Chapitre Sixième : La voie de l'agilité

14 minutes de lecture

 Je me réveillai de nouveau dans une chambre, mais cette fois ce fut celle de Gilgamesh en personne. J'ignorais combien de jours s'étaient écoulés cette fois-ci, mais on me précisa que je me remis plus vite que la dernière fois – j'ose donc espérer n'avoir abandonné la conscience que trois ou quatre jours.

Ce dernier était assis sur une chaise de pierre, le soleil luisant à travers les mailles tressées encadrant les fenêtres, les yeux totalement fermés. A côté de moi je voyais son couteau, posé, et je me demandais ce qu'il faisait là. Je n'avais qu'une légère sensation d'inconfort, comme des courbatures, dans les épaules, et mes souvenirs de la bataille étaient flous.

 « Tu dois être le plus brave des petits garçons, ou le plus fou, pour frôler la mort avec tant de verve. Mais peut-être n'est-ce pas dans ton tempérament ? Peut-être plutôt est-ce parce que tu es... amoureux ? lança Gilgamesh.

  • Comment le savez-vous ?

  • Allons Gallen, j'ai des yeux pour voir.

  • Mais ils sont fermés mentor. Votre méditation vous permet-elle de voir plus loin encore que le commun des gens ?

  • J'ai parfois tendance à oublier ta dérision. Elle me fait souvent sourire tu sais. Le problème de notre monde c'est que les gens ne prennent pas de temps pour eux. Ils sont constamment dans l'attente de quelque chose, la potentialité, le devenir...

  • Et moi je suis plutôt dans la mélancolie, le daté, le souvenir...

  • Est-ce qu'il y a une raison particulière ?

  • Je... ne sais pas. J'ai de grands rêves mentor. Pas seulement pour moi, mais aussi pour notre peuple. Mais cette fille adorable, elle me hante à chaque instant de mon existence.

  • Pourquoi ne pas passer un peu de temps avec elle dans ce cas ? Elle n'est pas un fantôme qu'il t'est gré d'ignorer.

  • Non elle ne l'est pas, mais elle est promise à Farhen. Dans mes rêves mentor, je me voyais vaincre à ses côtés, en son nom même. Mais la vérité c'est que je ne peux laisser libre cours à mon désir. Elle est heureuse avec un autre, et je n'ai d'autre choix que de m'oublier.

  • Ne parle pas comme ça. Ce n'est jamais une bonne idée que de s'oublier, comme tu le dis. La vie est ingrate, elle nous met à l'épreuve. J'ai cru percevoir dans l'amertume dans le ton de ta voix en mentionnant Farhen. Mais si ce que tu dis est vrai, ce n'est pas lui le fautif, mais bien toi-même. Tu te places tout seul des barrières que tu ne peux pas franchir...

  • Me conseillez-vous de faire fi de leur amour ? Me conseillez-vous de conquérir son cœur quoi qu'il arrive ?

  • J'ai eu la chance d'épouser une femme qui n'a jamais connu aucun autre amour que le mien. Voici des décennies que nous somme réunis, et je vibre pour elle comme aux premiers instants où je l'ai vue. Si tu ressens la même chose pour elle, n'hésite pas à le lui montrer. Je ne te dis pas d'agir comme un idiot non plus, mais vous êtes jeunes, et si j'étais l'un des sages, je ferais prohiber cette tradition inutile de faire se promettre des enfants si tôt...

  • J'ai... du mal à vous comprendre mentor...

  • Elle est assez grande pour prendre sa décision. Si tu montres un peu d'affection, sans jamais chercher la possession, peut-être que les choses changeront... Après je ne suis pas dans ta tête Gallen, et je ne peux agir en ton nom...

  • Merci mentor, je prendrai vos conseils en considération. Maintenant dites-moi, quelle est la prochaine étape du voyage ?

  • Je t'ai montré la voie de la paix, puis celle du couteau. Aujourd'hui je vais te montrer celle de l'agilité.

  • Je sais grimper aux arbres, si c'est ce que vous insinuez.

  • Je t'a vu faire, bien sûr. Mais l'agilité ne se résume pas à quelques cascades. Il te faut gagner en souplesse, en vitesse et en aisance pour devenir un garde-tempête.

  • Pourrai-je toujours participer à la cérémonie ?

  • Tu as pris du retard sur les autres enfants, tes jours de convalescence n'ont pas aidé. Mais si tu le souhaites, je peux faire en sorte que tu suives un entraînement... disons plus rigoureux que les autres. Si tu mets autant de conviction à repousser tes limites qu'à te précipiter au devant du danger, tu devrais pouvoir les surpasser sans mal.

  • Me dîtes-vous cela pour me rassurer ? Ou parce que vous le pensez vraiment ?

  • Je te dis ce que j'ai vu. Tu as de grandes capacités en toi Gallen, au moins en aussi grand nombre que les conflits qui t'habitent. Je n'essaie pas de te flatter, mais de te faire parvenir au dénouement de tes problèmes.

  • Je vous en remercie, mentor. »

 Nous n'avons pas perdu de temps pour la suite des événements. On me montra toutes les machines permettant de développer la souplesse – que je qualifiais de barbare pour ce premier contact, mais qui s'avéreraient tout à fait utiles par la suite – avant de procéder moi-même à quelques exercices pour muscler mon corps et mon esprit.

Vous savez, le plus dur ne résidait pas dans la gestion du souffle, de la posture à adopter, ou du nombre de répétitions à effectuer ; la difficulté résidait dans la motivation à encaisser la pression, chaque jour, sans jamais faillir.

On m'écarta les jambes au delà du supportable, puis les bras, ainsi que le dos. Je réitérai des exercices éprouvants, tout le long de mon entraînement. Pourtant, je fus satisfait de ne pas essuyer de nouvelle attaque surnaturelle, ou perte de conscience héroïque, en cette journée magnifique. Puis, au terme de celle-ci, passée à travailler chaque partie de mon corps, je demandai à mon maître :

« Qu'en est-il de l'école ? Je n'ai pas eu l'occasion de remettre les pieds là-bas depuis tous ces jours. Dois-je y aller demain ? Ou peut-on prétendre que je ne suis pas encore en état de travailler ?

  • Tu es futé, Gallen, mais je me vois mal annoncer à Alira que tu es trop faible pour travailler ton intellect en sachant comme tu t'es donné aujourd'hui. Profite de cette nuit pour te reposer, et de la journée de demain pour revoir tous tes camarades. Tes agissements ne passent pas inaperçus petit prodige, tu deviens la fierté de notre peuple...

  • Alors soit, mentor, je vous dis à bientôt.

  • A bientôt, novice.

  • Novice ? Je vous trouve bien dur avec moi !

  • J'en profite car au rythme où vont les choses, tu vas bien vite évoluer dans la hiérarchie. »

 Je pus regagner mon lit, en saluant à peine mes parents, avant de m'effondrer en son sein, pour passer l'une des meilleures nuits jamais passées. Je fis des rêves délicieux, m'imaginant succéder à Gilgamesh dans sa mission, plein de vaillance et de grandeur. Je m'imaginais déjà adulé par un peuple en effervescence, et respecté même des anciens. Je me voyais repousser des hordes de créatures encore à découvrir, sans jamais trembler ou faillir... puis le matin vint.

Je suis en route pour l'école, en chemin je croise Hallen, Edwanna ainsi que Jonah. Nous nous saluons tous, et nous faisons ensemble le trajet jusqu'à l'école, un petit moment...

« Monseigneur, étiez-vous en bons termes avec celui qui vous avait mis à bas quelques jours plus tôt ?

  • C'est une question pertinente, il est vrai que je l'ai éludée involontairement depuis le début de mon récit... Et bien oui, nous n'avons jamais vraiment eu de problèmes entre nous. La fois où je me suis fait lamentablement ravagé fut causée par un ordre de Gilgamesh, quoi que surinterprété par Hallena, certes. Non en vérité je dirais même que j'ai perçu du respect dans les yeux de cette fille, un peu plus vieille que moi, à l'écoute de mes exploits relatifs. Mais passons... Je disais donc qu'en raison de ma vélocité à marcher, je m'efforçais de rester derrière le groupe, ne répondant que lorsque j'y était invité. Alors, le geste sûr, Edwanna me signifia de dépasser les autres et de regagner tous les deux la cour de l'école avant tout le monde, en marchant à mon rythme. Je ne comprenais pas son intervention, qui demeurait pourtant adorable, et je pris un certain plaisir à la suivre, cette fille pleine de charme et d'élégance, une perle pétillante au sourire de nacre... à la démarche noble et fière – mais je m'interrompis alors.

  • Farhen n'est pas là ? demandai-je brutalement.

  • Non, il est très malade aujourd'hui, et j'ignore pourquoi. Est-ce que ça te dérange ? J'ai cru comprendre que vous étiez en très bons termes ces derniers temps...

  • Oh, oui assurément ! Il croit avoir une dette envers moi pour son sauvetage, même si je n'ai de cesse de lui répéter que c'est faux.

  • Moi aussi, j'ai une dette...

  • Non, certainement pas. Je prends ma formation et mon futur rôle très à cœur. Je n'ai fait que remplir mon devoir.

  • Tu en es bien sûr ? Cela fait deux fois que tu me sauves en peu de temps. Pourquoi prendre plus de risques pour moi que pour quiconque ?

  • Parce que tu mérites toutes les attentions, et parce que tu n'es pas tout le monde.

  • Qu'est-ce que ça veut dire ?

  • Qu'on va être en retard si on ne rentre pas tout de suite.

  • Gallen, nous avons beaucoup d'avance sur les autres, qu'est-ce que ça veut dire ?

Mon cœur s'emballait, je ne savais pas quoi répondre, je m'étais imaginé cents fois cette scène dans mon esprit, persuadé qu'elle n'arriverait jamais. Hélas à présent j'étais là, aussi éloquent qu'un céréale au fond d'un bol.

  • Et bien, ça veut dire que tu comptes pour moi. Tu es très intelligente, tu es douce, aimante, pétillante... Tu cumules bon nombre de qualités, voilà tout.

  • Voilà tout ? Tu en es bien sûr ?

Une partie de moi désirait tout lui dire, quand l'autre m'exhortait à me confiner au plus profond de ma morale ; puis je me souvins des mots de Gilgamesh.

  • Est-ce que tu fais quelque chose ce soir ?

  • Je vois Farhnen.

  • D'accord, alors tant pis...
    Je baissai les yeux, et gagnai la salle de classe.

  • Mais j'ai quelques heures de libres juste après l'école, si tu veux qu'on se voit...

  • Alors c'est entendu ! Je te monterai quelque chose dans la forêt ! »

 J'ai passé les heures suivantes à rire avec Jonah, en lui promettant qu'on se verrait le soir venu, mais aussi avec Edwanna, ce qui n'était plus arrivé depuis un long moment. Je répondais de manière plus neutre aux questions posées, pour ne pas risquer un second scandale d'une part, mais aussi pour ne pas porter atteinte à mon évolution quant à ma maturité.

Quand la cloche marquant la fin de la classe retentit, je pris Edwanna par la main, et me ruai dans une partie non défendue de la forêt. Il n'y avait personne avec nous, pas même le bruit d'un animal, juste le bruissement du vent dans les arbres, et la voix de cette fille que j'adulais.

 « Tu m'as souvent demandé s'il était dur de faire du tir à l'arc, et bien aujourd'hui je vais te montrer ce qu'on m'a appris. » lui confiais-je en murmurant à son oreille.

  • Tu es sûr que ça ne risque rien ?

  • Je serai là pour toi si les choses dégénèrent...

  • Et tu vas de nouveau rester inconscient pendant plusieurs jours...

  • Certes, mais il paraît que je m'améliore... Peut-être que cette fois-ci je serai debout demain...

Nous rîmes à gorge déployée et je montrais à Edwanna la posture à avoir pour ne pas se blesser. Je passais donc mes mains vers ses hanches, en effleurant ses bras et ses doigts, toujours en murmurant doucement.

  • Et que dois-je viser ?

  • Le tronc là-bas mais avant j'ai quelque chose à raconter. Gilgamesh m'a parlé d'une légende. Elle évoque l'amour qu'avaient deux personnes l'une pour l'autre, mais ils ne se sont jamais avoués ce qu'ils ressentaient. Alors, quand la fille a enfin trouvé un mari, le garçon, fou de chagrin, a maudit son sort en implorant les cieux. Il était si triste et désemparé de n'avoir su faire le premier pas, qu'il exigea d'être changé en arbre, pour prendre racine, condamné à rester statique pour l'éternité. Les cieux l'exaucèrent, et firent se déverser une pluie puissante à l'endroit exact où a poussé cet arbre que tu vises, puis en quelques secondes à peine, il prit définitivement la forme qu'il avait choisie. Il est dit que si l'on parvient à loger une flèche dans son cœur, alors le garçon sera délivré de son souhait un peu fou, et gagnera les cieux pour empêcher tous ses semblables de faire la même erreur que lui, depuis les étoiles.

  • Et tu crois que ça marchera ?

  • Nous ne pouvons qu'essayer... »

 J'aidais Edwanna à bander l'arc, en prenant une puissante inspiration, avant de l'assister dans sa visée, et lui chuchotais qu'elle pouvait relâcher la corde dès qu'elle le désirait. Alors, une fois qu'elle se sentit prête, elle relâcha la tension et la flèche plongea dans le cœur de bois, libérant une sève opulente, ainsi qu'une nuée d'insectes luisants, s'élevant en direction d'un soleil mourant. Elle se retourna vers moi, en me regardant droit au fond des yeux, et je ne pus retenir ma main, caressant ses cheveux sombres, glissant le long de ses tempes, puis effleurant sa bouche. Alors, sans réfléchir, je l'embrassai doucement. Je gouttai le plus délicieux des nectars, mélange subtile d'interdits, de désirs, de pulsions et d'amour véritable, mais ma morale reprit le dessus, et ces quelques secondes de plaisir débridé prirent le chemin des lumières au déclin.

 « Je suis vraiment désolé, Edwanna. Je n'aurais jamais dû...

  • Je ne te comprends pas Gallen. Pourquoi tu agis comme si j'étais la seule qui compte à tes yeux, pour finalement me répudier comme si je ne représentais rien.

  • Tu... tu es tout pour moi Edwanna. Mais je n'ai pas la force de trahir Farhen. Je ne l'ai jamais eue, même avant de le sauver, avant que nos liens ne se resserrent. Tu as été à lui avant d'être à moi, et crois-moi j'aurais préféré ne jamais te connaître que d'avoir à prétendre être un simple ami. J'aurais préféré ne jamais tomber amoureux, ou même ne jamais naître que d'avoir à porter le fardeau de subvenir au moindre de tes besoins, en sachant que je ne serais pas celui qui vieillirait à tes côtés.

  • Et pourquoi me dire ça maintenant ? Pourquoi m'amener ici, me charmer avec tes histoires, m'embrasser même, pour t'excuser ? Tu t'excuses trop Gallen, pour tout, même quand tu n'as aucune raison de la faire.

  • J'ai trop de respect pour toi, et j'ai peur de ce que tu pourrais penser à chacune de mes phrases, chacun de mes gestes... Si j'ai fait ça ce soir, c'est parce que j'étais lassé de contenir la pression. Tu es engagée Edwanna, et j'ai beau le vouloir de toute mon âme, il n'y a rien que je puisse faire pour revenir en arrière.

  • Alors c'est tout ? Un baiser et une excuse ? Tu te rues au devant du danger pour protéger ce que tu n'auras jamais, et quand l'éventualité s'offre à toi, tu la refuses ?

  • Est-ce que cela veut dire que tu m'aimes aussi ?

  • Peu importe ce que j'ai pu ressentir. Je ne peux pas vouloir de quelqu'un qui ne sait pas ce qu'il veut. Ne me demande plus jamais de te suivre Gallen, et arrête de tout faire pour mon bien être, car tu vas te faire du mal pour rien. »

 Je restai là, écoutant la symphonie de l'orage à venir, la mesure de l'humidité dans l'air, ainsi que celle de mes actes. J'étais mon propre chef d'orchestre, et l'œuvre de ma vie venait de prendre fin. Je me souvenais de ce que j'avais promis à Jonah, aussi retins-je mes larmes, ce mélange délicieusement douloureux de colère et de dépit ; un magma en fusion juste derrière mes yeux. Alors j'avançais, dans la forêt, pour trouver mon ami dans la cour de l'école, en solitaire. Il était allongé, le regard perdu dans l'immensité des étoiles. Avant de m'approcher davantage, je suis resté à le regarder, insouciant, fidèle, libéré...

 « Gallen ! me cria-t-il lorsqu'il me vit.

  • Jonah ! Alors, que te racontent les cieux ?

  • La même chose que d'habitude, ils restent silencieux...

  • Et toi ? Comment vas-tu ?

  • Les journées sans toi sont infiniment longues ! Même les autres élèves sont lassés de ne pas te voir intervenir avec l'assurance que tu as toujours en toi !

  • C'est vrai ?

  • Oh que oui ! Je le sens bien dans leur regard, parfois ils se tournent vers moi quand on m'interroge, puis quand ils se souviennent que tu n'es pas là, ils me délaissent car je suis bien incapable d'assurer le spectacle comme tu le fais... Mais toi alors ? Comment se passe ton entraînement ?

  • Et bien tout va pour le mieux de ce côté là. J'apprends à me battre à mains nues, au couteau, à l'épée, à la lance... J'apprends à tirer à l'arc et devenir plus efficace avec ma fronde.

  • Un bien beau cadeau de Farhen, ta fronde. Tu vas devenir un grand guerrier j'en suis sûr ! Tu pourras défaire n'importe quel ennemi sur cette île !

  • Oui, un bien beau cadeau. Je ne vais pas te mentir, j'en ai rêvé longtemps, et j'en rêve encore parfois maintenant, mais l'on m'apprend aussi à ne sortir mon arme que lorsque cela en vaut la peine.

  • Qu'as-tu appris d'autre ?

  • J'ai appris à méditer.

  • Méditer ? C'est quoi ça ?

  • Il faut se mettre dans une position confortable, le plus souvent en tailleur, et essayer de ne penser à rien.

  • Oui... je crois que les gens normaux appellent ça... dormir !

Jonah m'arrache un éclat de rire quand de mon côté j'imagine le grand Gilgamesh faire la sieste pendant que je lui parle, en me répondant des phrases sans le moindre sens.

  • Tu es idiot Jonah, mais ça me fait du bien de rire. Je n'ai plus vraiment eu l'occasion de le faire en toute sincérité depuis un moment.

  • Tu as parlé à Edwanna ?

  • Oui... nous avons parlé. Malheureusement, je crois que les choses seront bien différentes entre nous à partir de maintenant.

  • Vous vous êtes disputés ?

  • C'est ce qui s'en rapproche le plus oui, une dispute. La vérité Jonah c'est que je suis un peu perdu, j'essaie toujours de faire les meilleurs choix possibles, mais en définitive je ne fais que me desservir.

  • Je comprends ce que tu ressens Gallen. Mais tu te trompes, les gens t'adorent ! Tu as lutté farouchement contre les vers ! Tu as sauvé des gens alors que tu n'as même pas achevé ta formation, et Gilgamesh lui-même discourt souvent sur ta grandeur et ta bonté.

  • Vraiment ? Il ne m'en a même pas parlé une seule fois...

  • Tu connais Gilgamesh, il aime rendre service mais reste humble. Il ne te complimentera que rarement de face, mais n'hésitera pas à risquer sa vie pour toi...

  • Merci d'être là Jonah. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi.

La mère de mon ami apparut alors pour lui demander de rentrer à la maison en raison d'une réunion de famille, je ne sais plus pour quel motif, après m'avoir salué. Alors, une fois mon meilleur ami enlacé, je me rendais compte de la véracité de ses propos. Je voyais de l'admiration dans ses yeux.

  • On se voit bientôt Gallen !

  • Avec plaisir Jonah ! »

 Je suis resté un bon moment à fixer le ciel, profitant de la douceur du soir pour faire le point sur ma vie. Je ressentais une certaine aigreur dans mon âme, et je me mis à interroger les étoiles.

« Qu'attendez-vous de moi ? Ne suis-je pas assez éprouvé ? Cela vous ravit-il de me voir égaré ? »

 C'est idiot n'est-ce pas ? C'est idiot d'incriminer les astres loin au dessus de ma tête pour des choses qui se passent sur mon île. Mais j'avais besoin de faire sortir cette haine de mon corps, en le criant si nécessaire. En définitive, tous ces étirements de mes muscles, cette souplesse durement acquise, je crois qu'il fallait que j'en fasse également preuve dans mon cœur et dans mon âme. Je devais prendre de la distance avec les événements, ne pas les laisser me hanter trop souvent.

Annotations

Vous aimez lire Kevin Rousselet ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0