3. Malport

2 minutes de lecture

 Enchâssé au fond d’une valleuse, Malport s’offre à eux à la sortie d’une épingle. Ses maisons de briques et silex s’alignent de part et d’autre de la rue principale. Des petits jardins bordés d’hortensias les accueillent sous le soleil d’automne.

 Robin poursuit jusqu’à la côte, la rencontre des falaises avec la Manche leur offre un magnifique panorama entre le blanc de la roche et les bleus confondus du ciel et de la mer.

 — On est arrivé ! Et voici notre nid d’amour, déclare Robin en montrant l’hôtel de la plage, un palace du dix-neuvième qui a dû connaître des jours glorieux.

 — C’est mieux ! En tout cas, c’est pas berk ! Tu relèves un peu le niveau.

 — Si c’est marée basse demain matin, on pourra marcher sur la plage, il paraît qu’il y a des paysages super. Comme ça, tu ne m’auras pas fait porter tes pompes de rando pour rien.

 — Gna, gna, gna.

 À l’hôtel, le patron, rondouillard et jovial, aide Robin à hisser la valise dans la suite nuptiale, il leur assure qu’il seront très bien. En effet, la chambre est vaste et offre tout le confort dont peut rêver le jeune couple.

****

 La douceur des températures et le panorama féerique les appellent. Il sortent et s’allongent au soleil sur les galets de la plage. Robin en premier, il assure à Nathalie que c’est assez confortable, une fois qu’on a creusé son trou.

 Autour d’eux, des gamins et leur famille jouent et courent partout. Nathalie et Robin goûtent au repos, au soleil et à la douceur du moment. Ils se laissent bercer par le bruit des pierres qui roulent entraînées par le va-et-vient des vagues. Ils se projettent dans l’avenir, un futur dans lequel leurs propres enfants les empêcheront de somnoler sous un beau ciel d’automne.

 Quand l’ombre finit par les recouvrir, la chaleur cède place à la fraîcheur. Ils se relèvent. Robin, prévenant, tend la main à Nathalie pour l'aider à se redresser, elle profite de l’élan qu’il lui donne pour se blottir dans ses bras.

 — Tu sais ce qui me ferait plaisir.

 — J’ai une vague idée, répond-il avec un sourire coquin.

 — Un chocolat chaud ! J’ai vu un salon de thé en face de la mairie en passant.

 Autour d’eux, le bord de mer se vide de ses derniers promeneurs, parents et enfants embarquent dans les voitures. Les cris de joie ont cédé la place à ceux des goélands qui survolent la plage désertée, en quête des restes de goûters.

 Les deux jeunes gens remontent la grand-rue en direction de la place de la mairie, les passants se font furtifs, le visage dissimilé par leur cache-nez, le regard fuyant. Nathalie et Robin se croient dans le métro parisien tellement les gens évitentent tout contact. L’ombre et la fraîcheur gagnent du terrain sur la lumière et la douceur apportées par le soleil de novembre.

 La petite place s’ouvre devant eux dans l’ombre des maisons. Les galets enchâssés entre les briques des bâtiments forment de curieuses figures, il jouent à imaginer à quel forme ils correspondent le mieux, ils leur évoquent souvent des animaux marins grotesques. Une vague odeur de poisson semble envahir la ville.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 4 versions.

Vous aimez lire GEO ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0