Chapitre 40

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Dao hocha la tête pour montrer qu'il comprenait, mais ne répondit pas. Johany regretta instantanément d'avoir rejeté sa proposition avec tant d'aplomb. Il reprit, sentant le besoin de se justifier :

  • My only friend, Louis, is in France. I will work for him when I return to my country. You understand, I have no choice.
  • It's not true, you have a choice, Johany, démentit Dao, les yeux soudain embués de larmes.

Johany comprenait, en voyant à quel point il semblait compter pour le jeune homme, que ce dernier était bel et bien en train de tomber amoureux de lui. Mais même si ça lui brisait le coeur de mettre un terme à ses espoirs, il devait le faire, pour être clair dès le départ. Si Dao imaginait qu'il allait rester indéfiniment sur l'île, leur séparation serait d'autant plus rude. Il ne pouvait pas lui faire miroiter une telle chose, ç'aurait été cruel de sa part, même s'il haïssait peiner les autres.

  • I have no work here, Dao, dit-il d'un ton désolé. In France, I can have a job when I will go back. And I don't have enough money to travel again, just enough to buy my plane ticket... I can't stay, I just can't.
  • You could work with me, réfuta Dao, les yeux rivés au sol. We can share the restaurant and the shop. I used to help my uncle when he wasn't sick, but I'm the one who needs help now.

Johany ne comprit pas tout, mais était profondément touché par la sincérité de Dao, dont le naturel le charmait depuis le début.

Senthang, qui s'était arrêté quelques mètres devant eux, se grattait nonchalamment l'oreille. Un homme à vélo passa devant eux et le chien le suivit aussitôt en courant, tout heureux.

Le silence entre Johany et Dao, qui n'osaient pas se regarder, fut brisé par le français, qui se voulut réconfortant en déclarant :

  • Don't think about that. Just focus on the positive. We can enjoy together before I leave.

Dao approuva d'un mouvement de la tête et se força à sourire, mais ses yeux restèrent tristes jusqu'à la fin de la balade. Johany aussi se sentait mal, il était véritablement déchiré entre sa volonté et sa raison, qui tentait de le remettre sur le droit chemin en le poussant à rentrer en France, maintenant qu'il n'avait plus rien à chercher au Laos et que ses économies se dissipaient.

Il tenait cependant à profiter à fond, comme il l'avait dit à Dao, des derniers jours qu'il passerait sur l'île. Il s'était donné beaucoup de mal à courir après un fantôme inatteignable et il était temps d'en faire le deuil.

Ils s'arrêtèrent devant la petite maison que Johany louait tandis que Senthang, qui était revenu tout seul, se roulait en boule par terre, comme à son habitude.

Les deux jeunes hommes se regardèrent. Ils avaient passé la fin de leur promenade à parler de tout et de rien, parce que Johany ne voulait pas que Dao pense à son futur départ.

  • You want to visit ? To see how it is inside ? proposa le jeune français en désignant sa location, songeant que Dao n'y était jamais entré.
  • Ok, yes.

Le jeune homme sourit, ce qui encouragea Johany à lui prendre la main avant de pousser la porte.

Il regretta aussitôt de ne pas avoir arrangé ses affaires en voyant le désordre de la petite pièce-à-vivre. Il n'avait pas grand-chose, mais avait tout de même réussi à mettre le bazar en peu de temps.

  • Oh, don't look the miss... no, the mess, bafouilla-t-il. So, here, eh ben... this is the only room. And there, it is the bathroom, as you can see...

Il désigna d'un geste de la main la porte qui menait à la salle-de-bain puis reporta son attention sur la pièce. Son lit n'était pas fait, les coussins du canapé étaient éparpillés un peu partout, ses vêtements jonchaient le sol... Il était toujours en train de se morfondre intérieurement en contemplant le désordre, lorsque Dao se tourna vers lui et l'embrassa langoureusement.

Les chaussettes qui trainaient par terre sortirent immédiatement de l'esprit de Johany, qui se laissa emporter par l'étreinte des lèvres de Dao contre les siennes.

Il passa fébrilement une main dans la chevelure de jais du jeune homme, dévoré par le désir. Son autre main parcourut le torse de Dao, dont le tee-shirt bleu ne tarda pas à tomber.

Ses propres vêtements glissèrent au sol un instant plus tard.

L'énergie incontrôlable qui les parcourait n'avait d'égale que leur douceur, malgré la fougueuse envie qu'ils ressentaient l'un pour l'autre.

En deux temps trois mouvements, ils basculèrent sur le lit de Johany.

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