un privilège qui ne s’obtient pas avec de l’argent, et certainement pas en cette période.

 Il s’était attendu à voir cette femme voilée, perchée sur une haute chaise, en train d’agiter les bras frénétiquement et de prononcer des paroles cryptiques, insufflées par des vapeurs souterraines. Il n’en serait rien. Cette désillusion entraîna un léger doute auquel les mots de Dione donnaient plus d’ampleur. L’idée germa dans son esprit qu’il pourrait repartir bredouille et cette éventualité le fit frémir. Le prêtre revint finalement et le rassura :

 – La Pythie a parlé.

 – Qu’a-t-elle dit ?

 – « Le même visage apparaîtra sur le mur, et il te sourira ».

 Antès et Dione se regardèrent, circonspects.

 – Vous êtes sûr qu’elle a voulu dire ça, et pas autre chose ? s’enquit le berger, innocemment.

 – Nous faisons la traduction, la signification ne regarde que vous. L’avenir est une pente glissante. Un oracle peut se réaliser dans une seconde comme dans mille ans. Maintenant, si vous voulez bien, d’autres attendent derrière, et notre sanctuaire a besoin d’argent pour tourner.

 – Mais elle n’a pas répondu à ma question ! s’écria l’athénien qui sentait toutes ses chances lui échapper d’un coup.

 – Elle ne donnera pas de réponse personnalisée. Partez maintenant, la nuit va bientôt tomber, et l’œil de Loxias ne s’attarde jamais au crépuscule.

 Antès faillit imploser de plus belle, mais le regard sévère du héraut sacré l’en dissuada, ainsi que les gardes postés sur les angles du péristyle, armés jusqu’aux dents. Profaner un tel lieu était une folie, et cela ne lui ressemblait pas. En désespoir de cause, ils s’installèrent sur le rebord du promontoire, leurs jambes affleurant le précipice, retournant dans tous les sens la prédiction de l’« oblique » prophétesse, sans y trouver le moindre sens. C’était évidemment une entourloupe. Antès posa sa canne sur le côté et enfouit sa tête entre ses genoux. Dione crut qu’il sanglotait, mais il crachait des insultes, contre le prêtre et contre Propis, contre Naros qui l’aurait mené jusqu’ici, surtout, contre lui-même. Ils n’avaient plus de cheval, plus de charrette, plus d’argent, et les jours avaient autant épuisé leurs corps que leurs esprits. Ils se retrouvaient coincés à Delphes sans la moindre connaissance, et sans nourriture.

 Dione proposa d’aller chercher un marchand de passage pour rentrer. Elle n’était pas naïve au point de croire qu’on les aiderait gratuitement, même en un lieu saint, mais l’espoir était tout ce qui leur restait. Il lui semblait que l’esprit de Naros l’intimait de continuer. Antès, quant à lui, avait renoncé et semblait prêt à se laisser mourir ici. L’esclave songea à le redresser de force, mais elle craignait d’empirer la situation. En même temps, personne n’irait la chercher, et l’athénien ne lui était plus d’une quelconque aide. Elle fit les yeux doux à un riche spartiate, qui l’ignora. Un autre faillit l’agresser, si elle n’avait pas aussitôt brandi un couteau en silex qu’elle gardait sanglé à sa cuisse depuis le fameux soir. Devant tous les refus, et les risques encourus, Dione se rendit à l’évidence. Personne n’accepterait de les embarquer. Résolue, elle rejoignit son maître qui ne s’était même pas aperçu de son départ.

 – C’est étrange, dit-elle à mi-voix, je voudrais partir, mais quelque chose est toujours là pour me retenir.

 – Je vous sens abattus.

 Ce n’était pas la voix d’Antès. La jeune femme se tourna brusquement. Un petit bonhomme trapu se tenait entre les deux, sans qu’ils l’eussent remarqué, son crâne dégarni et des sourcils broussailleux qui n’étaient pas sans rappeler les fermiers de l’Attique. Dione s’approcha sans rien attendre en particulier, seulement reconnaissante qu’on daignât lui parler.

 – Nous avons perdu notre charrette en chemin et notre cheval s’est enfui pendant la nuit, expliqua-t-elle. Sans argent, on ne peut pas retrouver la campagne et encore moins Athènes. Non pas que je veuille y retourner…

 – Esclave ? s’étonna-t-il, d’autant plus en voyant sa tenue. Vous parlez bien le grec.

 – On ne peut rien vous cacher. Ma tribu vivait sur la côte ionienne, alors j’ai appris le grec avant tout le reste. Vous ne vous débrouillez pas mal non plus.

 – Je vais de cité en cité, vendre de la céramique, côtoyant les riches et les pauvres, il faut bien s’adapter à la clientèle. Je pars demain pour Thèbes avec mon attelage. Comme j’ai offert quelques vases au sanctuaire, je dois avoir assez de place pour y faire monter une ou deux personnes. Athènes est la prochaine destination. Vous ferez un petit détour, mais c’est toujours mieux que de faire le trajet à pieds, surtout avec les fauves et les bandits qui rôdent.

 Antès se réveilla à l’évocation de la cité béotienne, tandis que Dione allait déjà remercier leur bienfaiteur.

 – Vous vendez à ces traîtres ? demanda l’athénien déjà remonté.

 – Mon ami, rétorqua-t-il, je vends à qui achète, qu’il soit athénien, béotien, celte ou même perse, c’est comme ça que j’arrive à vivre.

 – Je ne peux pas croire que vous acceptiez de nous transporter gratuitement…

 – Je crois encore aux règles d’hospitalité, et je ne peux pas décemment vous abandonner ici, alors que la nuit est sur le point de tomber et que vous n’avez nulle-part où aller. Cela dit, rien ne vous empêche de refuser une main tendue.

 Antès n’avait pas l’air convaincu. Voyant que la discussion allait mal tourner, Dione accapara l’attention du potier.

 – Nous acceptons bien sûr ! Excusez mon maître, le voyage l’a épuisé, il ne se rend pas compte de ce qu’il dit.

 Elle pensait qu’il s’énerverait contre elle à nouveau, mais il n’en fit rien et se rangea à ses côtés, résolu et toujours abattu malgré son dernier emportement. Peut-être qu’il lui arrivait aussi de faire preuve d’humilité ; qu’il lui restait un peu de lucidité. Le potier les regarda et esquissa son plus beau sourire édenté.

 – Puisqu’on va faire un brin de chemin ensemble, il va falloir trouver des sujets de conversation. Je m’appelle Merkion, et vous ?

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