Lettre à cette autre femme

2 minutes de lecture

A toi, cette femme que je n’ai jamais vue, et qui pourtant hante mon quotidien. A toi qui monopolise mon présent, qui a fait voler mon cœur en éclats… A toi qui continues ta vie comme si de rien était… A toi qui a déjà oublié mon existence quand moi je ne parviendrai jamais à t’oublier. Et Dieu sait pourtant que j’aimerais gommer ta présence de ma vie, de mon passé, de mon esprit.

 Je me regarde dans le miroir et je te cherche, quoique je fasse tu dois être mieux que moi. Je t’exècre et je t’idéalise. Forcement tu dois être plus belle que moi, plus drôle, plus brillante, plus fun, plus sexy, plus intrépide. Forcement puisqu’il n’est pas rentré cette nuit-là.

 Quand j’ai entendu ton prénom la première fois, j’ai su comment ca allait finir. J’ai lutté pourtant.

 En vain…

 Le combat était inégal. Moi fatiguée, prisonnière de mon corps de femme enceinte. Toi sexy et vantant les joies de la liberté du célibat. Moi invisible car forte, oui je sais encaisser les coups, à tel point qu’il ne sert à rien que l'on prenne soin de moi. Toi pauvre petite chose frêle dont le cœur a été meurtri tu t’épanches sur son épaule en quémandant son attention et sa protection. Dans tes yeux il voit des étoiles des papillons des promesses. Et dans mes dix ans de loyauté et d’attente passés avec lui, il ne voit plus que mes défauts, le quotidien, l’ennui. Alors il délire et croit en tes paroles. J’ai envie de hurler pour qu’il m’entende. La femme que tu lui vends n’existe pas. Elle n’existe pas la meilleure amie, qui est à la fois sexy et plus fantasque qu’une actrice porno et qui est disponible et disposé tous les jours, plusieurs fois par jours ! Elle aussi est fatiguée, elle aussi doit avoir mal au ventre, elle aussi doit avoir ses règles, elle aussi doit avoir envie de trainer en pyjama à l’occasion… Elle est comme les autres, pas mieux que moi. Sauf que moi je l’aime, quand elle n’aime que son regard sur elle, que le désir flatteur.

 A toi cette femme qui savait que j’étais chez moi en pleurs, alitée… A toi qui a du bien te moquer de moi. A toi qui a brisé mon cœur juste pour jouer et pour te prouver que tu le pouvais. Toi le stéréotype de la secrétaire salope. Si tu savais tout ce que je te souhaite et à quel point je prie le karma pour qu’un jour aussi tu pleures comme moi.

 Quand je me balade et que je vois des petites blondes passer devant moi, mon cœur se serre et je tremble que ce soit toi. Je veux que tu aies mal. Et pourtant, je veux t’oublier, je suis persuadée que ressasser ses noirceurs va me pourrir de l’intérieur. Littéralement. Me pourrir les entrailles, me ronger…

 Alors je regarde mes fils et je me force à sourire. Feindre jusqu’à la réalité…

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Vous aimez lire audrux ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0