Nouvelle vie

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La nuit était tombée sur New York, je m'éloignais de la ville sans bruit, seule, isolé du monde entier, me lamentant sur mon triste et éternel sort. Je vis mon grand cerisier planté autrefois par mes petites mains, où je jouais, courais, un grand sourire aux lèvres, il avait maintenant un air triste et morne comme moi. Mes souvenirs remontaient à la surface de ma mémoire, mon ami puis mon cousin, des doux événements, les souvenirs tristes jaillissaient aussi, d'autres mauvais ; je devenais pâle de froid, de grandes larmes coulaient le long de mon visage glacé, le temps s’écoulait dans ce paysage amer, je constatais tout à coup dans mon champ de vision, un jeune homme portant une capuche, il paraissait marcher dans ma direction. Je me relevais alors précipitamment de l'herbe froide où j'étais assise, j'examinais attentivement le corps du personnage, puis je me mis avec hâte à m’éloigner, me dirigeant vers l’allée menant jusqu'à la sombre forêt, plus proche issue pour se faufiler sans être aperçu, le choix fut compliqué mais je n’atteindrais jamais l’extrémité du parc, elle était donc la seule façon pour moi de m’éclipser, je courais encore sur le chemin de terre, plus mes pas étaient rapide, plus ma peur s’enfonçait dans un noir souvenir, me rongeant le cœur d’un sentiment inexplicable. J'avais couru des heures et la poursuite était plus que fatigante, essoufflée, en colère, je criais à mon pouruiveur :

- Qui êtes-vous ? Dis-je d’un air mal assuré, et curieux à la fois, le jeune homme ralentit sa cadence et en me regardant de loin, répondit à ma question !

- Natsu Kanji Rayito ! S'exclama-t-il en m'adressant un sourire complice.

Je souris en mon for intérieur rasséréné, et couru vers lui, je lui fis signe de s’approcher, penchée en avant, la respiration à vif, il accourra, lorsque je me relevai tout à fait, je sentis une chose, un être, un autre que Natsu, je chuchotai sans me retourner : « On n'est pas seul », assez près de la chose, je le ressentais, doucement, nous nous retournâmes, j'ouvris grand les yeux et regardai avec surprise, ce qui se passait sous nos yeux éblouis, une grande créature majestueuse, marchait avec des pas très lents, la raison était mélancolique, elle avançait avec lenteur pour permettre à ses petits de la suivre et de ne pas se perdre dans la forêt. J'avais encore les larmes aux yeux après toute cette histoire, mais j'avais brusquement changé d’émotions, reprenant conscience, que les heures s‘assujettissait à un défilé incontrôlable, ne me laissant le temps de respirer que quelques bouffées d’oxygène, l’air aussi disparaissait, s’en allait très vite, tournant comme un manège plus vite que mes sombres pensées, j'avais l'impression d'être emportée par la mort et rejèté par la vie. J'avais peur de me perdre sur ce monde où je n'avais pas ma place. Natsu me montra du doigt une grand bête qu’il avait aperçue sur la montagne, elle brillait devant nous, la bête était bel et bien un ours ou plutôt son cadavre gisant au sol, une victime meurtrie par d’infâmes humains, abattu sur leur route, comme une vulgaire babiole, ne pouvant à nouveau retenir mes larmes, je les laissais suivre les traits de mon visage, comme un enfant courant au bras de sa mère.

Je filais comme la brise, car j'avais eu peur de la mort, elle était encore apparue devant moi, tel la dépouille de mon grand-père, l'accident de mes parents, j'avais alors donné une image à la mort, bien trop souvent manifestée dans ma famille. On était côte à côte, se dirigeant simultanément vers le lycée, les cours allaient débuter dans quelques minutes. Je sentais mes pas sur terre prendre autant de vitesse que les battements de mon cœur, tout cela dans une ronde infernale, attiré vers le sol par une force autre que la gravité, je me remémorais le corps inerte de l’ours se décomposant à une rapidité incompréhensible, hier sous nos yeux ahuris. Natsu aussi était à mes côtés, il regardait de temps à autre derrière nous pour voir si quelqu'un nous suivait, personne. Je m'exclamais avec une grande curiosité :
- Pourquoi es-tu là ? Tu es dans quel lycée ?

- Mes parents m’ont quitté de ce monde, je suis maintenant dans ton lycée ! Me répondit Natsu avec un air triste. J’essayais de me reprendre : je suis désolé, je ne savais pas, je lui fis un petit tap tap sur l'épaule pour le soulager.

Un grand bâtiment se trouvait devant nous, nous n'étions pas en retard, un léger plissement de mes lèvres, pour cette bonne nouvelle était apparu, à chaque personne me croisant, je répliquais par un regard gentil et souriant. Je m’élançai ensuite vers ma classe suivie de près par mon cousin, puis notre professeur entra, elle nous offrait son air ravissant en t'en que salut, et nous nous assîmes sur nos chaise, cependant elle ne commença pas à l’instant d’après, elle appela une jeune fille au premier rang, que je n’avais pas encore eu un soupçon de son existence dans notre établissement, elle avait quelque chose de surnaturelle, dans son être, une beauté largement suffisante pour avoir des regards fugitifs constants sur sa personne, de long cheveux blond vénitien, des yeux gris clair, elle portait une jupe bleu s’arrêtant aux genoux, une veste blanche posé sur un simple t-shirt noir, elle s‘appelait Sakura Hanabira, elle devait être dans la tranche d’âge des quinze seize ans. La présentation n’était pas terminée, Madame Allison, présenta une autre personne, un jeune homme sûrement du même âge que la demoiselle, du nom de Naofoumi Jisetsu, il avait des grands yeux noisette, des cheveux noirs de jais, coupe courte, la nuque dégagée, vêtue sans caprices, un jean et un t-shirt. Le cours débuta enfin, mais je restais préoccupé après avoir rencontré le regard du jeune homme, je l’observais de temps à autre du coin de l’œil, je le connaissais, une impression de déjà vu, son visage m’était familier, pourtant, on venait de se rencontrer.

J'en avais marre de cette maladie, elle s’était faufilé en moi je ne sais quand, peut-être depuis toujours, et à cause d'elle tout le monde portait une mauvaise image de moi, « la fille agressive », « la fille qui ne sait pas s’exprimer », « la fille insociable », une foutue maladie Neurologiques, me gâchant, me pourrissant la vie. Ils avaient raison, je devenais agressive, je finirais dans un hôpital psychiatrique comme tous les gens ayant succombé aux disgrâces de la maladie. Perdu dans mes pensées, je relevai alors la tête et me rendis compte que le cours était terminé, je pris mes cahiers, les rangeas avec hâte, Madame Allison s’exclama avec gentillesse en me regardant : « Ça ne va pas aujourd’hui, vous êtes dans la lune, ailleurs, j’espère que vous vous reprendrez pour la suite de la journée, allez, je ne vous retiens pas rejoignez vos camarades ! ». Je la remerciai avec mes yeux, et partis en compagnie de mon cousin, la jeune fille d’un tableau martien, ou plus simplement Sakura s’approcha de nous, elle nous dit avec un joyeux sourire :
- Bonjour !

Akiharu lui répondit avec tout autant d’allégresse :
- Bonjour !
Mon cousin s’éloigna, vers un endroit où personne ne se rendait, comme à son habitude, rester seule, son attraction favorite. Quant à moi, je répondis à Sakura avec un sourire :
- Salut, les filles, vous allez bien ?
- Oui et toi ? Me répondirent-elles en chœur !
- Oui, super ! Dis-je avec un clin d’œil complice, puis je m’éloignai à mon tour, en leur faisant un petit signe d’au revoir.
Naofoumi était assis à l'écart des autres, lorsque je fus près de lui, je dis :
- Salut, on se connaît ?
- Salut, oui, j'ai l'impression aussi de te connaître !
Mon cousin s'approcha.
- Hello ! Il continua avec émotions.
- Naofoumi, ça fait longtemps !
On se dévisagea, le jeune homme et moi, puis on s’exclama en chœur :
- Mais... Mais oui... On se connaît !
Naofoumi nous regarda puis dit :
- Yuki Fu Hana, Natsu Kanji Rayito !
On se mit à rigoler tous les trois comme au bon vieux temps.

On avait terminé les cours, je posais mon classeur et ma trousse dans mon sac, lorsque j’entendis tout à coup, une personne crier mon prénom, par le son très faible qui me provenait, j’en déduisis que la personne était dans un endroit assez éloigner, les cries se rapprochait de plus en plus, le son prenait plus de volume, la personne ne criait pas uniquement mon prénom, mais des mots semblables à :
« Yuki, viens... »
Sans s’arrêter en répétition constante, c’étaient maintenant des petits bruits, ils venaient vers moi, et plus elle s'approchait plus je prenais conscience de qui s'était, mais surtout du pourquoi on m'appelait avec autant de peur. J'avais mal, uniquement de la douleur des brisures de la voix, je l’avais aussitôt reconnu. Je me perdais dans mes pensées, elles se perdaient aussi dans un monde négligé et triste que j'avais créé de mes propres idées, dans mon cerveau différent des autres, c'est ce que mes parents m'avaient dit, et pire encore, j'avais tout perdu depuis peu, en seulement quelques heures, alors à quoi bon vivre dans ce monde ou je n'ai rien comme les autres, je me sens rejeté par tout le monde. Les cries étaient maintenant dans mon dos, je me retournais aussitôt, pour entrevoir la jeune fille debout devant moi, avec inquiétude s'était bien elle la jeune fille de mon lycée : Akiharu...

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