de cette colline plantée

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Eh bien, de cette colline plantée de quelques maisons rustiques surmontées de la bâtisse du Monastère, plus rien ne subsiste qu’un entassement de villas toutes semblables, affligées de ce vilain mimétisme qui caractérise si bien notre société actuelle, laquelle normalise les goûts, uniformise les conduites, fond tout dans un identique creuset d’où rien ne sort qu’une impression de confondante confusion. Comment s’y retrouver dans ce naïf ‘Legoland’ ? Tout est équivalent à tout, à tel point que je me suis demandé si les autochtones n’étaient des copies conformes les uns des autres, des facsimilés en écho, des Dupond et Dupont à la Hergé, interchangeables à l’infini, manières d’images se reflétant en abyme, un portrait en appelant un autre, puis un autre, ainsi sans qu’aucune différence, jamais, ne pût se donner comme signifiante. Telle cette ancienne publicité pour la peinture Ripolin que j’aimais regarder dans un agenda où mes Parents notaient tout, aussi bien leurs rendez-vous, que des recettes de cuisine ou des astuces de bonne femme. C’était en quelque sorte un genre de duplication de l’Almanach Vermot.

Sauf que le réel que j’ai rencontré n’était nullement une illustration du célèbre Almanach. Une impression de déréalisation, de dépersonnalisation, un arasement des choses qui les laisse muettes, immobiles, serties dans des vêtures qui ressemblent fort aux corsets d’autrefois, les corps y étaient comprimés, dressés, violentés si l’on veut, afin que leur géographie se conformât aux préceptes de la dernière mode qui, le plus souvent, n’est que la duplication d’une autre qui a été oubliée et qu’il convient de ressortir des archives pour en faire une nouveauté. Le processus de la mondialisation à marche forcée est consternant. Maintenant, il faut que nous soyons tous conformes à une norme, passés au moule d’une mode dont d’autres ont décidé pour nous qu’elle devait être de telle ou de telle manière. Et ceci concerne nos anatomies, aussi bien que la façon de nous comporter, de nous vêtir, de nous nourrir, sans doute au final, d’aimer aussi puisque la subversion du réel peut aller jusqu’à aliéner notre propre façon d’être, jusqu’en son plus intime.

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