100 TIGRES

7 minutes de lecture

/!\Ce chapitre est assez vulgaire /!\


Alice, Ben, Charles, Hélène et Thomas. Ces cinq nouvelles recrues me plaisent : leur goût prononcé pour l’amusement me séduit aisément. De plus, j’ai l’impression de me revoir en eux. Je me fais cette réflexion à chaque fois qu’un nouveau rejoint nos rangs. Ils ont toujours le même sourire à la fois narquois et craintif envers leur Chef, la même motivation qui transparaît sur le visage… à croire qu’ils sont identiques.

Mais je sais que cela est faux : ils sont tous différents les uns des autres. Ça se remarque dès leurs débuts et ça se confirme au fur et à mesure. Dès qu’ils font leurs preuves et qu’ils évoluent au niveau hiérarchique : petit à petit, ils laissent leur personnalité percer à la surface.

J’espère que ce sera le cas pour eux. J’espère qu’ils sauront faire leurs preuves pour gagner en puissance dans le gang ; pour gérer convenablement leurs camarades et amis. Parce que oui, la gestion d’un groupe n’est possible qu’avec des personnes compétentes ; qu’avec une bonne entente générale !

C’est ce que je me suis efforcée de faire lorsque j’étais au plus haut rang, à celui de leader (ou Chef comme mes amis adorent m’appeler) et c’est ce que je vais m’efforcer de continuer à faire.

Je regarde une fois de plus ces nouveaux membres et alors que je détourne enfin mon regard d’eux, je remarque des inscriptions sur leurs bras dénudés. Ils ont tous les cinq tatoué leur peau de la devise des Tiger Beasts : I Will Built My Throne With Your Bones.

Oh, ils se sont vraiment engagés à fond ! J’espère qu’ils seront satisfaisants sur le long terme.

Johanna prend la parole, me sortant de ma contemplation :

« Suis-moi, Chef. Je dois t’éclairer sur quelques petites choses... »

Le ton qu’elle utilise me fait craindre le pire… Que s’est-il donc passé durant mon absence ?

Elle m’emmène dans la pièce qui sert d’archives au QG -mon ancien et ré-actuel bureau-. Nous nous asseyons l’une en face de l’autre sur le sol froid. Elle me regarde fixement, les yeux plantés dans les miens, puis se lance :

« On a perdu deux hommes pendant ta pause : Ben, une nouvelle recrue et… Clara.

_ …comment sont-ils morts ? »

Elle se lève et pars à la recherche d’un dossier papier. Elle le trouve dans une des nombreuses bibliothèques derrière elle. Le document qu’elle lance au sol devant moi m’arrache malgré moi un sourire : ça faisait longtemps.

The 100 Beasts.

Un gang créé juste dans le but de nous pourrir la vie. Until The End comme ils adorent nous le répéter. Ils se sont inspirés de notre nom et ont fait de notre cas une affaire personnelle. Cherchez pas à savoir pourquoi, j’en ai moi-même aucune idée.

Dans tous les cas, ça fait déjà deux ans que mes acolytes et moi les avons rétamés. Aucun membre du groupe n’était plus valide pour se battre suite à notre bataille : La Bataille des 100 Tigres… oui, ce nom est extrêmement nul ! C’est l’opinion publique qui nous l’a collé, alors fallait pas s’attendre à mieux !

La Bataille les a anéantis : j’ai vaincu leur Chef, entraînant ainsi leur dissolution. Mais il faut croire qu’une tête brûlée a repris le flambeau…

« Ça s’est passé il y a trois semaines, continue Johanna. Ces débiles ont repris du service et ils se sont amusés à traquer nos membres… Ben et Clara rentraient de mission : la mission d’initiation du gamin... Ils les ont pris par surprise dans un quartier voisin et les ont massacrés, les dominant par leur nombre… On a appris la nouvelle lorsque ces salauds se sont pointés devant le bâtiment leurs têtes dans les mains…

_ Je suis désolée…

_ Tu n’as pas à l’être. Personne d’ailleurs : il n’y a que ces connards qui leur doivent des excuses !

_ Tu veux qu’on aille les leur faire cracher ?

_ Oui ! Pour la mémoire de ceux qu’ils ont tués, oui, je veux qu’ils s’excusent. Tous un par un, à genoux devant leur tombe, ils vont devoir s’excuser ! »

Je me lève et serre mon amie dans les bras tandis que des larmes coulent le long de ses joues : perdre des amis sous son commandement, ça n’est jamais jouissif. Je la comprends…

Ils sont tous partis… Je viens seulement de reprendre connaissance… Il y a trop de sang autour de moi, trop de corps inanimés qui m’entourent… Et puis je la vois. Elle… Pourquoi ?

J’efface ces souvenirs noirs de mon esprit. Johanna se dégage de mon étreinte et reprend la parole :

« Prête ?

_ Oui ! »

Je sens qu’on va bien s’amuser.

***

Nous retrouvons ces salopards dans un parc, en train de se bastonner gentiment. J’ai tellement la rage à cet instant ! J’ai juste envie de leur faire la même chose que ce qu’ils ont infligé à Ben et Clara ! Mais je me retiendrais : ça salirait leur mémoire. Je vais juste me contenter de les défoncer.

« LEADER DE MES COUILLES, RAMENE TOI SI T’EN A !!! »

Je hurle cette petite phrase pleine de gentillesse à pleins poumons. Les cons qui se bastonnaient me dévisagent. Un rire s’élève et l’un d’eux sort de l’attroupement. Il est la définition même de la laideur. Je ne peux même pas le décrire tellement les mots seraient hideux !

Il s’avance doucement vers moi, riant de tout son soûl. Il s’arrête un instant pour reprendre son souffle et siffle. Ces toutous se mettent alors derrière lui, s’armant de battes par la même occasion. Ils nous lancent tous des regards dédaigneux… c’est qu’ils se prennent pas pour de la merde ces cons ! Ils savent pas à qui ils ont affaire ?! Si c’est le cas, ils vont pas tarder à être au courant.

« Tu veux quoi, salope ?

_ Ce que je veux ? Te voir cracher tes tripes avant de t’excuser pleinement pour ce que t’as fait à mes membres !

_ J’ai fait quoi ? Je me souviens pas avoir tué de tigres, moi : seulement d’avoir tué des petits chatons !

_ Ta gueule connard ! »

Je vois Johanna s’élancer à toute vitesse vers le Laid et lui coller un beau coup de poing dans son visage de moche. Il ricane doucement et le combat s’engage alors entre nos deux groupes.

Je frappe chaque salaud qui s’approche trop près de moi. Mes poings fusent et je fais la misère à quelques mecs pas très fortiches en matière de baston. Et puis je rencontre enfin un adversaire de taille : ce mec doit être le petit frère du leader, ils ont un air de famille dans la laideur.

Il se confronte à moi armé d’une batte de Baseball… « Tellement effrayant » je pense, ironiquement. En quelques coups, son arme est à terre et seuls nos poings se rencontrent.

Je lui assène des directs au visage et enchaîne avec un crochet au corps. Profitant de ma proximité avec lui, il m’enserre et me frappe au corps. Des coups de poing, des coups de genoux, j’encaisse tandis que je m’échappe de sa poigne.

Je lui envoie un coup de pied au menton et il titube en arrière. Dommage, j’aurais préféré me battre plus longtemps… Un crochet du gauche finit par le clouer au sol. Il va pas se relever de sitôt ce salaud !

Ah… ça fait vraiment du bien de frapper ! Je regarde autour de moi : tous les membres des 100 Beasts sont à terre, agonisants ou dans les vapes. On les a eus ! Je rejoins Johanna, qui tient au sol le leader du groupe.

« Alors connard, tu les sors ces excuses ?! Ou bien tu veux que je te les fasse cracher ?!

_ …va…te…faire…foutre…

_ Attends, attends, dis-je tandis que je vois Johanna prendre du recul. Je vais te les avoir ces excuses, laisse-moi faire.

_ …d’accord… J’avais oublié que c’était ta spécialité…

_ Oui, ma spécialité… »

Je me penche vers le visage du Laid, déformé par la douleur et les coups. Ma bouche près de son oreille, je lui murmure des menaces choisies dont la décapitation et la crémation de toute sa bande… Après quelques minutes (oui, il est assez résistant aux menaces) pendant lesquelles je lui explique toutes mes idées, il remue doucement la tête et murmure des excuses. Je me relève. Je sors un papier de ma poche :

Moi, ________,

leader du gang The 100 Beasts, adresse mes sincères excuses et condoléances aux défunts Ben et Clara, membres des Tiger Beasts.

Je suis sincèrement désolé et je jure, en signant ci-dessous, ne plus jamais toucher à un seul cheveu des membres de ce groupe.

Clair et précis. Il n’a plus qu’à compléter et signer, ce qu’il fait après avoir rapidement lu. Après cela, il s’effondre au sol et rejoins ses amis dans le paradis de l’inconscience. Reste y pour un moment connard !

Une sirène de police nous fait quitter le parc rapidement (ça faisait longtemps que je n’avais pas entendu cette douce musique…).

Journal.

The 100 Beasts ne seront plus actifs pour un moment. Ben et Clara sont vengés.

***

Je me réveille, emmitouflé dans son manteau. En plus de sentir bon, il tient bien chaud, je viens d’en avoir la preuve. Je sens mon visage endolori. Un objet quelconque dans ses poches en est à l’origine. Curieux, je tâtonne jusqu’à trouver la nature de cet objet : un porte-clés. Vert et noir, avec en son centre les lettres T.B. ? C’est quoi ça ?


*Voilà pour ce chapitre 6 ! J'espère qu'il vous a plût ! La suite devrait arriver bientôt ! A plus, bisous ! :3 *

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