La douche

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Le groupe monta l'escalier et se regroupa sur le palier.

« Vous voulez faire un cri de guerre ? ironisa Spencer.

  • À la gloire de Naza, clama Babeth.
  • Aux Furious Tigers, lança Mike.
  • À Donkey, plaisanta Benjamin.
  • On ne va pas tous porter un toast, j'suis claquée, moi », bâilla Kate.

Norman sortit du cercle tandis qu'ils restaient à attendre Dieu sait quoi. Spencer cadrait chaque visage, y compris celui du benjamin. Il appréciait la retenue de ce gamin qui profitait de sa mise à l'écart pour observer ses camarades.

Britanny papouillait son chien sous le regard attendri de Luke, Kate soupirait de fatigue avec exagération, James et Mike se jaugeaient du regard... Et dégageaient une certaine tension...

Norman se retourna vivement. Pourquoi s'imaginait-il des trucs pareils ? Sûrement un mauvais tour lié à sa fatigue. Et puis, de toute façon, cela ne changeait rien. Ils étaient libre de faire ce qu'ils voulaient, du moment qu'ils ne lui demandent pas de participer... Décidément, le manque de sommeil ne lui réussissait pas. Il inspira profondément pour ne plus y penser.

Le caméraman avait saisi le masque du benjamin durant ses interrogations : son visage sévère, les gouttes de sueur perlant sur son front, ses mains qui se tortillaient. Lydia avait eu raison de le prendre.

Les autres se quittèrent enfin afin de se diriger vers leur chambre. Après un dernier salut de la main, ils se séparèrent.

*

Mike et James discutaient ensemble de sport, Benjamin jouait à la console, Luke lisait. Norman décida d'aller se doucher. Il prit des affaires propres, son nécessaire de toilette et se rendit dans la salle de bains.

Il posa son pyjama sur une chaise, se déshabilla et s'installa dans la douche avec son gel et son shampoing.

Le benjamin ouvrit le robinet et laissa l'eau chaude l'envahir. Il ferma les yeux pour faire le vide. Il se détendait complètement sous la moiteur du liquide apaisant.

Soudain, une longue chevelure, embaumant la vanille, recouvrit son visage un bref instant.

Une joue douce se colla sur les épaules de Norman, dont les lèvres dessinèrent un sourire.

Des lèvres sensuelles descendirent le long de son corps : clavicule, avant-bras, reins, fesses, fémur, chevilles. Avant de remonter par l'autre côté. Le benjamin, inconsciemment, se raidit lorsqu'elles remontèrent vers son entrejambe qui n'échappa pas aux doux baisers, puis elles se dirigèrent vers son torse, son poitrail, son menton... Stoppèrent quelques secondes. Hésitation pour retrouver celles de Norman ? Attente pour provoquer le désir du garçon ? Elles se déportèrent ensuite vers l'oreille droite et soufflèrent quelques sons inintelligibles, mais agréables d'une voix chaude et entêtante qui résonnait dans son esprit et perçait son âme.

Le bas-ventre de Norman se dressait fièrement et échappait à son contrôle. Un rire cristallin ponctua cette réaction avant que des mains expertes caressent la zone sensible. Des légers frottements, de bas en haut et une invitation pour guider les mains du benjamin. Dans les siennes. Ensemble.

Elle remarquait la joie sur le visage de sa proie, mais savait qu'il ne succomberait pas. Elle le sentait, bientôt son emprise le quitterait. Elle ne pouvait l'expliquer et se contentait de vivre l'instant présent. L'apprentissage du plaisir d'une vierge afin de la mener à l'extase, avant qu'elle ne profite de la jouissance de la lame pénétrant dans sa chair par surprise. C'était ce qu'elle préfèrait.

Mais lui était différent, elle percevait des images d'un enfant qui l'entraînait loin d'elle. Un petit voilier de papier courant sur le bitume, une musique de fête foraine, un chat noir amaigri traversant une route, une grande bâtisse sur une colline, une vieille machine à écrire. Toutes ces images dansaient dans sa tête, elle qui avait l'habitude d'envahir les âmes perdait pied.

Elle se concentra sur l'instant présent et lui susurra à l'oreille des mots tendres, lorsque brusquement une silhouette entra !

De taille et de corpulence moyenne. S'approcha derrière Norman en laissant un espace entre eux. Caressa ses cheveux. Déposa des baisers tendres sur son corps : épaules, reins, fesses... Le benjamin ne comprenait plus rien, elle recommençait depuis le début ? N'avait-elle pas senti que son charme opérait moins ?

Elle reprenait : torse, poitrail, menton. De nouveau, elle stoppait. Cependant, cette fois, elle recula avant de se coller contre Norman, qui sentit un membre raide qui le plaqua contre le carrelage. Choqué, il ouvrit les yeux et se retourna. Benjamin, grand sourire aux lèvres, le fixait.

« Quel effet je t'ai fait ? demanda minaudement Benjamin.

  • Ça ne va pas la tête ?
  • Je suis sûr que tu as aimé. Moi, en tout cas...
  • Laisse-moi, hurla presque Norman, en tremblant.
  • Ce n'est pas la peine de le prendre ainsi.
  • Dégage, sanglota le plus jeune.
  • D'accord. Je te laisse. Toutefois, je reviendrais. Tu me plais Norman », conclut le plus âgé avant de sortir.

Le benjamin s'assit et laissa les larmes le submerger sous l'œil attentif de la succube.

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