Ecale.

Une minute de lecture

Enveloppé dans mon Duffel-coat, je m'extrais d'un sommeil profond et arrange tant bien que mal la tignasse douteuse dont je suis affublé.

Il faudra que je fasse quelque chose pour ça, pensais-je en me grattant la tête.

Je file à la boulangerie en face de la piaule où je crêche, les yeux dans le vague, pour acheter deux croissants que je m'enfilerai avec un grand café.

La lumière est unique ici, appréçiais-je en moi-même.

Aucun stress.

Aucune préoccupation non plus, concernant l'inquiétude qu'aurait pu générer mon absence chez mes parents, ou mes frères et soeurs.

Un frère et une soeur, en l'occurence.

Emancipé très tôt par la force obscure du destin, totalement auto-centré et dans l'innocence protectrice de mes presque vingt-et-un ans, je baignais dans une zenitude complète.

J'ai trouvé mon paradis, estimais-je avec un sourire un peu bêta.

Etait-ce le peu d'activité du petit port que je ressentais, mais l'espace lui-même, ne semblait chargé que du moment présent.

Un espace rempli d'air frais et neuf, et de la seule jouissance d'être là.

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