Tenez la position !

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- Tenez la position !

 Quel merdier. Depuis qu’ils sont arrivés, la Terre est devenue un putain de champ de bataille. Ces créatures monstrueuses… Une infamie. Pire que les cafards ou les rats. Dans les rues de la ville dévastée par les hordes démoniaques, nous nous battons depuis des jours. Mais nous sommes en sous-nombre. Inlassable, notre ennemi revient toujours. Plus nombreux. Plus fort. Plus violent.

 Une détonation fait trembler l’hôpital dans lequel nous sommes retranchés depuis bientôt 36 heures. Pression sur la détente. Un rôdeur tombe. Je réarme. Je recommence. Je ne quitte pas mon viseur. Le reste de mon escouade, à l’étage en-dessous, peine à repousser les vagues incessantes de démons. L’équipe d’artilleurs actionne le canon lourd avec rapidité ; chaque tir compte.

- Arme enrayée ! Couvrez-moi !

 À travers le trou du plancher, je peux voir mon lieutenant paniqué, complètement largué. J’ai pitié de lui. Mais on est tous dans la même merde, alors il faut s’accrocher. Une boule de feu se dirige vers nous et vient heurter la façade de l’hôpital. Des débris volent dans ma direction, mais rien ne me touche. Ouf… Une horde de revenants s’avancent vers nous, le bourdonnement de leurs jetpacks couvrent les cris de terreurs de mes camarades. J’en abat un. Puis deux. Mais pas assez. Des roquettes sont tirées. Les artilleurs sont touchés de plein fouet. Le canon se retrouve projeté en arrière, venant se briser sur le mur derrière lui. Les derniers rôdeurs sont abattus. Mais nous ne sommes plus assez… La panique nous gagne.

- On est tous foutus !

- Soldats, tenez la position !

- Va t’faire foutre !

 De mon perchoir, je distingue un homme en armure. Seul, il avance vers la horde de démons. Derrière la masse grouillante, j’aperçois une immense créature courir, écrasant tout sur son passage. Il est perdu… J’observe ce combattant avec un peu plus d’attention. Attends… Serait-ce lui ? Le Doom Slayer ?

 Le démon se ruant face à la mort s’avère être un baron infernal. D’environ trois mètres de haut, ce monstre possède une musculature plus qu’imposante, une peau de chitine couverte de plaques et deux longues cornes pointées vers l’avant. Le Slayer, ce prédateur déchaîné, se fraye un chemin à travers le ramassis grouillant à grand coup de tronçonneuse. Les membres volent autour de lui, accompagnés par des gerbes de sang. Il s’élance vers la bête. Fusil à pompe à la main, il tire. Une fois. Deux fois. Le démon trébuche. En un bond, il se retrouve sur la tête du monstre, le poignardant avec une de ses propres cornes. Le baron n’est plus. Et le plus grand cauchemar des démons avance, continuant sa fauchée.

- On s’tire ! J’veux pas crever ici.

- Il faut tenir la position…

- C’est bon l’bleu bite. La situation ici, c’est dev’nu n’importe quoi. Tu veux crever ? Pas d’problème ! On t’laisse sans hésiter.

 Une autre déflagration retentit dans le bâtiment. Le lieutenant, traumatisé, se replie sur lui-même. Quelle pleureuse… On part, quelques camarades traînent misérablement l’officier, chialant comme une madeleine. On sait tous que la situation est totalement hors contrôle. On pourra plus faire grand-chose de plus, à part mourir comme des cons.

 La Terre, Planète bleue… Son nom aujourd’hui ? HZ-1.5.5.6. Autrefois bleue, verte. Aujourd’hui, l’omniprésence du rouge et du noir est irrévocable…

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