Premiers jours…

5 minutes de lecture

Nous avons pu dormir quelques heures dans la matinée, uniquement dérangés par les visites régulières du personnel et les repas de la princesse, pour récupérer un peu de notre nuit agitée, Cécilia dans son couffin, coincée entre Charlène sur son lit, et moi sur le fauteuil, dans la pénombre de la petite chambre d'hôpital.

L’après-midi, nous accueillons tour à tour les grands parents émus et timides, la marraine surexcitée et bavarde, mon frère et Thaïs émerveillés, accompagnés de cadeaux pour Cécilia et de bouquets de fleurs pour la super maman.

- Ced, on avait oublié de te demander un truc, même si on connaît déjà la réponse…

- Oui?

- Est ce que tu voudrais bien être son parrain?

- …

- Allez le beauf!!! Réfléchis pas trop, tu vas te faire mal…

- Vous pensiez sérieusement avoir besoin de me le demander?

- Juste par politesse…

- Tu parles!!! Bien sûr que j’accepte!!! Merci… Mais la marraine?

- Sabrina.

- Oh putain, elle va pas s’ennuyer notre filleule…

- Oui ben mollo… Laissez-la se remettre déjà… Et moi aussi…

- Au fait Lou, Hélène vous félicite, vous embrasse et vous remercie surtout, elle a pas osé appeler de peur de vous déranger.

- On l'appellera toute à l'heure… Une fois que la puce aura mangé…

- On va vous laisser un peu tranquilles, vous avez l’air crevé encore.

- D’accord, merci d'être venus, ça m'a fait plaisir de vous voir…

- A toute a l’heure Lou. A demain Maman…

- A tout’ les amoureux.

Après une tétée gloutonne, un semblant de toilette pour nous trois et le repas pour Chouchou, je prends mon téléphone pour appeler Hélène. Je sens son émotion lorsqu’elle décroche.

- Louis!!! Merci d’appeler, j’osais pas vous déranger…

- Tu parles, si y’a quelqu’un qui ne me dérangera jamais c’est bien toi, et tu le sais.

- Quand même...C’est important que vous soyez un peu tranquille tous les trois. Les filles vont bien?

- Elles viennent de manger, c’est pas encore la grande forme mais elles récupèrent vite.

- Super… Après ce qu’elles ont vécu, elles en ont grand besoin, et toi aussi je suppose?

- Un peu oui. Mais je gère pour l’instant.

- Je voulais vraiment vous remercier… J’espérais vraiment, au fond de moi, que vous lui donniez ce prénom, venant de toi j’avais aucun doute, mais je suis vraiment heureuse que Charlène t’ait suivi dans cette idée. C’est le plus bel hommage que vous pouviez rendre à ma Cécilia, et ça me touche vraiment.

- De rien, c’est normal, logique pour nous deux, elle compte encore beaucoup pour moi, et c’est une façon de la garder près de moi à vie, et je sais que ta fille veillera sur elle de là haut.

- Vous pouvez compter sur elle pour ça… Bon, je vais vous laisser vous reposer, embrasse fort ta femme et ta fille de ma part.

- Merci Hélène, gros bisous.

- Gros bisous Charlène!!!

- A bientôt, on passera te voir dès qu’on descend.

- J’y compte bien.

Ce coup de fil m’a un peu chamboulé à vrai dire, même si je n’ai rien laissé paraître, il ravive certains souvenirs douloureux et avec la fatigue, j’ai du mal à garder le sourire.

- Ça va mon coeur?

- Oui, ne t’inquiètes pas… Juste un petit coup de mou… Ça va passer.

- Je comprends, c’est normal… Tu ferais bien de rentrer te reposer un peu, t’en a vraiment besoin.

- Tu crois que je vais y arriver, avec toute la famille à la maison?

- Connaissant ta mère, elle aura préparé à manger, fait leurs lits, et même rangé un peu le bazar.

- C’est pas faux. Allez, bisous mes amours, reposez vous bien, vous en avez besoin vous aussi.

Je dépose un baiser sur le front de Cilia qui dort à poings fermés, puis je viens enlacer Charlène, lui murmure quelques mots tendres à l'oreille, l’embrasse une nouvelle fois, et file en direction de la maison.

J'y retrouve mes parents, mon frère et Thaïs, installés sur la terrasse, m’attendant pour fêter la naissance de ma fille autour d’un verre et de quelques pizzas.

- Vous avez pas perdu de temps!!! On fête quelque chose ici?

- Il paraît que c’est ton anniversaire…

- Ah ouais, c’est vrai… Merci d’y avoir pensé… Vous me laissez dix minutes le temps que je me douche?

- Mais oui…

- Commencez sans moi…

En fait, même si je suis très heureux de les avoir tous les quatre à la maison et que je le savais par avance, je n’ai qu’une envie ce soir, me retrouver seul pour pouvoir me poser, remettre de l’ordre dans les pensées et les émotions qui me traversent. C’est exactement ce que j’entreprends de faire, mais rapidement, une fois sous l’eau, remettre à leur place toutes ces choses qui tournent entre mes deux oreilles, faire un point rapide sur les derniers événements et essayer de canaliser toutes ces émotions qui m’assaillent, le bonheur, la joie d'être père, l’inquiétude face à cette nouvelle vie à trois, et une pointe de tristesse en pensant à Cécilia.

Je rejoins ma famille sur la terrasse, admirant une nouvelle fois le panorama qui s’offre à nous, cette quiétude qui entoure notre maison dans les derniers rayons du soleil.

- Vous en avez de la chance, de pouvoir contempler ce paysage chaque jour…

- Tu crois que j’ai décidé de rester ici pour quoi? On est au calme, la vue est sublime, même si on est pas loin de civilisation, on a l’impression de vivre vraiment à l'écart.

- Je crois que tu peux remercier Patrick et Caro pour ce cadeau… Bon, on trinque?

- Avec plaisir… Merci m’man d’avoir pensé à tout…

- C’est pas grand chose… On voulait juste marquer le coup sans se prendre la tête…

Ils m’avaient manqué depuis mon arrivée ici, et je suis heureux de passer ces quelques heures en leur compagnie, malgré la fatigue qui se fait sérieusement sentir.

La soirée est fraîche, mais très agréable, nous discutons tous ensemble, installés autour de la table en dégustant pizzas et vin rosé, profitant de ces moments entre nous, trop rares aux yeux de mes parents, et aux miens, même si je me garde bien de leur dire.

J’ai sommeil, je suis chamboulé, une pointe de tristesse s'immisce au fond de moi, mais je n’ai pas envie, à cet instant, de mettre un terme à cette journée fabuleuse, et à cette soirée, entouré des miens.

Dans les jours qui suivent, mes femmes reprennent clairement du poil de la bête, Charlène laisse peu à peu disparaître les cernes et la pâleur qui attristent son visage, Cilia se montre gourmande et apaisée, un bébé parfait, quand à moi je jongle entre la paperasse, les grand parents et les visiteurs un peu trop impatients. Tous nos amis ont souhaité venir faire une apparition, quelques-uns ont même fait l’aller retour dans la journée, depuis ma région natale, pour quelques minutes de visite.

Max et Alicia sont venus eux aussi passer quelques heures, tandis qu’Elena était bloquée en Italie pour le boulot, et là ce fut épique avec la première rencontre entre les cousines, notre nièce qui tenait absolument à s'occuper de notre fille comme une de ses poupées, et son immense chagrin au moment de repartir et de nous quitter.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Vous aimez lire L-Boy ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0