BONJOUR

5 minutes de lecture


Cette douleur, mon Dieu ! J'espère qu'elle va vite passer, elle me fait trop souffrir ! Aller, je dois me lever ! Courage !

Au prix d'efforts surhumains, je me remets sur pieds, l'orteil en feu. Puis tout en bravant ma souffrance, je me dirige vers le garçon que j'ai réveillé en sursaut. Alors que j'étais en train de succomber, recroquevillée au sol, celui-ci, effrayé s'était vivement rallongé et s'était recouvert du drap qu'il avait rejeté. Si je ne l'avais pas vu se réveiller et si son corps ne tremblait pas, j'aurais parié qu'il était mort.

J'arrive donc doucement à côté du lit où il est allongé, et toujours avec douceur, j'attrape le drap qui le recouvre : j'aimerais m'excuser de l'avoir réveillé et lui expliquer quelque peu la situation. Mais à peine mes doigts effleurent-ils le tissu qu'il hurle de peur d'une voix tremblante :

« AHHH !!! JE NE VEUX PAS MOURIR !!! »

Euh, je fais quoi maintenant : je m'attendais absolument pas à cette réaction....

Bon, étant donné qu'il a l'air aussi effrayé qu'un enfant, je vais essayer de le rassurer comme s'il en était réellement un... rien ne vaux d'essayer !

« Doucement. N'ai pas peur. Je ne te veux rien d'autre que...

_ Chuut !!! Je ne veux pas savoir !!! Tais-toi et laisse-moi me réveiller de ce cauchemar !!! »

Je ris intérieurement de sa réaction : il agit comme un vrai gamin, oui. Je ne désespère pas :

« Désolée, mais je ne peux me taire : nous devons parler. Alors, tout d'abord : bonjour. La suite ne dépend que de toi : si tu veux bien me répondre, nous pourrons discuter, tranquillement, comme des... grands ? »

Il se relève précipitamment en position assise, rejetant une fois de plus le drap qui le recouvrait :

« Je ne suis pas un gamin !!! s'écrie-t-il.

_ Je l'ai cru, vu ta réaction infantile »

Il me répond par une mine boudeuse... tel un enfant. Mais bon, mon intervention est en quelque sorte une réussite : il n'a plus peur, ses yeux laissent transparaître une profonde lucidité. Enfin ! On va pouvoir parler d'adulte à adulte ! Je m'apprête donc à prendre la parole, mais il me coupe en me répondant :

« Bonjour... »

J'explose de rire, je ne peux pas me retenir : cette voix ! Il a essayé de paraître sérieux en prenant une voix plutôt grave, mais l'effet a été inverse ! Il me jette un regard noir : je l'ai blessé. Oups.

« Pardon, j'aurai pas dû. »

Il me regarde longuement puis acquiesce, détournant son regard de moi.

« Merci. » dit-il alors.

Ce seul mot. Tout simplement.

Suite à cette parole, il se lève avec difficulté, essayant d'ignorer la douleur de son corps. Après quelques efforts, il refait le lit dans lequel il était allongé et se présente à moi énergiquement : nom, prénom, âge, sexe, date de naissance, nationalité, lieu de vie, taille, poids et même groupe sanguin. Tout à fait indispensable.

Je le regarde le sourire aux lèvres, amusée par son comportement. Je me présente à mon tour, restant un peu plus sobre que lui : je lui fais uniquement connaître mon prénom. Je n'ai pas forcément envie qu'il sache tout de moi, merci !

Après ces présentations, je le vois détourner son regard du mien pour le déplacer sur ce qui m'entoure de toute part : le foutoir. Je savais que j'aurai dû ranger ! Il me demande gentiment :

« Tu souhaites peut-être que je t'aide à remettre tout en ordre ?

_ C'est gentil, mais non merci : je me débrouillerai ! Merci quand même.

_ Permet-moi d'insister : c'est une façon de te remercier un petit peu...

_ ...d'accord. Si tu veux. »

S'ensuit alors une épreuve à laquelle je n'avais pas été confrontée depuis longtemps : le ménage. Plus jamais je ne laisserais mon appartement dans cet état : je meurs...

***

Je ne pensais pas que quelqu'un, qu'une fille d'autant plus, pouvait mettre un tel chaos ! Il y en a partout !!! Comment a-t-elle réussi à faire ça ?! Entre les papiers et les bouteilles (très nombreuses à ce que j'ai remarqué) vides, les objets initialement posés sur les meubles et ceux fracassés au sol... je ne sais vraiment pas comment elle s'y est prise !

Je garde silencieusement ces pensées pour moi tandis que je nettoie consciencieusement la pièce : vu comment elle s'est occupée de moi, je lui dois bien ça. Ramener un inconnu chez soi et le soigner alors que nous ne nous sommes juste croisés dans une ruelle dans laquelle je me battais, sans rien faire ni demander d'autre... c'est assez rare.

Et puis, elle a l'air d'avoir un peu bu et de ne pas avoir beaucoup dormi, alors c'est un peu un service à lui rendre que de l'aider à ranger : ça l'épuise moins.

Tout de même, cette fille m'intrigue... Son commentaire avant que je m'évanouisse, le fait qu'elle se soit occupée de moi, son comportement normal à mon réveil... Je ne connais que son prénom et son âge, mais j'aimerais la connaître un peu plus... Rien que pour savoir d'où provient sa beauté...

Enfin !? A quoi je suis en train de penser ?! Aller, reconcentre-toi !!!

Je détourne mon regard accroché inconsciemment à elle et le rapporte sur mes tâches à effectuer.

***

Enfin terminé ! Je suis fatiguée...

« Merci beaucoup de m'avoir aidée. Tu veux peut-être boire ou manger quelque chose ?

_ Merci pour cette proposition, mais je ne vais pas non plus abuser de ton temps : tu as besoin de sommeil, ça se lie sur ton visage. »

Je lève un sourcil interrogateur. Ça se voit tant que ça ?! Je ne pensais pas...

« Bon, je vais y aller. Encore merci ! Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à m'appeler : je vais te laisser mon numéro...

_ Tiens, dis-je en lui tendant une feuille et un stylo.

_ Merci. »

Après avoir écrit soigneusement ses coordonnées, il me salue une fois de plus et quitte mon domicile, un de mes manteaux sur les épaules (je souhaite éviter qu'il meure de froid, après tout le mal que je me suis donné pour le soigner).

« Encore merci. Je te le rends au plus vite !

_ Quand tu iras mieux, ça ne presse pas. Rentre bien.

_ Oui. Merci beaucoup.

_ Raah, arrête de me remercier !

_ Oui ! Au revoir, alors.

_ Au revoir. »

Ces deux mots sortent de ma bouche naturellement. J'aurais préféré répondre par un simple « Adieu ». Ça aurait été plus neutre.

Il ouvre la porte d'entrée et part. Je m'éloigne doucement et m'effondre sur le canapé : j'ai sommeil... Mais celui-ci ne m'étreint malheureusement pas : ça m'énerve un tant soit peu ! Je me relève, pour la énième fois ce matin, et cherche de quoi m'occuper : pourquoi pas un livre ?

Tandis que je me dirige vers ma bibliothèque fraîchement rangée (ce qui me fait bizarre), mon regard est attiré par le papier qu'il m'a laissé sur la table... Pourquoi ne pas y jeter un coup d'œil ?

Je saisis alors avec précaution (je ne sais pas pourquoi) le morceau de feuille et reste abasourdie : ce numéro...

Alors c'est lui...? Je ne sais pas quoi en penser : il n'a pas du tout la même voix... enfin... peut-être...



** Voilà pour cette quatrième partie ! Promis, l'action arrive dans les prochains chapitres ! A bientôt !! **

Annotations

Vous aimez lire BurondoNoTako ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0