Emprise

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Écrit en écoutant notamment : DRS - Half Step Copycat. Le genre est particulier mais s'intègre bien au thème :)

Mon torse est barré par son bras puissant ; chacune de mes inspirations résonne dans la tension silencieuse qui nous cerne. Le contact froid de la lame de couteau apposée sur mon cou me donne l’impression que celle-ci s’enfonce déjà dans la chair. Son souffle bruyant et saccadé résonne au plus près de mes oreilles.

J’aime cette sensation de domination ; il n’ose déjà plus se débattre. En même temps, je lui inspire probablement une peur terrifiante. Son visage est figé dans des traits aussi raides que désirables, seul son cœur battant intensément sous mon bras brise l’immobilité de l’objet de mes pulsions. Aux quelques gouttes de sueurs qui parcourent son cou se mêlent des effluves d’un affolement terriblement excitant.

J’attends dans une angoisse interminable le moindre de ses mots, le moindre de ses mouvements. Je n’ai plus le choix, c’est lui qui décidera ce qu’il fera de moi. D’un coup, la lame s’éloigne prestement, le souffle se fait plus ténu, et je manque de défaillir lorsque je ne sens soudainement plus soutenu. J’avance mécaniquement, percevant intensément la silhouette dans mon dos qui me guide par sa présence.

Mon souffle s’accélère en voyant avancer devant moi les fesses que je vais bientôt pouvoir mettre à nu. Sa jolie chemise froissée, laissant deviner des traits sveltes, porte les marques de mon ardeur désormais contenue, jusqu’au moment où je l’arracherai. Malgré tout, je ne peux m’empêcher de venir me coller un instant dans son dos ; je prends plaisir à écraser mon sexe en érection sur ces formes qui me font fantasmer.

Je suis violemment projeté sur le lit, puis immédiatement immobilisé par ses cuisses qui se calent de part et d’autre de mon bassin, et ses mains qui viennent fixer mes épaules. Ayant partiellement retrouvé mes esprits, et mû par un réflexe, je tente de me débattre, mais il est bien trop fort pour moi. Va-t-il prendre le temps de savourer l’instant, telle une horde de chiens acculant un cerf malheureux ? Va-t-il mordre à pleines dents dans sa proie ? Voilà que je tremble de plus en plus fort, caressé par ses mains humides qui prennent possession de mon intimité.

Je lui arrache sans difficulté sa chemise et son pantalon, le retourne sur le ventre, plante mes coudes dans le bas de son dos, et imprime la marque de mes dents dans ses épaules. Je m’amuse à jouer avec la pression de ma mâchoire, manquant presque d’aller chercher le goût salé de son sang lorsque ses plaintes m’excitent de trop. Il est désormais tout à moi, la violence de mes fantasmes pourra enfin se transformer en réalité grisante, il se souviendra de moi.

Probablement aidé par un mécanisme de défense naturel, je décroche de la violence que mon corps s’apprête à endurer. Qu’il fasse ce qu’il veut de cet amas de chair, qu’il me pénètre sans ménagement, qu’il satisfasse sa perversité à l’aide de ce que je peux lui fournir ! Au moins, mes belles fesses musclées décupleront son ardeur pour faire trembler mon corps sous ses assauts. Alors que je sens son sexe raide appuyer contre mon intimité, j’enfouis mon visage dans mes bras, attendant avec résignation la suite.

Un intense sentiment de domination se propage depuis mon sexe dans mon corps entier lorsque je parviens à forcer le passage. À présent, j’exécute des allers-retours rapides et puissants ; je ne m'arrêterai plus ! Je ne me retire que pour remettre un grand coup avec plus d’élan, cette tâche devenant de plus en plus simple les minutes passant. D’ailleurs, il ne gémit même plus, semblant habitué au passage de mon sexe ; ainsi, pour reprendre un contrôle qui semble m’échapper, j’assène des claques intenses qui font rougir sa peau : à mon plus grand plaisir, les cris qui s’étaient éteints redoublent d’intensité.

Lorsque je sens qu’il a enfin terminé son travail, je me redresse et m’assois face à lui :

— Je t’aime !

— Moi aussi, Axel, je t’aime !

Avant que les larmes n’envahissent ses yeux, il vient coller son visage à moi, attrapant mes lèvres qui lui avaient tant manquées. La tendresse qu’il apporte dans son baiser après sa démonstration de force me transporte plus loin que n’importe quels mots doux. J’aime aimer ce garçon, j’aime me donner à lui, j’aime ensuite me retrouver dans la plus pure affection.

Sans que je le lui demande, il commence à me masturber avec une délicieuse lenteur, qui fait croître mon excitation très rapidement. Il me semble en même temps discerner dans ses yeux humides la crainte d’en avoir fait trop ; je m’attèle rapidement à le rassurer :

— Tu sais bien que j’en avais envie. Je ne te laisserai jamais regretter de m’avoir fait du mal ; je m’en voudrais terriblement.

— Merci... tu sais que tu m’emportes tellement loin quand tu t’offres à moi comme ça… je me sens complètement différent pendant ces instants ! Mais il y a une chose qui ne changera pourtant jamais... je t’aime !

Je suis soudain coupé par l’orgasme qui envahit mon corps, laisse ma nuque retomber en arrière, et n’ai qu’à attendre qu’il vienne déposer sa tête sur mon torse. J’essuie délicatement les quelques gouttes qui s’écoulent depuis le coin de ses yeux, puis dessine le contour de ses lèvres de mes doigts. Son regard à la fois reconnaissant et inquiet m’avait tant manqué !

Lorsque la chaleur de mon corps a fini de le rassurer définitivement, je me décale pour venir me coller contre son dos, mes jambes entremêlées aux siennes ; une bonne séance de repos nous fera le plus grand bien ! Tout à l’heure, nous irons retrouver des amis pour une petite soirée, où nos simples regards tendres et chastes ne trahiront pas notre manière parfois particulière de nous aimer...

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