Chapitre 6

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- Maintenant ma mignonne, tu vas t’écarter tout doucement et tu laisses ta hache par terre, me dit Gart, un des frères Simmons.

Je recule, il a son fusil pointé sur moi.

Lapin ne devrait pas tarder.

Putain, on s’est jeté dans la gueule du loup.

- Où sont les enfants ?

Le gars sourit, s’allume une clope.

- Ils sont au chaud à la maison, t’inquiète, ils sont entre de bonnes mains. C’est des coriaces ces petits gars, le petit gros nous a fait son tour de morveux en flammes, il a failli foutre le feu à la baraque. Le daron est furieux, je pense pas qu’il recommence de sitôt, il se marre.

J’espère qu’il ne leur est rien arrivé.

- Mais je ne comprends pas, pourquoi s’en prendre à nous ? On est dans le même camp, vous aussi vous chassez ces types « Les fils d’Ibis ».

- Affirmatif ma belle, mais pas pour les mêmes raisons.

- Mais vous êtes au courant de leur manège, la cérémonie, ces fous furieux qui s’en prennent à Meat River ?

- Ouaip, et qui nous rapporte un max de blé. C’est le shérif qui a eu l’idée et qui nous a mis sur le coup.

Merde ils sont de mèche.

- Le shérif trouve des gars un peu paumés, les ramène au camp, Philéas les transforme, fait tourner son affaire et nous, on les tire dès qu’ils franchissent les portes du camp. Les gens nous paient pour être tranquille, pour Philéas ça renouvelle sa clientèle et le shérif a les faveurs des habitants qui lui sont reconnaissants pour la diminution d’étrangers et marginaux dans notre paisible ville.

C’est notre gagne-pain. Et vous, vous mettez votre nez dedans et remuez la merde, c’est pas bon pour les affaires… non non, pas bon du tout.

Ces types sont des crevards, ils mettent la vie des habitants de Meat River en danger pour l’appât du gain.

Ça me dégoute.

- Qu’est-ce que vous allez faire de nous ? Vous allez nous abattre ? C’est ça ?

Gart écrase sa clope.

- Vous allez venir avec moi, on sait recevoir dans le coin. On va en discuter tranquillement... où personne ne nous entendra causer, ma jolie, il cesse de sourire.

Ouais, ils comptent nous descendre chez eux pour ne pas laisser de trace.

Derrière Gart, un petit arbuste s’excite. Il n’a rien entendu. Pour un chasseur, il n’est pas trop attentif.

Je regarde discrètement et vois deux grandes oreilles blanches. Super, il a fait vite. Lapin sort lentement la tête d’un buisson et place son index devant sa bouche.

Je tourne le regard pour ne pas le faire repérer et essaie de faire diversion en continuant de taper la discut’.

- On compte quitter la ville demain, laissez-nous partir et on ne remettra plus jamais un pied ici.

- Personne ne t’a demandé de trouver une solution. On sait régler les problèmes à Meat river.

Sur cette belle phrase il se tait.

Je ne dis plus rien. Le buisson se remet à gigoter et cette fois le chasseur le remarque.

Merde.

Il pointe son fusil en sa direction, s’écarte sur le côté.

Je me prépare à intervenir, au cas où Lapin se jette sur lui mais non.

Apparemment il a un autre plan.

« Grennnnnaaaade ! » hurle une voix de derrière les buissons.

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