Matin

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Le clairon sonna vivement. Le pont levis s'abaissa, et une fanfare militaire sortit du château au son des tambours et des clairons. Le héraut suivait, arborant sur son visage la mine satisfaite de celui qui avait passé une bonne nuit de sommeil.
Le brouillard était toujours là, mais le soleil avait enfin chassé l'obscurité. Les gens barricadés qui n'osaient pas regarder dehors par la plus infime ouverture furent enfin rassurés en entendant la fanfare royale dont la mélodie, portée par le silence de mort qui prévalait jusque là, se répandait dans toute la ville.
Les gens sortaient de chez eux. Abattus de fatigue, mais bien vivants. La plupart n'avaient pas réussi à s'endormir. Les gens s'appelaient en criant pour se retrouver dans le brouillard, et on assistait à des scènes de familles en pleurs qui retrouvaient leurs enfants après avoir été séparés toute la nuit.
Le héraut monta sur l'estrade et agita sa cloche. La fanfare s'arrêta de jouer. Il scruta le brouillard, ne sachant vraiment s'il y avait des citoyens près de lui. Dans le doute il cria aussi fort que sa grande voix le lui permettait.
- "Honnêtes sujets de sa gracieuse majesté ! Vous avez pu le constater, le temps des brumes s'est abattu sur nous sans crier gare la nuit dernière. Sachez que notre bon roi compatit pour toutes les souffrances que cet événement a pu occasionner. Fort heureusement, nous savions qu'il fallait s'attendre à cela, aussi nous avons pu éviter la catastrophe. La journée d'aujourd'hui devra servir à comptabiliser les pertes humaines et matérielles de la première nuit. Sa gracieuse majesté dans sa grande sagesse vous invite tous néanmoins à ne pas vous inquiéter plus que de mesure et à ne pas céder au désespoir. Certes les jours qui suivront seront durs. Certes cette nuit n'était que la première d'une longue série. Mais songez que désormais nous sommes tous prêts. Nous savons à quoi nous attendre, et plus personne ne sera surpris hors de chez lui par la tombée de la nuit. Que chacun s'occupe de barricader sa demeure, et nous n'aurons plus aucune perte à déplorer. Orkis protège le roi et son peuple. Vive le roi."
À ces mots, le héraut sauta de son estrade et rentra dans le château, suivi de la fanfare. Le pont levis fut relevé, ne laissant au peuple qu'un mur froid où pleurer leurs morts et leurs enfants disparus.

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