Chapitre 3

4 minutes de lecture

Il prit une douche, puis alla prendre le goûter préparé par sa mère, depuis longtemps froid.

Il était à peu près 18h30 quand Hugo l’appela :

- Et Fabrice, ça va mec ?

- Ouais ça peut aller…

- C’est bon laisse tomber avec cette Sarah, c’est qu’une meuf parmi d’autres…

- C’est clair, j’ai été trop con d’y croire

- Les meufs sont comme ça vieux, elles flashent sur les mecs comme Thomas, t’avais aucune chance…

Il faillit lui retorquer qu’être un geek obèse ne faisait sûrement pas de lui un expert en psychologie féminine, mais bon il fallait bien lui donner raison sur ce coup-là…

- C’est bon on en parle plus de cette Sarah, ça me gave…

- Ben voilà, enfin tu redeviens un mec normal, tu devenais limite un canard ces temps-ci…

- Tu peux parler gros tas !

- Ouais mais moi au moins je ne chiale pas comme une gonzesse !

- Bon tu m’appelais pour quoi ? Parce que si c’est pour te foutre de ma gueule…

- Nan, c’était pour savoir si t’étais toujours partant pour une partie de GTA chez moi. Je sais que ça tombe mal pour toi mais…

- Laisse tomber mec pas ce soir…

- OK comme tu veux. A demain mec !

Et Fabrice raccrocha.

Il alla dans sa chambre pour s’allonger sur son lit et commencer le bouquin qu’il devait lire pour le cours de français. Le contrôle n’était désormais plus très loin et il avait vraiment la flemme de le commencer : lire des romans de la littérature classique le faisait royalement chier, il n’arrivait pas à accrocher à des romans vieillot.

La dernière fois il avait quand même réussi à choper la moyenne à un contrôle juste en lisant le résumé sur Internet, mais c’était tout juste…puis bon le bouquin faisait 300 pages aussi, ça n’arrangeait rien. Cela lui fit penser à Sarah qui avait réussi presque le sans faute à ce contrôle.

Sarah encore, impossible qu’elle ne revienne pas sur le tapis encore et toujours ! Putain faut vraiment que tu penses à autre chose là…

Etant aussi depuis toujours un fidèle défenseur de la procrastination, il préféra se connecter plutôt à son compte Facebook pour passer le temps et éventuellement oublier cette journée et Sarah ; même s’il savait qu’il risquait gros : le français était une des seules matières où il s’en sortait à peu près bien, et risquer d’être en dessous de la moyenne juste par fainéantise était particulièrement con, mais bon qu’à cela ne tienne…

En faisant défiler son journal, il regardait les nombreuses conneries postées par ses amis voire même certains statuts franchement limites, quand il aperçut une photo de Sarah en train d’embrasser Thomas. Son cœur se mit à battre à tout rompre et Fabrice se surprit à faillir balancer son portable contre le mur !

Putain t’es vraiment con ! T’as même pas prévu la possibilité qu’elle poste des photos d’elle avec ce connard sur Facebook ?

Pour le coup non il n’avait rien prévu, il ne s’imaginait pas qu’ils s’afficheraient ensemble aussi rapidement, puis merde ça faisait combien de temps qu’ils étaient en couple ? Deux, trois jours, voire une semaine ?

Il faillit perdre ses nerfs et balancer un commentaire bien salé sous la photo, mais ce bref accès de colère ne dura qu’une seconde : d’une il subirait sans doute une volée de coups de son tortionnaire et de sa bande, et de deux il se ferait afficher devant toute la classe pour le reste de l’année !

Peut être même que Sarah se foutrait de sa gueule en premier et l’afficherait elle-même, après tout il n’était plus sûr de rien maintenant sur Sarah…

Déjà qu’il était le souffre-douleur de la classe, pas besoin d’aggraver son cas outre mesure !

Il éteignit rageusement son téléphone, mais cette douleur lancinante au niveau du plexus revint… Il était à deux doigts de chialer comme une fillette il le sentait, et il savait qu’il pourrait rapidement éteindre cette douleur en se…

Non, putain, t’as promis d’arrêter cette connerie, fais plus ça !

De justesse, il se reprit. En effet, pas besoin de retomber là-dedans, ça le soulagerait sur le moment mais deux heures après, la douleur le tenaillerait de plus belle !

Quoi faire ?

Putain tu vas pas te mettre à chialer quand même… Ressaisis toi merde !

Le souffle court, serrant les poings à s’en blanchir les jointures, il ferma les yeux et comptas jusqu’à 100, comme il avait l’habitude de faire lorsque son père l’enfermait dans le placard pour la nuit, il y a si longtemps maintenant… Evidemment la porte ne s’ouvrait jamais à la fin du décompte, mais il recommençait à recompter, et encore, et encore… La porte finirait bien par s’ouvrir et le cauchemar se terminerait !

Prostré, il recommença son vieux rituel, s’abandonnant aux ténèbres des yeux fermés au lieu de celles du placard, et il commença à compter…

1, 2, 3, 4, ….

- Chériiiiii, viens manger le diner est prêt !

Fabrice sursauta en entendant la voix de sa mère ! Il ouvrit les yeux, en mettant au moins 10 bonnes secondes à réaliser où il était. Combien de temps s’était écoulé depuis qu’il avait fermé les yeux au juste ?

Un coup d’œil à l’horloge : 20h10

30 minutes ? Bordel j’ai passé une demi-heure comme ça ??

Il tressaillit de son laisser-aller… Commençait-il à devenir fou ? Encore une chance que sa mère ne l’a pas surpris en plein milieu d’une de ses séances de « méditation », déjà qu’elle est du genre à s’inquiéter pour que dalle…

Putain ça a marché, j’ai réussi à ne plus penser à Sarah !!

Du moins momentanément en tout cas…

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