Chapitre 1

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Le réveil

Je me réveilla en sursaut. Ma tête fit un bref tour des environs. Je me trouvais dans ma chambre. Ouf. C'était juste un rêve. Le jour était déjà levé. Il pleuvait, ce n'est pas étonnant en plein automne. Je tentais de passer mes bras autour de mes épaules pour faire disparaître cette sensation de fraîcheur. Je soupira un court instant. J'avais oublié que je ne pouvais pas bouger. Je m’agenouillais comme je le pouvais sur mon lit et m'approcha de la vitre. Mon front se posa sur le verre froid, ce contraste glacé avec la chaleur de mon corps me fit frissonner. Étrange il me semblait avoir froid, mais mon corps se trouvait être brûlant. Mes yeux se fermèrent lentement et je me mis à fredonner, un air de piano je crois. C'était un morceau que j'entendais fréquemment au travers de la porte de ma chambre. Enfin chambre, c'était un bien grand mot, c'était plutôt une petite pièce aux murs blancs avec comme seul mobilier un vieux lit en fer grinçant, surmonté d'un mince matelas, et d'une maigre couverture.

La mélodie de la pluie me berçais doucement, je me laissa alors tomber sur le matelas, et me tortilla pour ne pas tomber. Je ne pus faire autrement, ma camisole ne me permettant pas beaucoup de mouvements. Les médecins me la faisait porter en permanence pour soi disant « me protéger de moi même ». Tous des idiots. Ils ne savaient rien. Rien du tout. J'allais très bien, ils ne me croyaient pas, mais c'était pourtant la vérité. Je voyais simplement tout ce que les autres ne voyaient pas. Les bruits des pas dans le couloir me firent ouvrir les yeux à nouveaux. Ils venaient sûrement pour moi. La vie se trouvait être assez redondante ici. Pour les gens comme moi c'était toujours : Chambre, soin, traitement. Chambre, soin, traitement. Matin et soir. Et la journée je restait confinée dans ma chambre. Néanmoins des fois il m'arrivais de sortir, c'était rare « je suis trop dangereuse pour les autres ». Je l'avais déjà dit : tous des idiots. Je restais confinée à cause d'un simple coup de poing... Bon peut-être plusieurs. C'était pas de ma faute, lorsque je voyais une brute avec un niveau intellectuel frôlant celui d'un crustacé, s'en prendre à des gens faibles, il faillait que je le frappe. Mon regard se perdis sur le plafond. Tiens une toile d'araignée. Je ne l'avais jamais vu celle là, pourtant je fixais souvent le plafond. Ce n'était pas comme si j'avais autre chose à faire.

  J’entendis la vieille porte en fer grincer en s'ouvrant. C'était l'heure des soins. Les deux infirmiers entrèrent, ils me sortirent de mon lit, puis de ma chambre. Ma camisole me fut retirée, je me retrouvais dans mes habits habituels, mais je ne me sentais pas mieux. Ces grosses brutes me tenaient chacune par un bras et me serrèrent. J'eus l'impression de suffoquer. On passa par diverses couloirs. Tout aussi blancs les uns que les autres. Notre petit voyage se termina lorsque l'on arrivait devant ce que j'appelle plus communément la salle de torture. C'était la salle des soins. Une grande pièce toute blanche, elle aussi, avec seulement un minuscule hublot présent dans un des murs près de la porte. L'endroit était remplit de toutes sortes de machines, me paressant plus étranges les unes que les autres. Une table roulante se situait dans un coin, elle était emplie de petits outils, tranchants ou contondants. Je ne préférais pas savoir le pourquoi de leur utilisation. Le dernier élément de la pièce était une longue table faite d'acier où sont disposées de multiples sangles en cuir. Je remarquais par ailleurs que comme le couloir, d'où je venais, cette pièce manquait terriblement de fenêtre. On m'installa sur une longue table en acier. Elle était glacée. Les sangles de cuirs se refermèrent sur mon corps et me comprimèrent. Je me laissais faire, la force de l'habitude sans doute. Je ne pouvais plus bouger et un infirmier glissa une dernière sangle entre mes dents. Pour ne pas me mordre la langue durant l'intervention. Au loin j'entendis le tonnerre gronder. L'orage approchait.

 J'essayais de bouger, rien n'y faisait, j'étais bien attachée. Alors mon regard se perdit dans le vague. C'était dommage que je ne puisse pas sortir, j'adorais voir le ciel pendant l'orage. Les couleurs qu'il prenait étaient vraiment magnifiques. Les machines se mirent en marche, de nombreux bruits, presque tous électrique, se firent entendre. Je n'arrivais pas à distinguer les autres. C'est alors que je le vis. Lui. Je ne connaissais pas son nom, il ne me l'avais jamais donné. C'était un être qui n'avait rien d'humain. Je pus vous l'assurer. Du moins rien que je ne connaissais. Sa peau semblait faite de reflets rouges, et quelques fois d'écailles de la même couleur. Surtout près de ses yeux. Ils étaient d'ailleurs indescriptibles : deux fentes noirâtres, ne présentant aucune émotion. J'avais pourtant remarqué une fois que lorsqu'il se mettait en colère, une lueur rouge semblait les illuminer. Son visage était assez anguleux et comportait une ossature bien plus développée que la normale au niveau de la mâchoire. Il faudrait que je pense à le dessiner un jour. Si seulement j'y avais pensé. On jeta de l'eau glacée sur mon corps.

Saloperie de médecins. Le tonnerre se faisait plus fort. La main du nouveau venu se posa sur mon front lentement, ce qui me fit sursauter, elle était brûlante. Je sentis une pression se former au niveau de mes tempes et un sourire se forma sur le visage de mon ami. Sa main descendit le long de mon visage pour venir se placer sur ma gorge. Ses ongles noirs griffaient légèrement ma joue au passage. Mon corps se mit à trembler, je détestais quand il abordait ce sourire, je le voyais toujours dans mes rêves. Et ça ne se finissait jamais bien pour moi. Tout à coup je sentis quelque chose se former autour de ma gorge, sous ses doigts. Je le fixais sans ciller, et il fit de même, son sourire s'accentuant. Un décompte à voix haute commença, je me préparais mentalement à se qui allait arriver. Le calme se fit, et je me crispais par la même occasion. La pression sur ma gorge se retira, et l'inhumain s'éloigna. Un éclair lumineux fendit la salle, il fut vite suivi du fracas du tonnerre et de nombreux grésillements électriques. La pression sur mes tempes se fit plus forte, puis se retira assez vite. La douleur était horrible. Je sentis le courant électrique parcourir mon corps, je me cambra pour tenter de me soustraire au courant, rien n'y faisait. Je crois bien que cela empirait, le cuir des sangles avaient meurtri ma peau, et pour ne rien arranger mon cou se mit à brûler. J'essayais de hurler, mais la sangle bloquait mes cris. Mon corps se mit à trembler de plus en plus vite, je ne contrôlais plus rien, la dernière chose que je vis fut le sourire empreint d'amusement et de sadisme de la créature en face de moi. Puis je sombrais dans les ténèbres.

Encore.

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