Chapitre 12 : Animaux

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Le gang du diable blanc, aussi fort paraissait-il prononcé dans les bouches, était né de la rencontre de plusieurs enfants malheureux.

Tout avait commencé avec le fameux “Tiger” dont le surnom avait pris le dessus sur son prénom de naissance. Il était l’enfant d’un papa photographe dans l’âme et d’une espiègle mère. À la mort de ce dernier, elle s’était transformée en une loque imbibée d’alcool et incapable de prendre soin de son fils, jusqu’à ne plus le nourrir. De ces accès de colère, il gardait une belle cicatrice sur l’arcade sourcilière, d’une bouteille qu’elle avait écrasée sur sa figure.

À l’école primaire de Gordon, le petit tigre, dépourvu d’humanité, avait rencontré Mike et Nadeije. Le duo avait été pris en charge par la même famille d’accueil.

Tel un oisillon au bord de sa branche, battue par ses parents, Nadeije avait longuement observé le vide depuis le premier étage. Elle avait pris son envol, mais sans ailes, elle n’avait trouvé que le sol. Les voisins, choqués, avaient interpellé les services sociaux. Après l’hôpital, il fallut lui trouver un endroit où séjourner. En arrivant à l’orphelinat dans lequel avait transité Mike, le couple qui venait chercher ce dernier eut de la peine pour la petite fille. Ils s’y attachèrent en un regard.

Quant au petit brun, lui sortait d’un long périple de négligence. Il était arrivé dans cette maison aussi maigrelet qu’un chiot abandonné à un poteau en plein milieu de nulle part. Tandis que les nouveaux parents veillaient à ce que l’une se remplume et l’autre satisfasse ses crocs, les deux gamins se rendaient à l’école main dans la main.

Tous les trois, ils rencontrèrent Kimi. D’abord, Tiger. C’était lui qui l’avait poussé à se défendre et qui lui avait tendu l’arme de leurs futurs premiers actes de délinquance : une batte de baseball aussi fissurée que leurs âmes. Du haut de leur dix-ans, une amitié naissait doucement, mais sûrement. La petite adoptée et l’orphelin passaient tout leur temps ensemble. Tiger la filmait avec une vieille caméra, vestige de son père. La même caméra qui filma Kennedy passé à travers le pare-brise de la voiture de sa mère et qui l’abandonna à son sort.

Quelque chose se dessina après ce faux accident. La souffrance n’était plus acceptable. Kimi ne pouvait plus accepter que d’autres souffrent alors même que tous les jours son amie faisait le singe. Après avoir frôlé la mort, Kennedy avait retrouvé un vrai sourire. Celui de la renaissance, mais elle n'en restait pas moins marquée.

Ce ne fut pas suffisant. Face à Silka, dont le regard bleu transperçait l’objectif de la caméra dans la cour de récréation, il n’était pas question de flancher. Alors qu’elle prenait dans ses dernières forces, elle renvoyait tous les signaux nécessaires pour que sa souffrance soit prise en compte. Le viol. Kimi comprit seulement de quoi il s’agissait réellement en grandissant. Pour la sauver de sa séquestration, ils avaient uni leurs forces pour créer un énorme tapage devant sa maison. Pour faire sortir le monstre qu'était son père de sa tanière, il fallait faire assez de bruit. Les ébauches du gang pétèrent tout ce qu’il y avait à portée de main jusqu’à ce qu’il pointe le bout de son nez.

Silka fut sauvée physiquement, mais était-ce suffisant ? Pour survivre à son mental trop fragile, elle avait obligé sa peau à se durcir, revêche comme celle d’un sanglier. Les défensives en avant lui permirent de tenir tête à la vie.

À partir de là, la machine était lancée.

Au sein du gang, une hiérarchie existait entre les plus âgés et les plus jeunes, ainsi qu’en fonction de l’ordre d’arrivée dans le groupe. Presque une année, c’était écoulé avant que les juniors s’ajoutent aux autres membres.

Benjamin, aussi frêle et fragile qu’un lapin de par sa petite condition, était devenu la victime principale de sa classe. Le harcèlement se poursuivait dans la cour et à l’extérieur de l’école. Les autres enfants se plaisaient à se moquer de ses boucles blondes, autrefois mal coiffées, et du fait qu’il soit très mince. Ses soi-disant compatriotes adoraient lui jouer des tours, l’invitant à des anniversaires inexistants ou en l’oubliant consciemment. Ainsi, il se laissait insulter, pousser et écraser comme une pauvre feuille qui tombait de son arbre. Benjamin avait de bons parents, mais pas la force nécessaire pour se confier à eux, de peur que ses harceleurs lui retombent dessus. Il restait constamment chétif et craintif, toujours replié sur lui-même et seul dans la cour quand il n’était pas ennuyé. Ce ne fut donc pas difficile pour le groupe de le repérer.

Quand Tiger avait demandé à Kimi ce qu’ils pouvaient bien y faire, cette dernière avait décidé de conscientiser une de ses agresseuses. Celle qui en groupe le rabaissait, mais une fois seule, l’observait avec culpabilité. Il s’agissait de Chen, une Asiatique qui autrefois n’avait pas encore les cheveux teints en rouge.

Pour ça, Kimi avait demandé au groupe d’agir avec cette fille exactement de la même manière qu’elle agissait avec Benjamin. Leur plus grande surprise fut de découvrir qu’au moment où ils s’en prirent à Chen, le petit lapin fragile prit sa défense. Dès lors, le serpent était mordu. Pour se faire pardonner, elle retourna ses crochets envenimés sur ceux qui avaient osé lui faire du mal jusqu’ici. Chen avait en fait d’atroces parents qui vivaient dans la violence de l’autre. Elle avait reproduit le schéma envers celui pour lequel elle avait développé des sentiments amoureux. Avec le temps, le duo devint inséparable et dans le présent, ils sortaient même ensemble.

L’été bientôt terminé, le couple traversait joyeusement la cour de Saint-Clair, bras dessus bras dessous. Le soleil chaud et haut dans le ciel venait frapper un attroupement de personnes qui attendaient devant l’auditorium. Comme des touristes, mains dans les poches, pour certains leurs têtes relevées sur la grande structure de l’école, ils n’auraient su dire ce qui avait changé. Pourtant, un bâtiment entier avait été agrandi avec les travaux qu’avait dirigés Chuck Ibiss. De nouvelles classes avaient vu le jour et une annexe pour des cours plus spécifiques également. Les terrains de sport avaient été ajustés et les locaux de danses multiplier. Au niveau de l’internat, un nouveau bâtiment avait aussi été construit sur base de la demande des étudiants voulant y séjourner, tout en respectant l’ancienne architecture. Non seulement, il répondait à l’envie des étudiants de rester la semaine aux côtés de l’école, mais il prenait en compte la nouvelle population à accueillir.

À la veille de la rentrée scolaire, le trente-et-un août, les anciens élèves du Lycée Gordon observaient leur nouvel établissement scolaire avec un mélange de scepticisme et d’excitation bien cachée. La meilleure option en terrain inconnu restait d’adopter une façade imprenable. Pour la plupart de ces étudiants, sentiments rimaient avec faiblesse, bien qu’entre eux une immense solidarité existait.

Ce fut avec une appréhension globale qu’ils s’engouffrèrent dans le bâtiment où avait lieu toutes les représentations et cérémonies pour assister à un discours de prérentrée. En effet, leur situation n’ayant rien de commune, Monsieur Xavier avait décidé de leur offrir un double accueil. Le but principal étant de clarifier les informations pour lesquelles ils étaient uniquement concernés.

Tandis qu’ils s’installaient dans les sièges, sur la scène, le directeur, en costume se préparait à prendre la parole. Il était accompagné de son bienfaiteur, l’imposant Chuck Ibiss qui buvait également un coup dans sa bouteille tout en glissant un regard sur ces nouveaux visages. La vue lui paraissait particulière. Il allait sans dire que ces adolescents n’avaient rien en commun avec la fréquentation habituelle de Saint-Clair et à eux tous, ils ne remplissaient qu’une minuscule partie des rangées.

En attendant, ils se chuchotaient des mots :

  • J’arrive toujours pas à croire qu’on est vraiment là, lança Chen dont la longue chevelure rouge se fondait au siège.
  • C’est confort, lui répondit le petit Benjamin.

Ce dernier les jambes recroquevillées sur le siège, jouait avec son doigt dans ses boucles blondes. Les membres du gang apparaissaient en première ligne, plus vaillant que le restant de leurs compères pour assister de front à la séance d’infos. Tiger, au milieu de celle-ci, paraissait extrêmement tendu, ses yeux snipers rivés sur le puissant Richess. Il s’en méfiait à de nombreux égards.

Quand ce dernier interpella le directeur afin de commencer, le silence se créa de manière naturelle. Il devint si pesant que Monsieur Xavier fut étonné. Ce dernier s’assit sur une chaise déposé sur la scène, car il ne se faisait plus jeune et prit le micro dans son poing.

  • Que vous êtes sages, plaisanta-t-il tout de suite, amenant son regard rieur sur les visages curieux et alertes devant lui. Eh bien, bonjour à tous. J’espère que vous êtes bien installé à l’internat. Je me présente, je suis le directeur de Saint-Clair.

À côté, Chuck restait attentif au moindre mouvement alors que le sage homme expliquait son parcours.

  • Mais assez parler de moi. Comme vous le voyez, je suis aujourd’hui accompagné de Monsieur Ibiss, dit-il en le montrant d’un geste tandis que ce dernier hocha la tête. Nous avons conscience que nous vous recevons dans des conditions particulières. C’est vrai… Cette année, vous avez perdu au change. En plus de votre lycée, vous voilà forcer de venir nous écouter alors que la rentrée n’a pas encore eu lieu. Ce qui vous vivez n’est pas juste. Je n’imagine pas la frustration que cela puisse engendrer chez vous ou la déception de perdre des compatriotes dans la foulée.

Monsieur Xavier faisait référence au nombre d’entre eux qui avaient décliné l’offre de venir étudier dans son école. À ce moment-là, Chuck prit le relai. Quand il porta le micro à sa bouche, son public se raidit davantage, la plupart fâchés d’être impressionné.

  • À ce propos… puisque nous vous attendions nombreux, nous avons été étonnés d’apprendre que vous n’étiez que septante-neuf exactement à vous être inscrits ici même.
  • Tout à fait, acquiesça le directeur.
  • Nous ne pensions pas recevoir l’intégralité des étudiants, mais nous nous attendions à un résultat plus élevé. Soyons clair, ça nous facilite la tâche en termes d’organisation. La séance d’aujourd’hui sera d’ailleurs l’occasion de vous informer vis-à-vis de l’aménagement que nous avons prévu pour vous, mais… Une question me taraude. Pourquoi autant d’entre vous avez refusé notre offre ? Sans prétention, ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir étudier dans cette école. Est-ce que quelqu’un pourrait m’en dire plus à ce propos ?

Il n’eut pour réponse qu’un silence.

  • Le but aussi aujourd’hui est de pouvoir avoir un vrai échange, reprit Chuck, en glissant une main dans la poche de son pantalon. Pourquoi est-ce que ça nous intéresse d’avoir cette information, c’est parce que… Nous avons conscience du changement que l’on vous impose, d’une certaine manière. Si nombreux d’entre vous ne se sont pas inscrits, il y a forcément une raison et peut-être que cette même raison est une crainte à vos yeux. Dans toute école ou dans toute classe, il y a des représentants… J’ai entendu par votre directeur qu’un certain Tiger occupait en quelque sorte ce rôle et…
  • La race !

Le menton levé bien haut, Tiger lui avait répondu de manière à ce que tout le monde entende. Il se redressa dans le fauteuil quand il vit Chuck s’approcher du bord de la scène pour mieux prendre connaissance de son visage. Ce dernier lui fit accéder à un micro. Tiger fronça ses fins sourcils en s’en saisissant :

  • On est pas de la même race, poursuivit-il d’un ton dur.
  • Que veux-tu dire ? le questionna-t-il avec légèreté.
  • Que vous êtes les riches et que nous sommes les pauvres. Je ne sais pas comment vous avez calculé votre coup, mais je pense pas qu’on va s’intégrer aussi facilement aux autres. Il y en a plein qui ont refusé, parce qu’il avait peur… Qu’il y ait du harcèlement ou juste parce que… On vient pas du même monde. Ce n’est pas compatible.

Ses yeux dorés plantés dans ceux de Chuck, derrière lui ses camarades acquiesçaient. Le Richess eut un sourire :

  • Tu t’exprimes drôlement bien pour quelqu’un qui ne vient pas du même monde.

Cette réflexion le toucha. Il abaissa le micro un temps, puis déploya à nouveau sa méfiance.

  • C’est pas parce qu’on vient d’un lycée de merde, qu’on est tous cons. Mais vous aller faire quoi pour l’écart au niveau des cours ?
  • Je te réponds, si tu m’expliques pourquoi, l’ensemble d’entre vous êtes venu dans une école ou vous aviez peur de ne pas vous intégrer…
  • C’est une chance, rétorqua-t-il du tac au tac. Je déteste l’avouer, mais ça ne se représentera pas une deuxième fois. Si ça ne fonctionne pas, au moins on aura essayé. Tous ceux qui sont ici… on n’a plus rien à perdre, ajouta-t-il, d’un ton provocateur. Moi, par contre, je veux savoir pourquoi vous avez décidé de nous aider…
  • Je pensais que cela avait été assez expliquer à la télévision. C’est une forme de business et de solidarité, un projet qui peut apporter à Saint-Clair sur plusieurs angles.
  • Ouais, mais c’est du chinois ça… Il y a bien une vraie raison derrière. Vous avez parlé avec Kimi, on le sait. Ça explique pas pourquoi, vous avez accepté.

Chuck déplaça une de ses mains sur ses côtes et soupira dans le micro.

  • Vous n’êtes décidément pas si bêtes que ça… Eh bien, tout simplement parce que… J’imagine que si vous connaissez bien Kimi, que son nom devra vous dire quelque chose… s’adressa-t-il maintenant à l’assemblée. Mais il s’avère que Dossan Dan’s est mon meilleur ami. Je crois que c’est suffisant comme réponse, non ?

Il avait vu juste. Le fait d’évoquer Dossan apaisa les esprits. Si Kimi avait la cote, le père adoptif encore plus. Après tout, c’était l’homme qui avait élevé leur cheffe, mais surtout leur amie. C’était un homme bon.

Avec le retour du calme, Chuck reprit son discours :

  • Tiger, c’est ça ? Je peux maintenant répondre à ta question. Comment avons-nous décidé de gérer l’écart au niveau de la matière des cours ? Nous avons effectivement constaté que vous n’étiez pas à jour en ce qui concerne le programme d’études, mais, et du fait que vous êtes peu, ce sera plus simple, nous avons décidés d’organiser vos cours de manière à ce que vous puissiez rattraper votre retard avec des classes spéciales.
  • Nous reviendrons sur ce point en temps voulu, le coupa le directeur. Je propose d’abord que nous revenions sûr… les valeurs de l’école ?
  • Je vous en prie, l’invita Chuck à poursuivre.
  • Alors je voulais vous dire que le fait que vous aviez peur de ne pas vous intégrer est totalement justifié. Vous l’avez dit, nous venons, a priori de mondes différents. Est-ce que c’est grave ? Je ne pense pas. Est-ce que ça peut poser problème ? Sans doute. En ce qui concerne, le règlement d’ordre intérieur, certaines règles ne changeront pas. La non-violence, le respect de vos professeurs et de vos camarades, ainsi que de l’établissement restera toujours au goût du jour. Pour la drogue, l’alcool, au sein de l’école ou devant l’école, ainsi qu’à l’internat, il est clair que ça ne changera pas non plus. Nous avons eu des retours de vos professeurs et de votre ancien directeur. Nous savons, les prévint-il sans avoir à s’expliquer. Un dispositif concernant les assuétudes sera mis à votre disposition. Nous pouvons donc vous accompagner pour arrêter une quelconque drogue, si vous êtes concernés. Et si vous ne le souhaitez pas, de grâce… Faites comme les autres étudiants de Saint-Clair, garder ça pour l’extérieur, car oui, à ce niveau-là, ne croyez pas qu’ils ne font pas non plus de bêtises. Vous restez tous des adolescents... Pour ce qui a été remis à jour dans le règlement, s’arrêta-t-il en les pointant de toute sa main. Vos cheveux, vos piercings, vos tenues déchirées… Nous voulons que vous soigniez votre image, parce que Saint-Clair est une école réputée, mais nous comprenons que pour que cela fonctionne entre nous, que nous nous devons de respecter un minimum votre identité. Et à ce propos…

Quand Monsieur Xavier enchaîna à propos des locaux de danse adapté à leur nombre et des horaires de cours flexibles pour avoir plus d’heures de gym, les nouveaux étudiants plongèrent totalement dans ses paroles. Avec Chuck et toute l’équipe disciplinaire, ils s’étaient bien mis d’accord que le but n’était pas de les obliger à devenir de parfaits étudiants “format Saint-Clair”, mais bien de déployer tout ce qu’il pouvait pour les faire grandir de la meilleure manière. Il fallait les mettre en confiance et respecter ses promesses. Loin d’être idiots, les élèves écoutaient avec attention, mais aussi avec retenue, bien que nombreux ne regrettaient pas d’être venus.

***

Une fois la réunion terminée, depuis la fenêtre d’un des étages, assis sur l’appui, une petite tête blonde bien connue observait les nouveaux étudiants sortir de l’auditorium. À ses côtés, Steve restait droit comme un piquet, les mains dans les poches, à faire la même chose. Il avait pris en carrure, mais restait toujours aussi fin. Ses yeux bridés suivaient intensément chaque personne.

En train de s’amuser à allumer à ouvrir et fermer un briquet, Kyle rapprocha la flamme du carreau. Il la retira de justesse avant que celui-ci ne s’assombrisse. Steve le regardait du coin de l’œil. Le journaliste avait l’air plutôt ravi.

  • Tu penses à quelque chose ? le questionna l’Asiatique.
  • Je ne te cache rien, gloussa-t-il, son regard perfide cachée derrière des mèches plus longues qu’auparavant. Notre première mission de l’année, maintenant qu’ils sont là, sera de découvrir une bonne fois pour toutes où se cache les animaux dans cette foule… Même si, se moquait-il déjà, ça va être difficile de faire la distinction.

Du visage de son partenaire, Steve repassa sur les étudiants. C’est vrai qu’ils ne payaient pas de mine, mais delà à dire qu’ils ressemblaient tous à des bêtes… Il ferma les yeux. Ça n’avait pas d’importance, tant qu’il satisfaisait les attentes de Kyle.

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