Chapitre 8

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Il ralentit et emprunte un petit chemin.

On arrive. Je vois leur baraque pourrie.

- Arrête-toi là, je lui ordonne.

Je repère un peu le terrain. Une fourgonnette est garée devant un enclos. Un des frères vide de la bouffe de sa caisse pour la filer à des cochons.

Il nous voit. S’arrête net. Il fait signe à son frangin, affalé sur une chaise à bascule, qui s’allume une clope.

- C’est qui les deux bouseux, là ?

- C’est Béro et Cliff, mes deux frérots.

- Et le reste, ils sont où ? demande Lucy.

- Mon père est handicapé, il doit être à l’intérieur sur son fauteuil roulant avec mon grand frère Toby.

Ok, on démonte les deux trous du cul et on finit tranquille par le vioc et le chtarbé. Ça devrait le faire.

On descend de la caisse. On baisse la tête, les mains derrière le dos. Gart nous suit.

- Prends un air victorieux et pas d’embrouille.

Gart a du mal à marcher avec la tête d’Ed entre ses jambes.

Béro nous regarde et sourit tout en jetant un morceau de bras aux cochons.

- Bien joué, Gart, le félicite son frère.

- En voilà un beau lapin…et une superbe poule, dit Cliff en dévorant Lucy des yeux.

- Ils vont pouvoir tenir compagnie au petit porcinet, il commençait à s’ennuyer, reprend Béro.

Je vois Corey dans le coin.

Le pauvre, ils l’ont foutu à poil dans une bassine, ligoté et bâillonné. Il me regarde effrayé. Il doit se sentir un peu con, nu comme un ver devant Lucy.

Tu fais pas le poids, l’asticot…

Je regarde Lucy.

On s’est compris.

Je m’écarte sur la droite et elle sur la gauche en direction de Béro.

Simultanément, je sors ma batte de derrière mon dos et Lucy sa hache.

- Attention ! hurle Gart à ses frangins.

Ed, prend ça pour le signal et croque son paquet à pleine dent.

Gart, tombe à genoux et tire Ed pour qu’il lâche prise. Il tire de toutes ses forces et arrache la tête d’Ed avec ses couilles et une partie de sa queue.

Ed recrache sa bouchée et hurle au visage de Gart qui, voyant ses attributs s’exploser par terre, se met lui aussi à hurler bien plus fort.

Il lâche le crâne qui se met à rouler.

Lucy fonce sur Béro et d’un coup de hache, lui ouvre le ventre à l’horizontale. Pris de court, il n’a pas le temps de se protéger et voit ses tripes sortir de son bide.

Il tombe à terre et essaie tant bien que mal d’empêcher ses organes de foutre le camp.

La plaie est trop grande, il a beau avoir de gros bras, ce n’est pas suffisant pour retenir ses intestins qui finissent par terre contre l’enclos.

Les cochons affamés se jettent devant cet appétissant repas, chopent ses boyaux à pleine bouche et tirent.

Béro se retrouve bloqué, impuissant contre la barrière en bois. Les cochons se battent et tirent chacun de leur côté tandis que le frère Simmons se vide de l’intérieur jusqu'à ne devenir qu’une enveloppe vide.

C’est dégueulasse.

Lucy défonce la porte d’entrée et entre dans la baraque.

Je me pointe devant Cliff qui, lui aussi, surpris de notre attaque soudaine, à juste le temps de se lever de sa chaise pour se prendre un Karotekick.

Ça, c’est ma petite botte spéciale.

J’attrape ma batte par le haut et lui enfonce le manche dans les côtes, alors que le gars se plie en deux, je fais glisser mes mains de long de la batte, attrape le manche à deux mains, fais un tour à 360°, et lui donne un putain de coup derrière la nuque.

Ses yeux sortent de ses orbites tellement le choc est brutal. J’adore.

Il s’éclate par terre.

C’était si rapide et net qu’il gît sur le sol, la mâchoire crispée sur sa clope qui n’a même pas eu le temps de se consumer.

- Lapin ! hurle Lucy.

Je regarde Corey dans sa bassine qui essaie de communiquer avec des « mmmmm ».

- T’inquiète, elle n’a rien vu, je lui dis en montrant du menton son petit vermisseau.

Je rentre à mon tour. Woua l’ambiance. C’est une maison de chasseurs, y’a pas de doute.

Des trophées de chasse ornent le moindre recoin. Des têtes de cerfs, de sangliers, des renards et plein d’autres bestioles.

Au fond de la pièce, devant un immense vivarium, se trouve le vieil homme sur un fauteuil roulant, tenant Garret par les cheveux.

Sacrée poigne, le vieux.

Dans l’autre main, il tient une laisse. Putain, j’aime pas les chiens.La bête sort de derrière le vieil homme. Ah ça va, c’est pas un chien.

Non, c’est pas un animal non plus, mais un homme…

Un type assez corpulent, en salopette crasseuse se tient à quatre pattes avec un sac en tissu sur la tête. Il n’arrête pas de bouger, de renifler, le vieux tire sur la laisse.

Il se calme. Sur le sac, ils ont dessiné un smiley.

- Barrez-vous bande de merdeux ou je le lâche ! Le vieux nous menace.

- Mais c’est quoi ce truc ? demande Lucy effrayée.

Le type en laisse renifle et se tourne vers Garret.

Le vieux le tire vers lui et crie.

- Toby !

- Mais cette chose, c’est votre fils ? dit Lucy écœurée.

- Barrez-vous je vous ai dit !

- Mais putain, c’est votre fils, pas un chien ! je l’engueule.

- Quoi ? C’est pas un chien ? C’est pas un chien, ça ?! Hein ?! C’est pas une bête, ça ?! Le vieux se casse la voix tellement il hurle.

Il lâche Garret et retire le sac de la tête de Toby.

Le type en laisse me regarde…Ou regarde Lucy, je ne sais pas trop. Ses yeux sont asymétriques, il a la gueule déformée. Sa bouche de travers pousse un cri indescriptible. Je comprends pourquoi ils ont dessiné un smiley sur le sac. C’est un peu plus agréable à regarder.

Garret en profite pour s’écarter.

Le vieillard lâche alors la laisse et ordonne à Toby d’attaquer.

Je lui jette ma batte qui lui rebondit dessus et va s’écraser contre le vivarium qui se brise en mille morceaux.

Alors que je m’attends à voir sortir des serpents ou des araignées, enfin, le genre de truc que tu trouves dans une cage en verre. Une vingtaine de mains grouillantes s’échappent et se ruent par terre.

Drôle de trophées.

Les mains partent à toute allure. Le vieux, paniqué, se jette à terre et tente de les attraper.

- Mes petits !

C’est vraiment une famille de taré.

Toby fonce sur Lucy, quand je sens une odeur de brulé.

Je tourne la tête vers l’extérieur et vois Cliff qui, dans un dernier souffle, écrase sa clope par terre.

Consciencieux le gars.

Chapeau.

Merde.

Une trainée de flammes jaillit de sous la clope et trace vers l’enclos où se trouve Corey…

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