Chapitre dix

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La matinée fut terriblement longue. Moréla insista pour établir une stratégie de recherche de ces Magiciens dont la Sorcière leur avait parlé. Elle fit apporter un plan de la cité, força les aslaviens à en mémoriser les principales zones pour qu’ils ne pussent pas se perdre. Elle n’eut de cesse de les conjoindre à se comporter dignement et, le plus possible, d’éviter de s’adresser aux petites gens. L’ignorance dont souffraient les jeunes Magiciens risquait de les faire baisser dans l’estime du peuple, ce qui ne devait absolument pas arriver. Autant prendre le plus de précautions possibles. Du moins, c’était ce qu’elle affirmait.

Sloe, quant à lui, doutait d’une telle justification. Et la manière qu’avait Moréla de s’adresser à eux agaçait fortement le jeune homme. Ils avaient beau être paysans d’origine, ils n’en étaient pas stupides pour autant. D’autant plus que les petites gens qu’ils croiseraient leur seraient en tous points semblables. Moréla insistait pour que leur ignorance ne joue pas en la défaveur des Magiciens, mais le peuple savait-il seulement ce qu’était un Magicien ? Sloe en doutait fortement. Ce n’était pas une connaissance qu’ils possédaient. Pour eux, les Magiciens étaient des êtres capables de magie. Et cela s’arrêtait là. Sloe était plus à même de comprendre leur vision des choses que Moréla. Faire partie du peuple avait représenté sa vie entière. Ce qu’il pensait réellement était que Moréla refusait qu’avec leur maladresse ils ne ternissent son image à elle.

Et il n’était visiblement pas le seul à le penser. Sans trop d’étonnement, Antoine grinçait silencieusement des dents, le regard noir. Jonathan, habituellement si impassible, paraissait grandement agacé. De même pour Ashley. Les autres se contentaient de pincer des lèvres ou froncer des sourcils. Aucun ne dit mot mais leur tension était palpable. Et si la Magicienne s’était un tant soit peu intéressée à eux, elle l’aurait probablement remarqué. À moins qu’elle ne décidât de l’ignorer délibérément. Auquel cas c’était encore pire.

Sloe repensa à la Sorcière. Tany Merig. Elle ne leur avait pas beaucoup parlé, mais du peu de mots qu’elle avait échangé avec eux, jamais elle n’avait pris le ton condescendant que Moréla arborait constamment. Déjà les traitait-elle avec plus de respect que la Magicienne. Repensant à leur deuxième nuit en Quatrième Terre, il se demanda si, comme Jasper l’avait fait, il pouvait lui faire confiance. Voilà qui devrait être mis au clair au plus vite.

Après ce qui parut une éternité, Moréla acheva enfin sa harangue. Même s’il ne l’avait que vaguement écouté, Sloe avait retenu le principal de son discours. Une fouille complète de la cité était en œuvre. Les jeunes Magiciens se verraient diviser en plusieurs groupes. Ils devaient utiliser leur magie pour tenter de repérer les Magiciens dont Tany parlait. Si cela échouait, ils aviseraient quoi faire le lendemain. Point. Pas de quoi bavasser pendant des heures.

Après répartition des forces, il fut décidé de diviser leur troupe en groupes de trois, à qui un secteur spécifique de la ville fut attribué. Ce fut avec soulagement que Sloe se vit attribuer Rose et Abigail comme partenaires de patrouille. Les groupes conçus, ils ne s’attardèrent pas plus longtemps au palais et partirent vers la cité. Rose, Abigail et Sloe firent un bout de chemin en compagnie de Len, Antoine et Henri, dont le secteur d’attribution était proche du leur, puis finirent par se séparer sur la place du marché.

D’un commun accord, les jeunes filles et Sloe décidèrent de commencer par parcourir les rues les plus proches de la route principale avant de s’engager dans les ruelles plus profondes. Tout en marchant, Sloe se concentra quelques instants, puis étira sa magie. Il parvint à l’étendre à une dizaine de pieds autour de lui, formant un dôme dont le Magicien était le centre. Ce dôme, personne ne pouvait le voir. Pas même Sloe. Il pouvait en revanche le ressentir, de la même manière qu’il avait conscience de la présence de ses propres bras sans avoir à les regarder. Et même si Rose ou Abigail ne pouvaient voir la magie de leur comparse, elles pouvaient cependant ressentir son touché. De la même manière que Sloe perçut le touché des jeunes filles lorsque celles-ci étendirent leur propre magie.

Ils étaient les seuls en revanche à pouvoir le ressentir. Car ils étaient Magiciens, et les Magiciens pouvaient se reconnaître les uns les autres. C’était d’ailleurs autour de ce principe même que tournait le plan de Moréla. Patrouiller dans toute la ville, étendre sa magie, et prier pour toucher l’un des Magiciens qu’ils recherchaient. La tâche était simple en principe. Elle ne l’était pas tant en pratique. Après tout, les aslaviens demeuraient des apprentis. Leur maîtrise de la magie était encore très imparfaite. Même si Sloe parvenait à étirer la sienne à dix pieds autour de lui, c’était encore très insuffisant pour ratisser toute une ville. Et tous étaient loin de pouvoir faire de même. Le jeune homme ne doutait pas que certains pussent y arriver. Ciselle et Len étaient toutes deux particulièrement douées, elles devaient sans aucun doute pouvoir dépasser ce que Sloe parvenait à faire lui-même. C’était moins le cas d’Abigail, Ervey ou Rose. Loin d’être incompétents, ils avaient cependant plus de difficultés à maîtriser leur magie.

Sloe jeta un regard à ses partenaires du jour. Abigail avait le visage blême, les sourcils excessivement froncés à force de concentration. Quant à Rose, son visage était rouge sous l’effort, ses joues gonflées comme si elle retenait sa respiration. C’était d’ailleurs assez amusant à voir, son visage s’accordait parfaitement avec sa coupe au carré, faisant de sa tête entière un point rose vif.

« Respire, ou tu vas finir par t’étouffer », s’amusa le jeune homme.

Avec un soupir, Rose relâcha sa respiration, faisant dégonfler ses joues. Très vite, son visage perdit de sa rougeur.

« Je ne sais pas comment tu fais pour tenir si longtemps, soupira-t-elle de sa voix fluette.

— Tu y mets trop d’efforts. Si tu essaies de forcer, tu vas juste t’épuiser plus vite. Il faut que tu y ailles petit à petit, et avec le temps tu finiras par pouvoir étendre ta magie plus loin, plus longtemps.

— Facile à dire…, répliqua Abigail.

— Essayez de voir ça comme… comme vouloir entendre tout ce qu’il y a autour de vous. À vouloir trop en faire, tout finira par se mélanger et vous n’entendrez rien du tout. À vous concentrer sur un seul point, vous oublierez tout le reste. Ce qu’il faut, c’est prendre le temps d’ouvrir les oreilles, sans vouloir rien entendre en particulier, et vous finirez par capter des bribes de tout. »

Guère convaincue, Rose lui lança un regard incertain. Toutefois, elle décida d’appliquer ses conseils et se concentra. Après un instant d’hésitation, Abigail fit de même. Contrairement à précédemment, seuls les sourcils légèrement froncés d’Abigail, et les lèvres pincées de Rose, témoignèrent de leurs efforts. Après quelques minutes, le visage de cette dernière se dérida.

« Tu avais raison, j’y arrive mieux ! »

Pour toute réponse, Sloe lui lança un clin d’œil.

« Je n’arrive pas encore à étendre ma magie très loin, mais c’est plus simple de la maintenir, ajouta Abigail, surprise.

— Ça viendra, répondit Sloe. Plus tu t’entraîneras, mieux tu y arriveras. »

Rose se tourna vers lui, un grand sourire sur les lèvres.

« Je ne m’étais pas rendu compte à quel point tu t’étais amélioré, dit-elle. Ni que tu étais bon professeur ! »

Gêné, le jeune homme se détourna et grogna quelques mots inintelligibles.

Sans un mot de plus, ils poursuivirent leur chemin, déambulant parmi les badauds sans que rien ne vînt alerter leurs sens. Au bout de plusieurs minutes, ils finirent par atteindre le bout de la rue principale et se retrouvèrent devant la grande entrée qui gardait Jurpo.

Si Sloe trouvait la population dense, elle l’était encore plus aux abords des portes de la cité. À l’entrée s’agglutinaient nombre de voyageurs et commerçants qui attendaient plus ou moins patiemment de pouvoir entrer. De l’autre côté des battants grands ouverts, ceux qui sortaient le faisaient sans empressement. Entre ces deux groupes, des soldats régulaient les flux entrant et sortant, se préservant ainsi de tout accident. De chaque côté des lignes, un soldat assis à une table semblait prendre note des entrées et des sorties, et paraissaient même compter le nombre de personnes qui passaient.

D’abord décontenancé, Sloe se dit alors que ce genre de rapports étaient probablement nécessaires dans une ville aussi grande. Ce n’était pas une nécessité dans des villages comme le sien, où les visiteurs et commerçants venus de l’extérieur se faisaient rares, et se comptaient sur les doigts d’une main. Le jeune homme fut impressionné par la vélocité des soldats. Il se demandait comment ils parvenaient à gérer un aussi grand nombre de personnes. La force de l’habitude, il supposait.

Il fut perturbé dans sa réflexion par un mouvement derrière le soldat qui prenait des notes, de leur côté de la rue. Deux de leurs comparses approchaient des murs, un tabouret à la main. Sloe se rendit alors compte que les murs étaient tapissés d’affiches. De là où ils se trouvaient, le jeune homme n’en distinguait pas tous les détails. Pourtant, il pouvait voir avec aisance qu’elles représentaient des visages dessinés main. Parfois, un nom marqué en dessous de celui-ci indiquait l’identité du visage. Toujours, la mention « RECHERCHÉ » était inscrite en lettres capitales. L’un en particulier attira son attention.


RECHERCHÉE

MORTE OU VIVE


Sous ces mots, un visage sévère le dévisageait, le regard aussi sanglant que le carmin de ses yeux. Ses cheveux blonds encadraient son visage telle une crinière fauve, dont quelques mèches rebelles venaient en travers de sa figure. Dépeinte ainsi, Sloe comprenait mieux la réaction de Moréla lorsqu’elle avait vu la Sorcière, le jour de leur arrivée à Jurpo. Et nul besoin de lire les crimes pour lesquels elle était recherchée. Il ne pouvait qu’aisément les deviner.

L’un des soldats qu’il avait aperçus plus tôt s’approcha de l’affiche et, posant son tabouret, il s’en servit pour en atteindre le sommet et la décrocha. À quelques pas de lui, son collègue faisait de même avec une autre affiche. Sloe ne put en distinguer ni le visage ni le nom. Tout juste put-il voir quelques mèches blondes, ainsi que les lettres « IG ».

Sloe se remémora alors les mots que Moréla n’avait eu de cesse de leur répéter.

Un Sorcier ne se déplace jamais seul.


※ ※ ※


À quoi s’était-elle attendue ?

Ils ne sont pas encore prêts.

Une matinée entière à ratisser la ville, en vain.

Ils ne sont pas assez entraînés.

Pourtant, Moréla n’aurait pas dû être surprise. À peine quelques mois s’étaient écoulés depuis qu’elle les avait découverts, et avait pris en main leur entraînement. En aucun cas ne pouvaient-ils être à la hauteur de ce qu’elle attendait.

En aucun cas.

Si nous y allons, ils se feront tuer.

C’étaient les mots que Kisumi lui avait dits, avant qu’ils ne partissent en Quatrième Terre. Elle avait choisi d’ignorer sa mise en garde, le jugeant bien trop pessimiste. Encore les lui avait-il dits, lorsqu’elle avait décidé de se rendre auprès de son oncle, à Sarébie.

Et je ne l’ai pas écouté.

Encore.

Elle avait pensé que leur manque de connaissances se rattraperait aisément. Qu’ils sauraient le combler.

Une fois de plus, Kisumi l’avait prévenue.

Elle était née baignée dans la magie. Eux non. Avant de pouvoir apprendre devaient-ils déjà accepter son existence, la comprendre tel que Moréla n’avait jamais eu besoin de le faire. Leur apprentissage serait long.

Tout cela, elle l’avait réfuté. Ils étaient descendants de Magiciens dont les ballades contaient les exploits. La magie serait pour eux aussi naturelle que pour elle.

Pourtant, la réalité l’avait détrompée.

Et, de plus en plus, elle songeait que Kisumi pût avoir raison.

Tandis qu’elle montait les grands escaliers menant au palais, Moréla jeta un regard par-dessus son épaule. La mine renfrognée des aslaviens trahissait leur déception, sentiment qu’elle partageait. Néanmoins, un autre, plus inquiétant, imprégnait le cœur de Moréla.

La peur.

S’ils n’étaient pas capables de trouver deux Magiciens au sein d’une ville, tâche supposément si simple pourtant, alors qu’adviendrait-il une fois qu’ils auraient quitté Syracuse ? Ils étaient censés parcourir la Quatrième Terre, à la recherche d’êtres magiques. Et si ce n’avait été que cela… Tany les avait mis en garde : lorsque Moridus aura pris conscience de ce qu’ils faisaient, il fera tout pour les empêcher d’accomplir leur mission.

Et les aslaviens étaient loin, très loin, d’être en mesure d’affronter qui que ce fût.

Cela doit changer.

Il ne restait que quelques jours à peine, avant leur départ. Même si ce serait loin d’être suffisant, il fallait absolument que Moréla mît ces jours à profit pour entraîner plus durement ses apprentis. Leur différence de niveau ne serait pas grande, certes. Mais peut-être cela serait suffisant.

Du moins l’espérait-elle.

Forte de sa nouvelle résolution, elle hocha fermement la tête.

« Il sera bientôt l’heure de déjeuner, leur dit-elle une fois qu’elle eût atteint le sommet de la colline. Profitez-en pour vous reposer. Après, nous repartirons. »

Trouver ces Magiciens dont Tany avait parlé, voilà leur priorité. Après quoi…

Après quoi, je devrai faire d’eux des soldats.

La jeune femme s’éloigna d’un pas vif, ne laissant guère le temps à ses apprentis de formuler quelque protestation. Elle devait trouver Jasper au plus vite, et lui demander de lui octroyer une salle pour l’entraînement de ses apprentis. Après un instant de réflexion, elle songea qu’elle le trouverait selon toutes probabilités dans l’office royal.

Son office, songea-t-elle avec un pincement au cœur.

Elle ne parvenait pas à se faire à cette idée. Pour elle, cet office avait avant tout été celui de Père. Elle n’y était plus entrée depuis qu’elle était enfant, mais cette image n’avait jamais quitté son esprit.

À quoi ressemble-t-il, aujourd’hui ?

Elle se demanda si son frère l’avait gardé tel quel, ou s’il l’avait réaménagé. L’idée même que l’office ait changé la mettait mal à l’aise.

Elle secoua la tête, amère.

Ce n’est plus le sien, se sermonna-t-elle. Père n’est plus, ce n’est plus le sien.

Elle avait beau se répéter ces mots en boucle, ce sentiment de mésaise ne voulait pas disparaître. Elle soupira.

Un jour se ferait-elle à cette idée.

Elle releva les yeux alors qu’elle approchait des quartiers qu’habitait dorénavant Jasper. Tout comme la dernière fois, un soldat gardait la porte de l’office avec droiture, sa pique tenue fermement dans sa main. Cette fois-ci, elle n’exigea pas de voir son frère. Elle savait que sa demande lui serait refusée, et préférait s’éviter cette humiliation. Quoi qu’il en soit, Jasper ne tarderait plus à se montrer. L’heure tournait, et lui aussi devait se sustenter. Elle fit face à la porte et s’adossa au mur. Le soldat quant à lui ne bougea pas d’un cil.

Comme elle s’y attendait, la poignée de la porte tourna après quelques minutes. Elle se redressa, le cœur battant.

« Je vous rejoins dans quelques instants, ne m’attendez pas. »

La porte se referma. Moréla serra les poings, les lèvres pincées.

Tany la dévisagea, visiblement peu surprise.

« Tu es venue pour Jasper, ou pour moi ?

— Jasper, siffla la Magicienne entre ses dents. Que fais-tu ici ? »

La Sorcière haussa les sourcils devant le ton de Moréla.

« Ce que Jasper et moi faisons ne te regarde pas. »

Elle tourna les talons et s’éloigna sans un mot de plus. Les nerfs à vif, Moréla lui emboîta le pas. Tany lui jeta un regard par-dessus son épaule.

« As-tu l’intention de me suivre sans arrêt, comme un chien ?

— À partir de maintenant c’est bien mon intention, oui », répondit la Magicienne, acerbe.

La Sorcière posa un regard ennuyé sur elle, se détourna. Moréla accéléra le pas.

Elle ne supportait pas de savoir Tany seule avec son frère. Il aurait s’agit de n’importe quel autre Sorcier, Moréla aurait été bien moins angoissée que pour cette Merig. Elle ne pouvait s’empêcher de penser que Tany préparait quelque chose. Pourtant, celle-ci n’avait rien fait, rien dit, qui put être suspect jusqu’à présent. Et cela rendait Moréla d’autant plus mal à l’aise.

De même le fait qu’elle fût seule.

À cette pensée, Moréla ne put s’empêcher de jeter un œil alentour.

Un Sorcier ne se déplace jamais seul.

C’était de notoriété publique. Là où se trouvait un Sorcier, un autre n’était jamais loin. C’était d’autant plus vrai lorsque cela concernait les Merig.

Et pourtant…

Pourtant, Tany s’était présentée seule. Elle avait parlé en son nom seul. Elle s’était engagée seule.

Où était l’autre ?

Il ne pouvait pas être loin.

Il n’est jamais loin.

« Il ne viendra pas. »

Avec un sursaut, Moréla sortit de ses pensées. Elle tourna les yeux vers la Sorcière, qui l’observait par-dessus son épaule.

« Il ne viendra pas, répéta Tany. Alors cesse de t’agiter ainsi. »

Moréla ne put s’empêcher une grimace.

« Et je dois te croire sur parole ? Vous autres Merig vous déplacez toujours par paire…

— Crois-moi, il ne viendra pas.

— Il est sur une autre mission, j’imagine ? »

Tany la toisa encore un instant, se détourna à nouveau.

« Il est mort. »

Moréla se figea.

N’entendant plus le bruit de ses pas derrière elle, Tany s’arrêta également, se retourna.

« Eh bien ? demanda Tany. Je pensais que tu te réjouirais plus de la nouvelle. Cela te fait un Merig en moins, pas vrai ? »

Moréla sentit comme une boule se former dans sa gorge.

« Quand est-ce arrivé ? demanda la Magicienne du bout des lèvres.

— Il y a environ un an, répondit la Sorcière, laconique.

— Un an…

— Un an, oui. Alors détends-toi. Tu n’as à craindre personne d’autre que moi. Je suis la seule Merig qu’il reste. »

Elle tourna les talons et partit sans un mot de plus.

Moréla ne la suivit pas.

Mort. Il est mort.

Elle n’arrivait pas à le croire. De même qu’elle n’avait pas réussi à croire en la disparition de Heidi Merig.

Comment a-t-elle pu mourir ?

C’était la question qu’elle s’était posée, à l’époque.

Elle n’avait pas pu mourir. Heidi Merig était invaincue. Elle était immortelle.

Et pourtant…

Pourtant elle n’était plus.

Jorah Merig n’était plus.

Et maintenant…

Tous avaient disparu. De la même manière qu’avaient disparu Jobré Sarteryön et Maléna Myrnor. Même Jonal Vinsere n’était plus.

Moréla leva les yeux. Tany avait disparu depuis longtemps. Pourtant, Moréla avait l’impression de la voir avancer encore dans le couloir, seule.

Seule.

Elle ressentit une grande peine.

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