Chapitre 3

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Un cadeau devenu fardeau

 Comme tous les dimanches, un petit marché se déroulait sur la place du village. Ce jour là était l'une des rares fois où je m'y rendais seule, Lynne ma petite sœur étant malade, mes parents devaient s'occuper d'elle. Mes frères eux étaient trop occupés à dormir. Ce n'était pas dérangeant en soit, ce n'était pas la première fois que je devais sortir seule, je n'aimais juste pas sortir dans le froid. Heureusement pour moi la maison ne se trouvait pas loin de la place principale du village. Le chemin me prit seulement quelques minutes, le marché se trouvait être assez volumineux malgré les intempérie, tout le village semblait s'être donné rendez vous à cet endroit. Je flânais alors entre les diverses tables m'achetant une pâtisserie au passage, beaucoup de choses étaient réunies ici : du simple morceau de pain en passant par du poisson, de la viande, ou encore du tissu et es bijoux.

Je m'occupais rapidement des quelques courses que je devais faire, il n'y avait rien de vraiment intéressant ce jour là. La neige s'était alors mise à tomber à nouveau. Ne voulant pas me retrouver trempée, je me suis donc engagée dans une petite rue, un raccourci que j'avais quelques fois emprunté. Tandis que je me hâtais de rentrer chez moi, je remarquais une vieille femme assise par terre, elle était adossée à un mur, emmitouflée dans ce qui semblait être un grand manteau rapiécé. Elle avait des cheveux frisés et grisonnant, lorsque que je m'arrêta devant elle je la vit trembler de froid, ce qui était assez normal, on se trouvait en plein milieu de l'hiver, ses vêtements se résumaient à de vieille loque trouées. Je m'accroupis alors à son niveau, tandis qu'elle levait ses yeux noirs vers moi, et engagea la conversation :

« - Bonjour madame, vous ne devriez pas rester ici vous savez ? L'hiver va être rude d'après ce qui disent mes parents

- Tu es bien gentille mon enfant", me répondit la vieille." Mais je n'ai nul endroit où aller, et pas le moindre sous en poche. »

Je me mordis la lèvre et me mis à réfléchir, je ne pouvais laisser cette vieille femme ici. L'hiver dans notre région avait déjà fait trépasser plus d'une personne. Et je ne pouvais la ramener chez moi, mes parents ne l'accepteraient jamais. La vagabonde sourit d'un sourire édenté.

« - Ce n'est rien ma petite ne t'en fais pas, une quinte de toux grasse secoua sa poitrine, j'ai l'habitude de vivre dans la rue. »

Je secouai la tête puis soudainement une idée germa dans mon esprit, je plongea ma main dans mes poches et en sorti quelques pièces. C'était tout l'argent qui me restait, mais peu importe. Je ne pouvais décemment pas laisser cette pauvre femme dehors dans la neige

.

« - Tenez c'est tout ce qu'il me reste, mais je pense que c'est suffisant pour que vous vous mettiez au chaud. Lui souriais-je en lui tendant l'argent.

- Je ne peux accepter mon enfant, disait-elle en repoussant ma main. Cet argent je ne pourrai te le rendre.

- Ce n'est pas un soucis, je pris sa main gauche et fourra les pièces à l'intérieur, je ne le fais pas pour qu'on me rende la pareil. »

Elle serra fortement les pièces au creux de sa paume tout en me gratifiant d'un autre sourire. Elle plongea elle aussi sa main dans son manteau et en sortit un bijoux. C'était un collier assez étrange : les différentes pièces de ce collier étaient attachées par de petit anneaux de métal, il ressemblait tout d'abord à un ras de cou mais je vis par la suite de petit cercles pendre au niveau de la pièce centrale. Ce collier était composé de petits formes étranges, presque rondes chacunes entourées de demi-arcs de cercle courbé, sept au total, et au centre de chaque formes se situaient de petites pierres vertes circulaires emplies de très légère particules dorée, et les extrémités du bijoux se terminées par de fines bandes de tissus vertes et marron où étaient accroché un fermoir de couleur cuivre. Elle le déposa dans ma main tout comme je l'avais fait précédemment avec les pièces. Lorsque j'ouvris la bouche pour protester elle posa un doigt crochu devant mes lèvres.

« - Prends au moins ce bijou en guise de remerciement, je sais qu'il ne compensera sûrement jamais l'argent que vous m'avez offert si gentiment mais c'est le moins que je puisse te donner après ce que tu viens de faire.»

La vagabonde se releva lentement, une grimace déformant son visage ridé, et fit craquer ses articulations. Je la remerciai donc de son cadeau que je m’empressai d'enfiler autour de mon cou. Elle s'en alla alors, le dos courbé en boitillant quelque peu. Je la suivis du regard quelques instants puis m’empressai de rentrer dans ma maison, j'étais frigorifiée. Et croyez moi si j'avais su ce que ce collier allait m'apporter, jamais je n'aurais accepter ne serait ce que de le toucher.

 La première chose que je fis en rentrant chez moi était de parler de ma rencontre à mes parents. En omettant, je ne sais pour qu'elle raison, le cadeau qu'elle m'avait fait. J'avais ensuite aidé aux tâches ménagères comme à mon habitude. J'appris aussi que le médecin était passé chez nous pour s'occuper de Lynne, le verdict était tombé : elle souffrait d'une forme sévère de grippe, nous avions donc interdiction mes frères et moi de l'approcher. Les jours qui suivirent ne changèrent pas du quotidien, mon père me faisait la classe en rentrant du travail, et le reste de la journée, j'aidais ma mère à la maison. Il m'arrivait aussi quelque fois de coudre. C'était une activité que j'appréciais tout particulièrement avant. Quelques jours avec ma rencontre avec la vagabonde, les choses commencèrent à changer, et pas en bien. D'abord, j'ai commençais à faire des cauchemars, au début ,je ne m'inquiétais pas réellement de ce problème. Il m'arrivait dans faire quelques fois, rien de bien méchant. Mais plus les nuit passaient plus ces rêves étaient récurrents, et semblaient réels. Et ils avaient beau être variés, il y en avait un qui revenait assez souvent : je me retrouvait à chaque fois perdue, au milieu de la forêt, quelque chose étant à mes trousses. Je n'arrivais jamais à l'identifier, je remarquais juste qu'il était très grand, possédait deux cornes, et que ses yeux étaient absents de son visage. Cette course ne se finissait jamais bien pour moi, soit j'arrivais à le fuir et je finissait toujours par me retrouver face à une immense bête aux dents pointues qui me dévorait sans que je puisse me défendre. Quelques temps avant mon internement il m'arrivait de réveiller mes parents toutes les nuits à cause de mes cris. Peu à peu j'ai commencé à parler de mes cauchemars à mes frères et à ma sœur. Je faisais alors face à deux deux réactions totalement différentes : si mes aventures nocturnes faisaient rire mes frères qui me qualifiaient de « grande rêveuse, perdue dans ses livres imaginaires ». Lynne, elle, en revanche buvait mes paroles, il lui arrivait même de me donner des conseils pour m'en sortir face à ce qu'elle appelle « le grand méchant monstre aux dents longues». Elle était la seule à me croire, je n'osais pas en parler à mes parents. Mon père me prendrait pour une folle. J'ai commencé à m'inquiéter lorsque je me suis mise à remarquer qu'il m'arrivait de trouver des bleus sur mon corps, le plus inquiétant ce n'était pas les marques, mais la manière dont je me les ai suis faite, je ne sais pas d'où ils sortent. Pas du tout. Mais les cauchemars n'étaient pas les choses les plus anormales qui m'étaient arrivées. Quelques jours après avoir remarqué mes « blessures » ( que j'ai d'ailleurs réussi à camoufler par les excuses de chutes), il m'arrivait aussi de voir d'autres choses, mais de façon très brève.

 L'exemple le plus flagrant était celui qui m'a conduit à mon internement. Je jouais avec ma sœur dans la neige, elle avait était prise d'une soudaine envie de faire un bonhomme de neige, et m'avait demandé de l'aide. Je l'avais donc accompagnée dans le jardin, pour lui porter assistance. Au bout de seulement une vingtaine de minutes, notre œuvre s'était bien vite transformée en bataille de neige. Des boules de neiges volaient de tous les coins à travers le jardin, certaines venant s'écraser quelques fois contre les vitres de la maison. Nous nous retrouvâmes alors vite hilares, allongée sur le sol glacée. Lynne sauta par la suite sur mon ventre s'allongeant littéralement sur moi. Je retins quelques instants avant d'expirer fortement :

- Dis, toi, tu sais que t'es pas légère ?

- Raconte moi encore une de tes histoires grande sœur !

- Si tu veux que je te raconte quelque chose, alors pousse toi de là. Je vais finir par mourir étouffée.

 La petite descendit et se mit en tailleur sur le sol, je suivis de près son mouvement en adoptant la même position. Je regardais vaguement les environs, cherchant quelle histoire j'allais lui conter cette fois si. Le paysage était assez simple, nous habitions en périphérie du village, le jardin se trouvant en arrière de la maison, j'avais pour seule vision quelques champs gelés ainsi que l'orée d'un petit bois où il m'arrivait d'aller cueillir des champignons ou des marrons pendant l'automne. Ce souvenir faisant naître dans mon esprit l'idée d'une vieille rencontre.

"- T'ai-je déjà raconté la fois où je me suis retrouvée face à un être mi humain, mi arbre ?"

Ma cadette me fixa avec de grands yeux, bougeant sa tête de droite à gauche

"- Eh bien tout commença lorsque je me suis perdue dans une forêt.

- Tu te perd souvent dans les forêts on dirait. Il te faudrait une boussole."

- Il faisait assez froid notamment à cause du vent qui soufflait, continuais-je sans faire fit de son commentaire. J'avais l'impression que cela faisait des jours que je marchais dans cette forêt. Au fur de mon avancée, le vent semblait être plus fort. La faim tiraillée mon ventre et ma gorge était beaucoup plus sèche qu'elle ne devait l'être. Au bout de temps je n'en pouvait plus, mon corps ne semblait pas pouvoir avancé. J'ai donc décidé de m'adosser à un arbre pour me reposer. Je pris la décision de m'emmitoufler dans ma grande cape et mes yeux se fermaient peu à peu, je tentais de lutter mais le sommeil semblait vouloir à tout prix prendre le pas sur ma volonté. Mais je me sentie soudain portée dans les airs. Une racine noueuse s'était enroulée autour de ma taille et me portait à quelques mètres du sol.

- Mais c'est trop bien ! S'exclama Lynne. Tu te rend compte Espoir tu volais dans les airs ! ( je me retins de dire qu'on pouvait difficilement voler autre part que dans l'air)

J'allais alors reprendre mon récit quand nous nous fîmes appeler par ma mère. En effet de part la neige notre père était rentré beaucoup plus tôt que prévu, les habitants n'ayant pas vraiment l'habotude de ce genre de climat beaucoup étaient barricadés dans leur maison près de leur cheminée. De ce fait l'école n'était pas restée ouverte bien longtemps, ce qui signfiait qu'il était l'heure de la classe pour Lynne et moi.

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