Johanna (2/2)

6 minutes de lecture

Xiphophore - Thermomètre - Panique - Tartiflette - Chamallow

Johanna était repartie en courant de l'appartement de Laurie dès qu'elle avait reçu l'appel de Margaux. Elle était maintenant en route vers l'hôpital, la boule au ventre, elle rentra rapidement dans l'entrée. Elle tourna la tête de gauche à droite plusieurs fois, cherchant du regard sa petite-amie.

- Mademoiselle ? Je peux vous aider ? lui demanda une interne.

- Euh, ma copine m'a appelé pour me dire que sa meilleure amie venait d'être admise en urgences, mais je ne sais pas pourquoi, débita Johanna.

- Son nom ?

- Erin Jefferson.

- Chambre 302, troisième étage à gauche.

- Elle va bien ? demanda-t-elle en panique.

- Navrée, je ne suis pas son médecin, mademoiselle.

- Oh, d'accord. Merci.

Johanna repartit vite en direction des escaliers qu'elle gravit deux à deux. Elle longea le couloir jusqu'à trouver la chambre 302, elle toqua, puis entra.

- Johanna ! s'exclama Margaux en se jetant dans les bras de sa petite amie.

- Chut, calmes-toi, bébé, je suis là maintenant, tout va bien, la rassura-t-elle en passant sa main dans ses cheveux.

- J'ai eu trop peur !

- Eh, c'est fini, ok ?

- Hum...

- Comment elle va ? demanda Johanna en posant son regard sur la jeune femme.

Erin était allongée sur le lit, sa peau habituellement bronzée était étrangement pâle et de nombreux fils la reliait à des machines. Le moniteur cardiaque bipait à intervalles réguliers. Un bandage recouvrait son front, elle avait un oeil au beurre noir et de nombreuses plaies recousues sur l'ensemble du visage, ainsi qu'un énorme bleu sur la joue gauche. Son poignet était bandé, et sa jambe droite, surélevée, platrée.

- Elle devrait bientôt se réveiller d'après le médecin. Elle a un traumatisme cranien, deux côtes cassées et trois fêlées, trois fractures à la jambe, un poignet foulé. Oh mon dieu, c'est ma faute tout ça, sanglota-elle.

- Quoi ?! Non ! D'ailleurs comment c'est arrivé, Margaux ?

- On marchait dans la rue quand un gars s'est approché, au début, on avait rien remarqué, on rigolait toutes les deux. Et puis d'un coup, quand on s'est éloigné de la foule, il a surgit devant nous. Quand j'ai compris ses intentions, c'était déjà trop tard, il m'a sauté dessus. Je suis tombée au sol, lui sur moi, il a voulu me mettre un coup, mais Erin l'a arrêté. Ils ont commencé à se battre, elle avait l'avantage, puis soudain c'était lui qui la frappait sans s'arrêter. J'étais tétanisée, Jo', j'ai rien pu faire. Il lui a brisé la jambe sous mes yeux avec une barre de fer et je l'ai laissé faire sans intervenir. Il a continué à la marteler de coup, puis enfin, des gens sont arrivés, il est parti en courant. Je me suis jeté sur Erin, elle respirait difficilement, je savais pas quoi faire, j'avais peur qu'elle meurt ! Un homme a appelé les secours, quand ils sont arrivés, Erin avait perdu conscience. Quand je t'ai appelé, elle venait de sortir du bloc opératoire, expliqua Margaux en reniflant.

- Elle est forte, elle va s'en sortir, lui assura Johanna.

- C'est ma faute ! Pourquoi faut-il que je gâche toujours tout ? hurla-t-elle.

- Calme-toi, Margaux, putain ! C'est pas ta faute, arrête, tu te fais du mal pour rien. Tu n'as rien gâché, bébé.

- Si, j'ai failli détruire notre relation à cause de mes conneries ! répliqua-t-elle.

- C'est du passé, Margaux, lui dit sa petite-amie en lui embrassant tendrement le front.

- Si j'avais pas accepté ce foutu jeu, rien ne serait arrivé.

- Oui, t'as raison.

Margaux la regarda les larmes aux yeux.

- T'as totalement raison, sans tes conneries, on serait pas ensemble, si t'avais pas accepté, on se serait jamais parlé.

- Peut-être, mais c'était horrible de ma part de te faire ça, tu le méritais tellement pas, fit Margaux d'une petite voix, avant d'éclater en sanglots.

- Je t'aime Margaux, plus que tout au monde, alors calme-toi, je ne t'en veux pas, promis Johanna en la serrant contre elle.

- Moi aussi, je t'aime. J'ai peur, Johanna, j'ai peur, tu comprends ça ! Elle va mourir, c'est ma meilleure amie !

- Je sais, et elle ne va pas mourir, Margaux !

- Tu vois l'avenir, toi maintenant !?! s'énerva Margaux en la repoussant.

- Eh ! C’est pas en t’énervant qu’elle va se réveiller. Va t’assoir à côté d’elle, je descends prendre à boire.Tu veux quoi ?

- Qu’elle se réveille !

- Margaux ! Arrête, tu te fais du mal. Parle-lui, d’accord. Elle a besoin de toi, lui conseilla Johanna en déposant un baiser sur ses lèvres puis son front.

Johanna descendit donc au distributeur. Elle acheta un paquet de chips, une bouteille de thé glacé et un petit paquet de chamallow, puis remonta dans la chambre. Quand elle ouvrit la porte, elle tomba sur Margaux dans les bras d’Erin. Elle poussa un petit cri et se jeta sur les deux filles.

- Erin ! s’exclama-t-elle.

- Salut Johanna !

- Comment tu te sens ?

- Hum... j’ai l’impression d’être passée sous un camion mais sinon ça va, dit-elle en souriant.

- T’es pas croyable ! Même dans ton état tu blagues ! s’indigna Margaux en levant les yeux au ciel, un sourire au coin des lèvres.

Erin rigola tandis que Johanna prennait Margaux dans ses bras.

- J’ai pris des guimauves, annonça Johanna.

- Oh, tu sais que je t’aime toi ! s’écria Erin.

- Je te demande pardon ?! répliqua Margaux en lui tapant l’épaule.

- Mais, enfin, mon coeur ! Tu sais bien qu’il n’y a que toi, personne ne te remplacera ! Et puis, Erin est pas mon genre, ajouta sa petite-amie avant d’éclater de rire.

- Merci, je suis flattée, bougonna Erin, vexée.

Elles éclatèrent de rire, puis parlèrent tout l'après-midi. Vers 19h, Margaux et Johanna rentrèrent chez elles. Arrivées devant la porte, elles s'embrassèrent.

- Je vais chez Noah, il est pas là et il m'a demandé d'aller nourrir son xiphophore, expliqua Johanna en souriant.

- D'accord, lui répondit Margaux en posant ses lèvres sur les siennes.

Quand Johanna revint une dizaine de minutes plus tard, elle trouva sa petite-amie en train de cuisiner en chantonnant. Elle sourit et s'approcha doucement avant de poser ses mains contre le ventre de Margaux.

- Aaah ! Bordel, tu m'as fais peur ! s'écria-t-elle avant de donner un coup dans l'épaule de Johanna, qui pleurait de rire.

- Désolé, mon coeur. C'était trop tentant, rigola la jeune femme.

- T'es vraiment qu'une gamine, j'te jure ! râla Margaux.

- Fais pas la tête, bébé, la supplia Johanna en passant ses bras autour de son cou.

- T'es censé être avoir un an de plus que moi, mais en fait t'es pas mature du tout, à chaque fois on pense que c'est moi l'immature, mais non, loin de là, réalisa la blonde en faisant la moue.

- Mon bébé, je t'aime, lui assura sa petite-amie en l'embrassant.

- Moi aussi, maintenant pousse-toi, je prépare le repas, ordonna la jeune femme en la repoussant doucement, le sourire aux lèvres.

- On mange quoi ? Besoin d'aide ? questionna Johanna.

- Non, c'est bon. Tartiflette, ce soir, répondit-elle joyeusement.

- Miam !

- Au fait, c'est pas ton T-shirt ça, remarqua Margaux.

- Ah oui, en fait je courais et une fille a trébuché devant moi, je l'ai rattrapée et je me suis retrouvée couverte de café, du coup, elle m'a gentillement laissée prendre une douche chez elle et m'a passée ce débardeur, raconta Johanna en jouant avec la main de Margaux.

- Hum..., fit la jeune femme en retirant sa main pour attraper les assiettes dans le placard.

- Eh, Margaux ! l'interpella la brune.

- Quoi ? dit-elle, un peu sèchement.

- Tu m'en veux ? demanda Johanna, inquiète.

- Non, pourquoi je t'en voudrais ?

- Tu me parles sèchement et t'as retiré ta main, déclara-t-elle.

- Je mets la table, c'est tout.

- Margaux...

- Mais quoi à la fin ?! dit-elle en haussant le ton.

- Pourquoi tu réagis comme ça ?

- Rien, je te jure, je t'en veux pas, c'est à moi-même que j'en veux, fit-elle tout bas.

- Qu'est-ce qui se passe, bébé ?

- Tu te rends compte, pendant que tu t'éclatais avec cette fille, moi, je voyais ma meilleure amie se faire tabasser ! s'écria-t-elle.

- Eh ! Calmes-toi, qu'est-ce qui te prend !?

- Il me prend que si t'avais été avec nous, ça serait pas arrivé, et Erin ne serait pas à l'hosto ! J'en ai marre de tout ça, marre que ça m'arrive à moi !! s'énerva-t-elle, jetant par terre le verre qu'elle tenait dans la main, avant de se réfugier en courant à l'étage.

Johanna resta figée quelques secondes devant les débris de verre au sol juste devant elle, Margaux lui en voulait, c'était certain. Comment une simple discussion avait-elle pu tourner à ça ?

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 4 versions.

Vous aimez lire Attachiante_1 ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0